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25 Janvier 2018

Lucie Charest - lcharest@lexismedia.ca

Ville-Marie toujours sans anesthésiste pour 23 semaines

Impacts et craintes liés aux découvertures de services

Ville-Marie toujours sans anesthésiste pour 23 semaines

©La Frontière - Lucie Charest

D’après un document interne du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT), mis à jour le 9 janvier, 23 semaines de garde, dont 9 semaines consécutives du 15 juin au 17 août, resteraient à combler en anesthésie pour les 10 prochains mois à l’hôpital de Ville-Marie. Plusieurs commencent à mesurer les impacts de ces diminutions de services.

Le constat, c’est qu’on a un centre de santé sur lequel on ne peut plus se fier et un réseau internet qui est non performant. Nous avons un bien piètre service à la population. -Claire Bolduc

En constante évolution
À la direction du CISSSAT, on ne tire pas la sonnette d’alarme pour autant, car la situation des découvertures est en évolution constante.
«Comme nous l'avons déjà expliqué, nous mettons à jour l'information de semaine en semaine, car celle-ci est évolutive puisque nous travaillons chaque jour pour trouver des médecins qui viendront couvrir des quarts de garde», a rappelé Renée Labonne, chef d'équipe en communication au CISSSAT.

©depositphotos.com/chanawit

Jusqu’à maintenant, 23 semaines des 10 prochains mois ne sont pas couvertes en anesthésie à Ville-Marie.

Un outil pas accessible à tous
L’outil web récemment lancé par le CISSSAT dans lequel les découvertures médicales dans tous les établissements de la région sont mises à jour sur une base régulière a été accueilli avec un grain de sel par plusieurs intervenants du Témiscamingue. Sa mise en ligne implique en effet que le CISSSAT n’émettra plus de communiqué pour prévenir les populations concernées par les découvertures.

Incongruité éloquente
Cette lecture de la situation trouve un écho similaire chez la préfète, Claire Bolduc. Pour elle, l’incongruité de la situation est d’autant plus éloquente que la MRC se bat déjà depuis plusieurs années pour obtenir une couverture internet et cellulaire à l’échelle du territoire. Un peu comme l’insulte qui s’ajoute à l’injure, voilà que les citoyens non desservis par les technologies seront également privés de l’information liée aux services de santé auxquels ils devraient avoir droit, car celle-ci sera principalement accessible par les technologies.
«Parmi les personnes qui en auront le plus besoin, ce ne sont pas forcément les plus habiles avec les technologies ou celles qui y ont accès, a-t-elle fait remarquer. Le constat, c’est qu’on a un centre de santé sur lequel on ne peut plus se fier et un réseau internet qui est non performant. Nous avons un bien piètre service à la population.»

©La Frontière - Lucie Charest

Nous avons de bien piètres services selon Claire Bolduc.

Un moyen d’information parmi d’autres
Du côté du CISSSAT, le fait que bien des usagers ne soient pas branchés aux technologies ne semble pas poser problème.
«Concernant les moyens de communication des découvertures, le site web représente l'un des moyens d'information, a précisé Renée Labonne. Des affichages sont aussi réalisés dans les sites concernés par une découverture. Certaines clientèles, par exemple, les femmes enceintes de 36 semaines et plus, sont jointes individuellement. Il faut aussi se rappeler qu'en cas de découverture, les citoyens doivent tout de même se présenter à leur hôpital où ils sont pris en charge.»

Mesurer la réduction de services et ses impacts
D’ici le mois de mars, la FIQ-SISSAT devrait avoir complété un bilan du nombre de transferts liés à des découvertures en chirurgie et en anesthésie et de ce que ces transferts impliquent. Dans la même veine, une plateforme où des citoyens pourront faire part des réductions de services qui les ont touchés ou dont ils ont été témoins sera mise sur pied par le comité citoyen formé l’automne dernier.
«C’est une de nos premières actions, a signalé le Dr Paul-Émile Barbeau. Cette plateforme sera publique et les gens pourront y exposer leurs constats sans qu’on puisse les identifier.»

Lire aussi : Un nouvel outil pour informer la population sur les ruptures de services et les découvertures en santé
 

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