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04 décembre 2018

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

«Nous n’avons pas encore lancé la serviette»

Le Camp Spirit Lake doit se départir de sa propriété

Camp Spirit Lake église

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

L’ancienne église de La Ferme et son terrain sont à vendre à Trécesson.

HISTOIRE. Incapable de faire face à ses obligations financières, la Corporation du Camp Spirit Lake à Trécesson a mis sa propriété, soit l’ancienne église de La Ferme et son terrain, en vente. Mais elle n’a pas encore dit son dernier mot.

La Corporation est accablée par les dettes, qui s’élèvent à plus de 230 000 $. La propriété a été mise en vente il y a environ une semaine via Royal LePage au prix de 65 000 $. La nouvelle s’est ébruitée sur Facebook au cours des derniers jours.

«L’idée de vendre la propriété était préconisée depuis plus d’un an par des gens au fait de notre situation financière. S’il avait été possible de traverser la crise tout en maintenant l’exposition dans l’église, ça nous apparaissait comme la meilleure solution. Mais le conseil d’administration a dû se résoudre à mettre la propriété en vente. Le fruit de la vente ne couvrira pas l’ensemble de nos dettes. Nous allons d’abord rembourser nos dettes hypothécaires», a expliqué le président par intérim Julien Rivard.

Exposition démontée

Ce dernier précise que la Corporation a cogné à toutes les portes au cours des derniers mois afin de trouver le financement nécessaire pour poursuivre les opérations du centre d’interprétation, mais en vain. Sans de nouveaux appuis, il ne pouvait conserver l’exposition à cet endroit.

«Il va y avoir des suites. On espère réaliser la vente de l’immeuble à court terme et annoncer des développements en janvier» - Julien Rivard

«En plus des dettes, il fallait aussi réinvestir dans l’entretien de l’édifice, ce dont nous étions incapables. L’exposition a été démontée en bonne partie et est entreposée dans l’ancienne école d’agriculture en face, qui appartient au Domaine Saint-Viateur», indique M. Rivard, qui n’écarte pas la possibilité que l’organisme se place éventuellement sous la protection des tribunaux.

Pas abandonné

En poste depuis à peine cinq mois, le président intérimaire assure qu’il n’a pas ménagé les efforts avec son conseil d’administration pour sauver le centre d’interprétation historique. D’ailleurs, cinq nouveaux administrateurs ont été recrutés, portant leur nombre à sept.

«C’est clair qu’on n’a pas encore lancé la serviette, assure Julien Rivard, qui demeure optimiste. Les administrateurs en place tiennent beaucoup à la mission du centre d’interprétation. L’exposition en fait partie. On veut que le public y ait accès. Il y en a qui travaillent à une relance pour laquelle on pense être en mesure d’obtenir les appuis nécessaires et qui entraîneraient une fréquentation plus importante. Celle-ci n’a jamais atteint les 2000 visiteurs par année.»

Besoin de soutien

Selon lui, il faudra nécessairement l’implication et le soutien financier d’organismes publics et privés. «Les revenus autonomes d’un organisme comme Spirit Lake demeurent très modestes. La Corporation avait reçu un soutien important d’un grand nombre de partenaires pour le développement de l’exposition. Mais depuis cinq ans, les appuis se sont effrités», souligne-t-il.

À cet effet, il refuse de commenter le manque de transparence de l’administration précédente évoqué par certains partenaires dans un reportage de Radio-Canada. «Mais qu’il y ait eu un certain manque de transparence au niveau des finances, c’est un argument que j’ai entendu souvent», a-t-il néanmoins admis.

 

 

Un centre d’interprétation historique

Le centre d’interprétation du Camp Spirit Lake raconte l’histoire de camp de détention et du village aménagés à La Ferme de 1915 à 1917, mais aborde aussi toute la question des 24 camps érigés au Canada durant la Première Guerre mondiale.

 

Un cimetière à restaurer

Parmi les éléments potentiels reliés à la relance du centre d’interprétation du Camp Spirit Lake, on retrouve le vieux cimetière des Ukrainiens. «Au Canada, on retrouve 21 cimetières liés à des camps de détention de la 1re Guerre mondiale. Du nombre, 20 ont été restaurés et sont accessibles au public. Le seul qui manque, c’est celui de Spirit Lake. Les administrateurs et les associations ukrainiennes canadiennes souhaitent s’entendre avec le propriétaire des lieux pour le restaurer et le rendre accessible», fait valoir Julien Rivard.

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