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09 Janvier 2018

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Le désir comme moyen d’atteindre l’éternité

D’une génération à l’autre, Karine Hébert et Louis Brien se sont découvert plusieurs affinités

©Centre d'exposition de Val-d'Or

Sur fond noir, une femme immobile à la peau recouverte de poudre d’or rend hommage au sculpteur Auguste Rodin. À côté d’elle, des corps nus de tous âges tracés à l’encre, au plomb et même au café semblent lui faire écho dans un dialogue sur le désir et sa pérennité.

Ce dialogue, c’est à Karine Hébert et Louis Brien qu’on le doit. Jusqu’au 28 janvier au Centre d’exposition de Val-d’Or, les deux artistes rouynorandiens proposent une réflexion à la fois commune et différente sur les facettes du désir et son maintien dans le temps malgré les corps qui vieillissent. Y figurent des clichés sensuels de Karine Hébert affichant des poses plastiques lors d’une performance, des poèmes et des dessins de Louis Brien présentant mille et un corps de tous âges. Chaque œuvre est positionnée de manière à répondre à l’autre et à relancer un échange sans fin.

Un dialogue riche de contrastes

Cet étonnant contraste entre le professeur et l’ancienne élève, la femme et l’homme, la jeunesse et la vieillesse, l’art traditionnel et son pendant plus expérimental est né lorsque Karine Hébert a découvert les œuvres érotiques de Louis Brien.

«Que ce soit ses dessins, ses gravures ou ses collages, il y a dans les œuvres de Louis quelque chose de puissant, une volonté de magnifier les corps, peu importe leur âge ou leur sexe, et le jugement qu’on leur porte. Comme je travaille moi-même avec le corps, mais de manière très différente, j’ai eu envie de répondre à ces œuvres», a expliqué Karine Hébert.

©La Frontière - Patrick Rodrigue

Il s’agit d’une première collaboration entre Karine Hébert et Louis Brien. Le professeur et l’ancienne élève souhaitent cependant que ce ne soit pas la seule.

«Lorsque Karine m’a approché pour mettre en valeur mes œuvres érotiques méconnues, ça m’a incité à me renouveler. Depuis deux ou trois ans, j’étais dans une certaine léthargie. J’ai donc eu envie de créer de nouvelles œuvres tout en rafraîchissant mes techniques, notamment en découpant des gravures pour façonner des collages et en exprimant le désir d’un homme de 76 ans. J’ai donc renouvelé mes techniques, mais aussi ma tête», a renchéri Louis Brien.

Appelée à évoluer

Même s’il s’agit d’une collaboration, chacun des deux artistes a travaillé de son côté. «Ça nous a permis de rester authentiques, de voir la perspective de l’autre et de constater comment nos œuvres se complémentent», a fait valoir Karine Hébert.

Le tandem espère d’ailleurs que cette exposition ne demeurera pas une expérience unique. «Idéalement, on aimerait la rendre itinérante. On n’a pas fini de la vivre. Elle doit aller plus loin. Et si ça se concrétise, je vais continuer à y incorporer de nouvelles œuvres. Ce sera quelque chose appelé à évoluer avec le temps», a indiqué Louis Brien.

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