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10 Juillet 2018

Andréi Audet - aaudet@lexismedia.ca

Le désenchantement du projet Senator

Sobeys confirme qu’aucune annonce n’est à venir

©Andréi Audet - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Vendu comme un développement commercial de grande envergure, le projet Senator est toujours au neutre.

Presque dix ans se sont écoulés depuis l’annonce d’un projet sur le chemin Senator qui devait venir combler le manque de commerces de grande surface sur le territoire de Rouyn-Noranda. Sobeys a affirmé au Journal que, malgré l’intérêt de certaines bannières de s’établir sur ses terrains, aucune annonce ne sera faite prochainement. 

Après avoir gagné une longue bataille judiciaire contre Metro en 2013, le géant de l’alimentation Sobeys, assurant qu’il serait plus en mesure de mener à bien un projet de développement commercial sur le chemin Senator, a pu aller de l’avant. 

Seulement, voilà que près de quatre ans plus tard, seuls deux commerces à grande surface, soit le IGA Extra Famille Julien et la quincaillerie RONA se sont construits. Et il ne s’agit ici que de déménagements de commerces déjà implantés de longue date à Rouyn-Noranda et non de nouveaux établissements. Les plans montrent cependant la possibilité d’un ajout de huit commerces. 

«Il y a évidemment des bannières qui désiraient s’installer, mais il n’y a rien de concrétisé pour l’instant. Ça n’a pas fonctionné», admet Anne-Hélène Lavoie, conseillère principale aux communications de Sobeys Québec. 

Plan Senator

©Gracieuseté NADG - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Sur les plans du projet Senator par North American Development Group, au moins 8 commerces pourraient être ajoutés.

Cerner le problème 

Contrairement à une idée reçue, le prix élevé des terrains, qui s’explique notamment par le potentiel de construction de grands bâtiments, ne serait pas ce qui fait en sorte qu’aucune autre bannière n’ait signée d’entente avec le promoteur du projet. «Tant au niveau du prix exigé pour le loyer que le terrain, il n’y a rien d’excessif», assure Mme Lavoie. 

La Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda (CCIRN) se désole de voir que la société étasunienne North American Development Group, qui gère les actifs de Sobeys sur le chemin Senator, ne soit pas parvenue à attirer d’autres commerces et désire apporter des solutions. 

«On a convenu avec la Ville de former un comité où siégeront notamment la Chambre de commerce et le CLD. Nous allons tenter de voir avec Sobeys ce qui se passe, car on fait la même lecture du dossier que la population: ça ne bouge pas», fait savoir Jean-Claude Loranger, président de la CCIRN. 

Une erreur? 

En 2012, le comité formé par le CLD de Rouyn-Noranda chargé d’analyser les soumissions d’achat du développement Senator a retenu celle de Sobeys. Le président de la CCIRN estime qu’il s’agissait d’une erreur. 

«Metro est bien implanté au Québec. Un moment donné, lorsque tu veux attirer des investisseurs, il faut que tu aies un réseau de contacts. Même s’ils craignent de s’installer dans de plus petits marchés, un développeur comme Metro aurait peut-être pu les rassurer», croit-il. 

La mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, ne veut pas revenir sur les décisions des administrations antérieures et plutôt regarder vers l’avant. «Il faut tirer un trait sur ce qui s’est fait auparavant et essayer de voir comment on peut être attractif pour de nouveaux commerçants», fait-elle observer. 

«On fait la même lecture du dossier que la population: ça ne bouge pas» - Jean-Claude Loranger

Des pénalités 

Ne voyant pas d’irrégularités dans l’octroi des terrains par la Ville de Rouyn-Noranda et le CLD à Sobeys, le juge David R. Collier a tout de même précisé, dans sa décision rendue en 2013, que l’entreprise s’était engagée à terminer le projet dans les délais convenus. 

Advenant le cas que Sobeys ne réussisse pas à respecter ses engagements, elle devra, pour une période de sept ans, payer un montant qui équivaut à la différence entre les taxes récoltées par la Ville et les taxes qu’elle aurait reçues avec un développement valant 32,5 M $, selon le jugement. 

L’entreprise d’alimentation espère qu’elle pourra procéder le plus tôt possible à de nouvelles annonces en lien avec son projet tout en garantissant qu’une équipe travaille toujours sur le dossier. 

Sobeys Large Senator

©Andréi Audet - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Si Sobeys ne réussit pas à attirer des bannières sur ses terrains, l'entreprise devra tout de même payer des taxes sur une valeur de 32,5 M$ pour une période de sept ans.

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