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02 mai 2018

Marie-Eve Bouchard - redactionrouyn@lexismedia.ca

L'école comme lieu de résidence artistique

Les arts à l'école Notre-Dame-de-Protection comme outil d'appartenance

©gracieuseté

Les enfants qui auront vécu l'année scolaire 2016-2017 à l'école Notre-Dame-de Protection se souviendront avec plaisir du projet Les chiens-loups, (Élève ta voix, toujours plus haut) qui a animé toute l'école.

L'école, située en plein cœur du quartier culturel de Rouyn-Noranda, a donc vibré au même rythme que son milieu avec un projet hors de l'ordinaire.
Projet qui devait durer à l'origine 10 semaines, mais qui finalement s'est étendu sur six mois. C'est donc peu dire de l'intérêt et de la motivation du personnel, des artistes et des élèves.
«À la base, nous avons décidé de participer au projet L'école accueille un artiste du programme La culture à l'école. Nous avons reçu une subvention de 25 000$ pour accueillir un artiste sous forme de résidence à l'école», explique la directrice de l'école Kathy France Rollin.
Habiter le projet
Deux d'entre eux, soit Alexandre Castonguay (théâtre) et Dominic Leclerc (cinéma), ont littéralement pris possession des lieux pour faire vivre aux enfants et aux personnels tout un cheminement artistique.
«Les deux artistes ont été très généreux de leur temps. Alexandre a habité l'école pendant ce temps. Il mangeait avec les profs, allait la bibliothèque pour lire des histoires aux élèves, il s'arrêtait dans les corridors pour donner un câlin aux enfants», se souvient Mme Rollin.
Physiquement, l'école s'est aussi métamorphosée alors que des animaux empaillés ont décoré les corridors. Des détecteurs de mouvements ont été installés dans les salles de bain déclenchant des chants de gorge dès qu'on y entrait. Des pattes de loups ont aussi tracé des chemins dans les corridors.
Le chien et le loup
«Nous sommes partis de la fable de Lafontaine, Le loup et le chien. Les enfants l'ont apprise et elle a été utilisée lors d'ateliers d'expressions par Alexandre Castonguay», précise Mme Rollin.
D'autres ateliers de posture, de voix et de lecture ont été donnés. Les élèves ont reçu la visite d'un trappeur, d'un juge et même d'un dresseur de chiens à qui ils ont pu poser des questions.
La signification de la fable a également été analysée par les élèves. «Le sens de la fable tourne autour de la liberté. On a donc pu élaborer le concept de la liberté pour les élèves en l'adaptant bien sûr à chaque niveau», mentionne Marie-Claude Noël, l'une des enseignantes responsables du projet. Les réponses furent éloquentes et surprenantes dans certains cas pour l'âge des élèves assurent les deux femmes.
Exposition et cinéma
Le projet a été présenté aux parents lors d'une exposition déambulatoire dans l'école où les enfants ont réalisé des performances. «Certains récitaient la fable à des animaux empaillés, il y avait des expositions, toute l'école et les parents ont pu comprendre le projet», explique Mme Noël.
L'aboutissement du projet sera la projection du court-métrage Les chiens-loups réalisé par Dominic Leclerc qui mettra en relief les apprentissages réalisés par les élèves en ce qui a trait à leur vison du monde qui les entoure, à la sensibilité, à la subjectivité et à la créativité. Les enfants auront grandement participé à ce film, notamment par la manipulation de trois caméras. «Ils ont tourné des scènes dans la cour de récréation sans adulte», précise Mme Noël. Ce qui, assure-t-elle, a donné de belles réflexions sur le concept de la liberté.
Si l'école a été portée par la démarche derrière l'artiste, Alexandre Castonguay et Dominic Leclerc ont été confrontés à la structure qu'impose le milieu scolaire. «Les cloches qui rythment la journée, l'horaire précis, ce n'est pas quelque chose qui fait partie du quotidien d'un artiste», affirme Mme Noël.
Démystifier les préjugés
L'intention d'un tel projet dans un premier temps était de faire rayonner l'école, mais surtout de démystifier les préjugés. «Nous sommes une école considérée comme défavorisée. Nous sommes à 8 sur une échelle de 10 dans les degrés de défavorisation. Les élèves sont donc constamment confrontés à des réalités différentes. Nous avions l'habitude d'être discrets», soutient la directrice de l'école.
«Certains sont demeurés avec l'idée de l'école 'tough' dans un quartier difficile, mais on ne voit plus de bagarre après l'école. On a voulu montrer que les temps ont changé», poursuit Mme Rollin.
Il suffit d'y croire
L'expérience est allée au-delà d'un simple sentiment de fierté. Elle a changé profondément les élèves comme les enseignants et le personnel de soutien.
«Chaque élève a trouvé sa place dans le projet. Je suis aussi contente de l'ouverture de toute l'équipe. Tout le monde a participé les enseignants, comme les responsables du service de garde, sans retenue», affirme Mme Rollin.
Pour sa part, Marie-Claude Noël a réalisé que parfois des choses toutes simples peuvent apporter beaucoup. «Il suffit d'y croire. Je suis fière aussi que le projet se soit surtout déroulé du côté du 'senti'. On a passé du temps de qualité avec nos élèves dans un projet rassembleur de la maternelle à la 6e année.»
Si bien que la culture et les arts occupent dorénavant une très grande place à l'école Notre-Dame-de-Protection. «L'année dernière a été une grosse année, admet la directrice. Là, nous explorons la musique cette année.» Et le thème artistique pour 2019 est déjà choisi, mais la directrice préfère garder le secret pour l'instant!

©gracieuseté

Alexandre Castonguay en pleine lecture avec un élève

Récipiendaire d'un prix à l'échelle provinciale

Le projet de grande envergure s'est distingué au niveau provincial, soit lors des Prix Essor qui récompensent les initiatives culturelles dans le milieu scolaire. Les chiens-loups se sont distingués parmi une vingtaine de projets et ont reçu une bourse de 2500$. Montant qui sera réinvesti dans un projet culturel de l'école. «Nous avons eu d'excellents commentaires. Même qu'à la remise, ils ont de la difficulté à bien expliquer le projet tellement il était grandiose nous ont-ils dit. Ils ne trouvaient pas les mots», mentionne Kathy France Rollin.
 

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