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30 Mai 2018

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Lindsay Ell: artiste jusqu’au bout de sa guitare

©Le Citoyen/Jean-François Vachon

L’auteur-compositeur-interprète Lindsay Ell se distingue bien plus que par sa musique. Sa guitare, reflet de sa créativité, est une extension d’elle-même.

©Le Citoyen/Jean-François Vachon

Lindsay Ell a offert un spectacle qui a plu aux spectateurs.

©Le Citoyen/Jean-François Vachon

Lindsay Ell a offert un spectacle qui a plu aux spectateurs.

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Lindsay Ell a offert un spectacle qui a plu aux spectateurs.

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Lindsay Ell a offert un spectacle qui a plu aux spectateurs.

©Le Citoyen/Jean-François Vachon

Lindsay Ell a offert un spectacle qui a plu aux spectateurs.

©Le Citoyen/Jean-François Vachon

Lindsay Ell a offert un spectacle qui a plu aux spectateurs.

«La guitare est devenue une partie de mon corps, une partie de qui je suis, de comment j’approche la musique et de comment je suis en mesure de m’exprimer comme artiste», confie-t-elle.

Je joue de la guitare depuis que je suis toute petite. C’est une grande partie de ce que je fais, de mon écriture de chansons. C’est un honneur de faire partie d’un festival qui honore cet instrument dans mon pays -Lindsay Ell

Après avoir terminé son dernier album, la chanteuse originaire de Calgary a sorti ses pinceaux. «Je ne suis pas une peintre. Je n’ai aucune expérience. Je cherchais une façon que ma musique vive d’une autre forme que celle de la musique qui provient d’un stéréo. Peindre est quelque chose que je ne connaissais pas, mais avec lequel j’ai du plaisir. Il n’y a pas de règles. Je peux créer», explique l’artiste.

Elle s’inspire de sa musique pour déterminer les couleurs que sa guitare prendra. «Ça me prend du temps pour planifier ce que je veux faire et comment, artistiquement, la musique me fait sentir. Si la chanson est plus triste et lente, je vais peut-être utiliser du bleu et du violet. Si elle est plus joyeuse, je peux utiliser du jaune. Une guitare peut me prendre une heure à peindre», illustre Lindsey Ell qui peint directement sur ses guitares.

Pour l’artiste, être présent au Festival des guitares du monde a une signification particulière. «Je joue de la guitare depuis que je suis toute petite. C’est une grande partie de ce que je fais, de mon écriture de chansons. C’est un honneur de faire partie d’un festival qui honore cet instrument dans mon pays», affirme la guitariste.

Stairway to Heaven

La guitare s’est imposée à Lindsay Ell dans sa jeunesse. «Le piano a été mon premier instrument. J’ai commencé à jouer quand j’avais six ans, mais j’étais plus cool de jouer de la guitare à 8 ans», lance-t-elle.

«À 8 ans, je voulais jouer du Shania Twain sur ma guitare. La première chanson que mon père m’a apprise fut Stairway to Heaven de Led Zeppelin», ajoute-t-elle.

Le country s’est immiscé dans sa vie par le biais de son père. «On allait dans les camps de guitare bluegrass. Il était assis avec ses amis avec sa petite Lindsay blonde de 8 ans. Assis avec lui, on jouait des chansons bluegrass jusqu’à 3h du matin. J’ai appris comme ça. C’est comme ça que je suis tombée en amour avec la guitare. C’est aussi à ce moment que j’ai commencé à écouter Tommy Emmanuel qui est un de mes guitaristes préférés.»

La création

Si elle crée en peinturant ses guitares, la musique demeure son outil de création principale. «Habituellement, la musique vient en premier. Je joue quelques mesures et ça m’inspire un titre. Ça m’inspire ensuite un vers et un refrain. C’est un peu un effet domino.».

«La chose la plus merveilleuse de l’écriture de chanson, c’est que ce n’est jamais pareil et il n’y a aucune règle. C’est ce qui est bien avec l’art, c’est qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons», précise-t-elle.

Pour elle, l’inspiration vient par hasard. «Quand j’essaie d’écrire en me réservant un bloc, de terribles chansons sortent de ces moments parce que je force la création.»

C’est en rencontrant des gens dans les aéroports, en voyageant à travers le monde en tournée qu’elle peut trouver la musique qui bercera les oreilles des auditeurs. «Je prends mon inspiration en m’immergeant dans une autre culture. Je peux aller à l’épicerie avec mes écouteurs sur la tête. Après une dizaine de minutes, une idée va arriver et je vais l’inscrire dans mon téléphone. Après, je m’assois avec ma guitare et je passe au travers de ces idées pour les affiner.»

Intime

Le spectacle à Rouyn-Noranda était un des rares de l’artiste canadienne au Québec. «C’est incroyable d’avoir l’occasion de se promener dans une petite ville québécoise. J’adore venir au Québec. J’ai seulement joué une fois dans la province, mais je suis heureuse de revenir. J’ai été au Festival de Jazz à Montréal à plusieurs fois», mentionne Lindsey Ell.

