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11 Juillet 2018

Thierry de Noncourt - tdenoncourt@lexismedia.ca

L’Abitibi-Témiscamingue de plus en plus populaire auprès des travailleurs français

©Photo La Frontière/Le Citoyen – Thierry de Noncourt - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

De plus en plus de Français, comme Nicolas Fournel, viennent faire leur vie en Abitibi-Témiscamingue.

L’Abitibi-Témiscamingue séduit de plus en plus les Français et les autres Européens, lesquels considèrent maintenant la région comme une destination où il est possible de s’établir.

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Alors que la région est frappée par une crise de la main-d’œuvre, avec un taux de chômage sous les 4 %, en France, il se maintient au-dessus de 8 %, tandis que les publications sur le Québec et la région se multiplient. De plus, Pôle emploi, l’équivalent d’Emploi Québec en France, travaille à faciliter l’immigration de ceux qui désirent travailler au pays, comme l’explique le Courrier international dans le texte Bâtir son projet professionnel au Canada. On y mentionne que 150 000 Français habitent au Canada, dont la moitié au Québec.

«Le Québec constitue une terre de choix pour concrétiser vos projets et vous réaliser dans un environnement stimulant où la créativité et l'audace ouvrent de nombreuses possibilités», peut-on lire sur le site internet de Pôle emploi.

Les promesses du Far West québécois

Dans son édition d’été 2018, le magazine L’Express parle de la région et des opportunités qu’elle offre aux travailleurs étrangers sous le titre Les promesses du Far West québécois. L’auteur, Philippe Renault, y écrit que les expatriés apprécient la chaleur des gens et que la région est «une terre d’avenir, un cadre de vie libérateur et rassurant».

André Rouleau, directeur général du CLD de Rouyn-Noranda, a accompagné des entreprises de la région lors de deux missions d’embauche à Paris. «Nos entreprises ont rencontré plus du double de candidats escomptés. Une dizaine d’employés sont en train de faire des démarches d’engagement», a-t-il indiqué.

L’avantage de la langue française

Philippe Maschinot, bien connu dans la région pour avoir fondé la boulangerie Le St-Honoré à Rouyn-Noranda, a mis sur pied l’agence Placement main-d’œuvre Abitibi-Témiscamingue plus (PMAT+), dont la mission est de recruter de la main-d’œuvre francophone pour les entreprises québécoises. Il y fait la promotion d’une immigration choisie.

«Nos communautés francophones, avec leurs particularités, sont faites pour s’entendre. On va jouer la carte de la francophonie pour faciliter l’intégration», a-t-il expliqué.

André Rouleau croit, lui aussi, qu’il est plus simple pour un francophone de s’intégrer que pour une personne qui parle une langue étrangère et qui n’a que l’anglais comme langue seconde. Les principales ombres au tableau sont les longs délais, les tracasseries administratives et les coûts importants pour obtenir la citoyenneté canadienne.

De la salle de spectacles à la mine

Nicolas Fournel, 33 ans, était gardien dans une salle de spectacles sur la Côte d’Azur. Il travaille aujourd’hui comme opérateur de machinerie lourde à la mine Canadian Malartic. «J’ai incité mon frère à me rejoindre. En France, le climat social est plus lourd. Ici, c’est différent. J’aimerais faire profiter mon expérience et mes démarches à d’autres personnes, les informer», a-t-il confié.

Arrivé au Québec en 2015, il a suivi une formation d’agent de sécurité, puis un DEP en traitement du minerai avant de suivre une autre formation pour opérer de la machinerie lourde. «C'est avant tout le domaine minier qui m'a attiré», a-t-il mentionné. Il envisage à présent d’étudier en électronique industrielle. «Ici, on peut faire sa place. Tout est encore à faire», a-t-il lancé avec enthousiasme.

S’intégrer à 100 % grâce à la culture

Myriam Charconnet vivait à Paris quand elle a fait le saut, en 2013, pour venir étudier en multimédia à l’UQAT. En 2015, elle a suivi un stage chez Productions Balbuzard, puis elle y a été embauchée en 2016. Aujourd’hui, elle est responsable des communications pour le FME.

«C’est fascinant tout ce qu’il y a ici, l’offre culturelle, le dynamisme, la gentillesse des gens, l’ouverture d’esprit. Je m’y sens bien. Ici, si tu veux, tu peux t’intégrer à 100 %», a expliqué celle qui a un grand sentiment d’appartenance et qui s’implique dans sa communauté.

Une communauté plus ouverte que dans les grands centres

Vivant dans la région depuis une dizaine d’années, la consule honoraire de France à Rouyn-Noranda, Hélène Bacquet, qui est aussi directrice artistique et générale du Théâtre du Tandem, a constaté l’attrait grandissant qu’exerce la région. Elle a même aidé le journaliste de L’Express en lui fournissant des contacts.

Elle a constaté que la communauté française de l’Abitibi-Témiscamingue est ouverte et que les nouveaux arrivants s’intègrent facilement, contrairement à Montréal et dans les autres grands centres urbains, où les Français ont tendance à se fréquenter essentiellement entre eux.

«En Abitibi-Témiscamingue, les gens valorisent l’action. Quand quelqu’un arrive et qu’il veut faire quelque chose, cette personne est accueillie dans la communauté. On est dans une région où le développement local est important. Quand les immigrants s’impliquent, ça se passe bien», a-t-elle exposé.

National Geographic visite la région

Selon Valorisation Abitibi-Témiscamingue, des dizaines de journalistes visitent la région chaque année. Justement, le journaliste irlandais Pol O’Conghaile était de passage à Rouyn-Noranda, le 20 juin, dans le cadre d’une tournée de l’ouest du Québec pour un reportage à paraître dans National Geographic Traveler UK.

Il s’est intéressé à la nature, aux grands espaces et à la culture locale, mais il a aussi apprécié l’histoire de la région. «C’est dans la continuité des histoires britannique et française. La région est peut-être jeune, mais son histoire remonte loin dans le temps», a-t-il souligné.