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21 novembre 2017

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Les savoirs traditionnels, un plus pour la foresterie

©TC Media - Patrick Rodrigue

Ce n’est pas parce qu’ils sont enracinés dans des coutumes et qu’ils puisent dans un passé souvent lointain que les savoirs écologiques traditionnels (SET) des Autochtones sont périmés. Au contraire, leur intégration pourrait améliorer l’aménagement forestier actuel.

Directeur de l’École d’études autochtones et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en foresterie autochtone de l’UQAT, Hugo Asselin a prononcé une conférence en ce sens à des étudiants et des professeurs du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et de l’UQAT, le 21 novembre.

«Les SET sont un ensemble de connaissances, de pratiques et de croyances sur les relations entre les êtres vivants et leur environnement, a-t-il expliqué. Ils sont enracinés dans des coutumes, mais ils s’adaptent et se transforment avec le temps et avec l’adoption de nouvelles technologies. Enfin, ils ne sont pas en compétition avec les savoirs scientifiques, mais plutôt complémentaires.»

Plusieurs bénéfices

Cette complémentarité, si elle est utilisée intelligemment, peut grandement contribuer à améliorer l’aménagement forestier. Par exemple, comme les Autochtones habitent le territoire en permanence, ils peuvent fournir des informations biologiques et écologiques avec un niveau de détail difficilement atteignable par des études scientifiques.

«Par exemple, on avait remarqué qu’une plantation de pins blancs poussait mal. Les Autochtones du secteur soutenaient que le pin blanc et le sapin baumier sont toujours en chicane. On a alors évalué plein de variables et la seule valable, c’était que la présence de sapins matures dans la plantation nuisait à la croissance des jeunes pins blancs», a relaté M. Asselin.

Les SET peuvent aussi améliorer la gestion des ressources et la restauration écologique après, par exemple, une opération minière. «La connaissance qu’ont les Autochtones du territoire fournit un cadre de référence historique, a indiqué Hugo Asselin. Et comme ils habitent ce territoire en permanence, été comme hiver, ils sont capables de faire le suivi des travaux en temps réel.»

Zonage forestier

Encore faut-il qu’il y ait une volonté d’intégrer ce savoir traditionnel. Et pour l’intégrer, les Autochtones doivent être considérés comme une composante à part entière du territoire. «En fait, tout revient au territoire, a fait valoir M. Asselin. Contrairement à ce que certains croient, les revendications des Autochtones ne visent pas à chasser les Blancs, mais à être considérés comme des égaux.»

À cet égard, il a cité le cas où des communautés autochtones ont zoné leur territoire. Ainsi, on y retrouve des secteurs où la foresterie conventionnelle est autorisée, des zones où aucune exploitation n’est permise en raison de leur importance spirituelle ou culturelle et d’autres endroits où une foresterie mixte, qui mélange les SET et les principes scientifiques, est préconisée.

«En ce qui concerne l’Abitibi-Témiscamingue, on fait face au problème que, contrairement aux Cris ou aux Inuits, les Anishinabe n’ont pas de territoire reconnu, à part les réserves. Et certaines communautés, comme Kitcisakik, n’ont même pas le statut de réserve», a déploré Hugo Asselin.

Quatre leçons

Bien qu’il y ait encore du chemin à parcourir, M. Asselin considère que le Québec est sur la bonne voie. «L’intégration des SET peut nous enseigner quatre leçons d’éthique environnementale: avoir de l’humilité et reconnaître qu’on ne sait pas tout, faire preuve de diligence en accomplissant les gestes appropriés aux bons moments, entretenir une bonne communication et préconiser l’équilibre», a-t-il énuméré.

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