Le spectacle à Rouyn-Noranda se différenciera des gros évènements où elle a l’habitude de jouer. «J’aime jouer différentes sortes de spectacles. J’aime pouvoir jouer pour 30 personnes dans une petite salle ou pour 30 000 personnes dans un grand espace. À leur façon, les petits spectacles plus intimes sont plus spéciaux parce que tu peux aller à certains endroits différents musicalement parlant ou jouer des chansons que tu n’as pas l’occasion de jouer souvent. Ça permet aussi de jouer un peu plus de solos de guitare, ce que j’aime particulièrement», mentionne-t-elle.

Un moment marquant

La chanteuse se souviendra longtemps d’un des spectacles qu’elle a donné en première partie de Buddy Guy quand elle était âgée de 18 ans. «Après notre deuxième spectacle, il était venu pour nous saluer, mais j’étais à la table des marchandises à signer des autographes. J’étais jalouse de l’avoir raté», confie-t-elle.

Plus tard dans la soirée, alors qu’elle écoutait le spectacle du musicien, il l’a invité à venir le rejoindre sur scène. «Ma guitare était déjà serrée. J’ai appelé mon géant pour qu’il m’amène ma guitare. Quand je suis arrivée, il m’a dit qu’on était en G. On a joué de la guitare pendant 25 minutes. À ce moment, je suis devenue une meilleure guitariste.»

«Quand je suis sortie de la scène et que j’ai rencontré Buddy, il m’a dit que je lui avais rappelé Bonny Raitt. Je n’oublierai jamais ce moment. C’est une légende de la guitare, un pionnier du blues qui me complimente de cette façon.»

Numéro 1

La chanteuse country est aussi devenu cette année la première femme à atteindre le sommet des palmarès country canadiens depuis une dizaine d’années. «Je me suis souviens du moment où j’ai appris la nouvelle. J’étais à Phoenix où on jouait dans un festival. J’avais perdu la voie au début d’un spectacle de 60 minutes. Dieu merci, je savais jouer de la guitare. Quand j’ai quitté la scène, j’avais l’impression d’avoir laissé tomber mes fans. J’étais épuisée. Assise dans l’avion, j’ai reçu le texto de mon gérant qui m’annonçait cette nouvelle», rappelle-t-elle.

«Je n’avais aucune voix, j’étais épuisé, j’avais tellement d’émotions. J’ai pleuré, assise là. J’étais tellement heureuse, épuisée et triste en même temps. C’est drôle comment la vie peut combiner ce genre de moment. C’est la beauté du chaos qu’on vit.»

Il faut dire qu’elle a grandi en écoutant de grandes chanteuses country canadiennes. «Quand j’étais une petite fille et que j’écoutais Shania Twain, Terri Clark, Faith Hill. C’était des modèles pour moi.»

Quand John Mayer inspire un album

Lindsay Ell a lancé tout récemment un nouvel album The Continuum Album qui reprend entièrement l’album Continuum de John Mayer à sa manière. «Je vivais à Nashville depuis 8 ans et j’essayais de trouver qui je suis comme artiste. Je ne savais pas comment mon album devait sonner ni quoi faire. Mon producteur Kristian Bush m’a demandé mon album préféré. J’ai répondu Continuum de John Mayer, un album que j’ai écouté du début à la fin. Il m’a demandé d’enregistrer l’album. Je devais jouer tous les instruments, par moi-même et en deux semaines. Je pensais que ce serait facile, mais ce fut difficile. Il y avait tellement de petites pièces qui vont là quand tu dissèques quelque chose que tu aimes autant et en le récréant avec ta propre voix», explique l’artiste.

«La minute où j’ai rendu cet album à Kristian, je savais ce que je voulais comme album. Je savais quelles chansons marchaient avec cette direction et lesquelles ne marchaient pas. C’est comme si tout était tombé en place», ajoute-t-elle.

Adolescente, elle a découvert le blues, le jazz et le rock. C’est ce qu’il l’a menée à John Mayer. «J’adorais le blues comme adolescente. C’est pourquoi je suis tombée en amour avec John Mayer. Il a trouvé une façon de prendre la musique blues et de l’incorporer dans la musique pop. Je suis devenue sa plus grande admiratrice. Lui et Keith Urban sont en mesure de fusionner des genres comme le blues et jazz dans le pop contemporain ou le country.»

C’est à la demande de fans que Lindsay Ell a décidé de relâcher ce qu’elle appelle un devoir. «Ce n’était rien de plus qu’un exercice. Ce n’est pas parfait, c’est quelque chose que j’ai fait dans mon studio, il y a des égratignures et des cicatrices. La version de John reste parfaite. Mais on se disait que ça ne servait à rien de garder ça pour nous.»

Deux chansons de l’album de Mayer l’ont marqué. «Ma chanson préférée est Slow Dancing in a Burning Room. C’est une chanson parfaite en ce qui a trait à l’écriture, au solo de guitare qu’on y retrouve. Ce fut une des plus difficiles à enregistrer parce que je voulais qu’elle soit aussi parfaite. Ma préférée que j’ai enregistrée est I Don’t Trust Myself. J’ai réussi à aller où je voulais aller en termes de sons et de ce que cette chanson m’inspire», révèle Lindsey Ell.

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