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27 juin 2018

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Un texto au volant cause un accident

Guillaume Crépeault coupable de négligence criminelle ayant causé des lésions

Guillaume Crepeault

©tirée de Facebook - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Guillaume Crépeault, 30 ans, a été reconnu coupable de négligence criminelle ayant causé des lésions. Il a texté alors qu’il était au volant.

Guillaume Crépeault, 30 ans, a été reconnu coupable de négligence criminelle ayant causé des lésions. Il a texté au volant, ce qui a conduit à un grave accident en juillet 2015.

Le 28 juillet 2015, à la hauteur des Armoires Rondeau, trois motos se suivent par une belle journée. Un véhicule, conduit par Crépeault, circule à contre-sens. En tentant de revenir dans sa voie, il dégage et heurte de plein fouet la moto conduite par la victime. La conductrice de la moto a subi de multiples fractures à une jambe. Les complications ont forcé son amputation en décembre.

L’inspection du véhicule a démontré que le véhicule était en bon état, quoiqu’il y avait un léger flou dans la direction, mais qui n’était pas de nature à entraîner une perte de contrôle.

Les policiers ont obtenu un mandat pour vérifier le contenu de son cellulaire entre 18h30 et 19h30. Deux textos écrits à 19h04 et à 19h14 avaient été effacés par l’utilisateur. La sœur de l’accusé a notamment indiqué au tribunal qu’elle avait reçu un message texte de son frère à 19h14 et auquel elle avait répondu ok. Cette réponse se trouvait dans le cellulaire.

Le reconstitutionniste chargé de l’enquête a indiqué dans son rapport que la chaussée était en bon état. La courbe où l’accident est survenu n’était pas très accentuée et, selon l’expert, il était possible de la prendre à haute vitesse. Selon ses analyses, la Madza de Crépeault roulait à une vitesse de 120 km/h. La tentative de l’accusé de revenir dans sa voie a causé le dérapage qui a mené à la collision à une vitesse de 106 km/h.

Guillaume Crepeault

©Archives - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

L’accident est survenu en juillet 2015. La conductrice de la moto a été amputée d’une jambe à la suite de complications survenues après les évènements.

Plusieurs versions contradictoires

Interrogé par les policiers, Guillaume Crépeault est amené sur le sujet du téléphone au volant. Il admet parfois effectuer des appels, mais indique qu’il ne texte pas en conduisant. Il nie énergiquement avoir envoyé un texto. Plus tard dans l’interrogatoire, il admet avoir écrit un texto, mais avant d’arriver dans la courbe.

Devant le Tribunal, l’accusé explique qu’il s’est arrêté pour envoyer son texto avant de reprendre la route. Il admet qu’une inattention de sa part, soit le fait qu’il se retourne pour regarder sa fille, qui est silencieuse, a causé l’accident.

Le juge Jean-Pierre Gervais n’a pas cru la version de Crépault. «Selon les informations colligées par le 911, l’appel est entré à 19h14. Il est peu plausible que l’accusé se soit arrêté, ait redémarré, puis atteint sa vitesse de croisière. Il peut y avoir une marge d’erreur, mais c’est peu probable», a-t-il indiqué.

«Texter au volant est un acte de témérité. M.Crépeault en est pleinement conscient. Il s’agit d’un écart de comportement majeur et marqué qui défie les règles de sécurité. Compte tenu des circonstances, la preuve a été faite qu’il y a eu négligence criminelle» - le juge Jean-Pierre Gervais

Deux autres facteurs jettent un ombrage au témoignage de l’accusé. «Pourquoi il a senti le besoin d’effacer ces messages textes s’il était innocent? L’impression qui s’en dégage est qu’il a voulu éliminer des éléments incriminants», a exposé le juge.

Ce dernier a aussi souligné que, lors du visionnement de l’interrogation, l’accusé comprenait ce qui se passait. Il n’avait pas l’air d’un homme désorienté.

Négligence criminelle plutôt que conduite dangereuse

Le juge Jean-Pierre Gervais a pris la décision de condamner l’accusé à une accusation de négligence criminelle ayant causé des lésions plutôt que de conduite dangereuse.

«La conduite exige un niveau de concentration élevé. Les sources de distractions sont nombreuses dans les véhicules aujourd’hui. Aussi brève soit l’action de texter, elle transforme le véhicule en objet dangereux qui se déplace sur quelques centaines de mètres», a-t-il souligné.

Selon le Tribunal, la vitesse n’était pas excessive lors de l’accident et n’est pas nécessairement un facteur.

«Texter au volant est un acte de témérité. M. Crépeault en est pleinement conscient. Il s’agit d’un écart de comportement majeur et marqué qui défie les règles de sécurité. Compte tenu des circonstances, la preuve a été faite qu’il y a eu négligence criminelle», a indiqué le juge Jean-Pierre Gervais.

Rapport présentenciel

À la suite du verdict, l’avocat de la défense, Me André Levasseur, a demandé la confection d’un rapport présentenciel, une demande acceptée par la procureure de la Couronne, Me Émilie Larose.

«Vous avez intérêt à collaborer et à être transparent et honnête avec la personne qui va préparer ce rapport. C’est dans votre intérêt», a lancé le juge Jean-Pierre Gervais à l’accusé.

Guillaume Crépeault est passible d’une peine d’emprisonnement maximale de dix ans de prison.

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