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31 janvier 2017

Les CPE demandent l’abolition de la «taxe famille»

©TC Media - Marie-Hélène Paquin

Vingt ans après la mise sur pied de la Politique familiale par le gouvernement du Québec, l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) demande au gouvernement actuel de remettre la petite enfance au cœur de ses priorités. Elle a formulé ses demandes et espère se faire entendre d’ici la rédaction du prochain budget du gouvernement Couillard.

Le Premier ministre l’a reconnu, l’éducation passe par la petite enfance, où 85 % du cerveau de l’enfant se développe. Maintenant, l’AQCPE lui demande de la remettre au centre de ses priorités. Elle souhaite donc l’abolition de la «taxe famille», cette indexation des coûts en CPE en fonction du revenu parental.

«La modulation des tarifs jusqu’à 20 $, pour nous, c’est une iniquité qui cause un tort considérable aux familles, a affirmé Louis Sénécal, président-directeur général de l’AQCPE. On doit penser aux enfants indépendamment de la situation économique de leurs parents. Un enfant qui nait doit avoir l’égalité des chances, que ses parents soient riches, dans la classe moyenne ou de milieu défavorisé. En CPE, on offre le développement optimal, que l’enfant viennent d’une famille riche ou moins riche.»

Des impacts

De plus, le fait d’avoir rendu les CPE moins accessibles à certaines familles a eu de lourdes conséquences, selon l’AQCPE.

Un enfant qui nait doit avoir l’égalité des chances, que ses parents soient riches, dans la classe moyenne ou de milieu défavorisé -Louis Sénécal

«Ça a favorisé la croissance absolument effrénée des garderies non subventionnées qui, selon des études qui ont été menées par le gouvernement lui-même en 2014, sont des places qui génèrent de la qualité à seulement 10 %. Pour les CPE, pour vous donner une comparaison, ce sont 45 % des places qui sont de qualité», a souligné M. Sénécal.

Comme les parents ont tendance à envoyer leurs enfants dans ces «garderies à 35 $», qui reviennent moins cher au final si l’on tient compte des déductions d’impôts, les CPE et les responsables de service de garde en milieu familial, qui sont plus contrôlés, peinent à remplir leurs groupes.

«C’est un problème majeur, a fait valoir le PDG. Le tiers des responsables en milieu de garde familial vont probablement choisir une autre carrière parce qu’ils n’arrivent tout simplement plus. C’est déplorable. On a fondé le réseau il y a 20 ans sur le milieu familial dès le départ. Là, on est en train de faire des choix qui font en sorte que la qualité s’effrite tranquillement.»

©© TC Media - Marie-Hélène Paquin

Louis Sénécal

Même le taux de natalité est affecté, aux dires de l’AQCPE. «Certains parents nous confient faire moins d’enfants parce que ça coûte trop cher, a avancé M. Sénécal. D’autres renoncent à avoir tous les deux une carrière pour rester à la maison avec les enfants.» Selon l’association, il en coûterait 2600 $ pour un enfant et 50 % de plus pour le deuxième enfant au terme de l’année fiscale.

Réinvestissements

L’association demande également que le ministère de la Famille réinvestisse dans la qualité des services en CPE. «Le gouvernement a déjà réinvesti dans ce qu’il avait aboli ces dernières années, a admis M. Sénécal. On lui demande simplement de rester dans cette direction-là et de réinvestir ce montant-là l’année prochaine.»

Pour l’AQCPE, dans un monde idéal, cette somme de 74 M $ deviendrait un investissement récurrent.

Une visée éducative

Plusieurs parents oublient que les CPE sont des environnements qui vont au-delà d’un service de gardiennage en axant sur l’éducation dès le plus jeune âge. Sans rien enlever aux garderies, subventionnées ou pas, l’AQCPE considère qu’il existe plusieurs avantages à envoyer son enfant en CPE.

«Les CPE sont gages de qualité, toutes les études le démontrent, a déclaré Marilyn Aubin, directrice générale du CPE La Ribambelle de Rouyn-Noranda. Pour les parents, c’est une assurance. Notre mission, à la base, est de s’assurer du bon développement des enfants, donc d’être proactifs au niveau des problèmes que les enfants pourraient vivre.»

Détentrices d’une Technique d’éducation à l’enfance de niveau collégial, les éducatrices en CPE sont formées pour déceler des troubles de langage, de socialisation ou autres. Plus on décèle ces problèmes tôt, plus l’enfant est outillé avant d’entrer à l’école. «La préparation à l’école est dans notre mission de base», a assuré Mme Aubin.

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