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03 Juillet 2018

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Jessie Camirand-Clément: 20 mois de prison pour avoir poignardé une femme

Plus de trois ans après les événements, elle plaide coupable

©Photo tirée de Facebook - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Les faits pour lesquels Jessie Camirand-Clément a été condamnée s’étaient produits le 2 novembre 2015.

Plus de trois ans après avoir poignardé Megan Gagnon-Duhaime, Jessie Camirand-Clément a finalement avoué ses crimes. Elle a été condamnée à 20 mois de prison. Détenue de manière préventive depuis le 22 novembre 2017, il lui reste donc un peu moins d’un an à purger derrière les barreaux.

Les faits s’étaient produits le 2 novembre 2015. En soirée, l’accusée a contacté la victime en vue d’obtenir une liste de noms d’acheteurs de stupéfiants. Lorsque la victime est sortie avec son conjoint, Jessie Camirand-Clément était présente avec Kevin Senneville, voisin et ami de la victime. Ce dernier avait en sa possession un bâton de baseball.

Camirand-Clément a agrippé Megan Gagnon-Duhaime à la gorge avant de la poignarder avec une arme blanche. La victime a réussi à se réfugier à l’intérieur. Pendant ce temps, Senneville a frappé à deux reprises le conjoint de la victime avec un bâton de baseball avant que ce dernier parvienne à trouver refuge à l’intérieur du bâtiment.

Le couteau utilisé pour l’agression a été retrouvé au fond de la toilette de la cellule occupée par Senneville au poste de police. Le sang sur le couteau correspondait à celui de la victime. «La fouille policière n’a pas été efficace cette journée-là», a lancé la juge Marie-Claude Bélanger à la suite de cette révélation.

À la suite de cette histoire, la femme de 28 ans a été accusée de voies de fait graves, de voies de fait, d’avoir dissimulé un couteau, de possession simple de drogue et d’omission de comparaître. Elle a été libérée à deux reprises malgré l’objection de la Couronne. Chaque fois, elle a omis de se conformer à ses conditions malgré des cautions de 3000 $ et de 2000 $. Le 30 mai 2016, un mandat d’arrestation avait même été émis contre elle.

Son co-accusé dans cette histoire, Kevin Senneville, avait plaidé coupable le 11 août 2016. Il avait été condamné à un an de prison.

La victime s’exprime

La victime, Megan Gagnon-Duhaime, s’est exprimée devant le Tribunal. «Elle m’a enlevé un gros morceau de ma vie. Je ne pourrai jamais l’oublier. Je ne comprends pas comment quelqu’un peut faire ça à quelqu’un d’autre pour un papier que je n’avais même pas», a-t-elle mentionné.

La victime a aussi confié vivre dans la peur. «J’ai de la difficulté à dormir la nuit. Tout ce que je veux, c’est de pouvoir vivre tranquille. Je veux pouvoir lui pardonner, pas pour elle, mais pour moi, pour arrêter d’y penser, pour lâcher prise», a-t-elle indiqué.

Megan Gagnon-Duhaime a aussi de la difficulté à accorder sa confiance à autrui. «Je ne fais plus confiance à mes proches. Je suis craintive. Je barre ma porte dès que je rentre chez moi. J’ai peur qu’il arrive de quoi à mes enfants en raison de ma présence. Je veux seulement être heureuse et continuer ma vie. J’espère que c’est la même chose pour elle», a-t-elle relaté.

Des contradictions

L’avocate de la défense, Me Danielle Roy, a soulevé certains points dans sa plaidoirie sur la sentence.

«Lors de l’enquête préliminaire, il y avait des contradictions dans les témoignages. Il y avait aussi une possibilité de contester qui a donné le coup de couteau. Mme Camirand-Clément ne nie pas sa responsabilité, mais, dans un procès, il y a des motifs de croire qu’un doute raisonnable aurait pu être soulevé sur certains faits. Malgré cela, elle a plutôt choisi de couper court au processus en plaidant coupable», a-t-elle expliqué.

«Ce geste aurait pu être mortel et vous auriez été accusée d’un meurtre» - la juge Marie-Claude Bélanger

Me Roy a aussi fait observer que l’agression était survenue dans un milieu où le trafic de stupéfiant était la norme. «Les deux femmes vivaient dans un milieu où la violence est inhérente», a-t-elle souligné.

L’avocate de la défense a aussi mentionné que sa cliente était sur la voie de la réhabilitation en présentant de nombreux certificats de différents groupes d’aide. «Elle vient d’une bonne famille. Ses parents l’ont supportée malgré ses frasques. Il y a des indices de reprise en main, ce qui pourrait faire d’elle un actif pour la société», a-t-elle fait valoir.

Suggestion commune

La procureure de la Couronne, Me Mélanie Gagné, a indiqué que les parties présentaient une suggestion commune, soit une peine de 20 mois de prison. «Cette sentence considère la preuve présente lors de l’enquête préliminaire, le fait qu’un procès prendrait une semaine, la gravité des événements et les conséquences pour la victime. Ce qui est arrivé est très grave, mais ça aurait pu être pire», a-t-elle souligné.

«L’éventail de peine est très large. La peine soumise n’est pas déraisonnable. Elle s’inscrit dans le registre. Elle tient compte des évènements, des écueils de la preuve et évite une demande de type Arrêt Jordan», a ajoutée Me Roy.

La juge Marie-Claude Bélanger a entériné la suggestion commune condamnant Jessie Camirand-Clément à 20 mois de prison. En soustrayant la détention préventive, il lui reste moins d’un an à purger derrière les barreaux.

«On a affaire à deux personnes vivant dans un milieu criminalisé inhérent à ce genre de violence. Cela ne justifie pas son utilisation pour autant. C’est assez particulier de poignarder quelqu’un pour un document. Ce geste aurait pu être mortel et vous auriez été accusée d’un meurtre», a lancé la juge à l’endroit de Jessie Camirand-Clément.

«Ce que je retiens du témoignage de la victime, c’est la perte de son sentiment de sécurité. Son corps a guéri, mais elle est psychologiquement affectée», a-t-elle ajouté.

La juge Bélanger a notamment noté que Jessie Camirand-Clément avait quelques antécédents, mais qu’ils n’étaient d’aucune commune mesure. «C’est un crime avec violence parmi les plus graves du Code criminel. Avec un tel antécédent, si vous continuez dans ce genre de vie, on peut penser que vous serez condamnée à des peines qui se comptent en terme d’années», a-t-elle averti l’accusée avant de rendre son jugement.

Aussi coupable de fraude envers l’épicerie Windsor

Un an avant l’agression armée, Jessie Camirand-Clément avait aussi fraudé l’Épicerie Windsor avec son complice, Kevin Deault-Bellerose.

Entre le 11 et 13 octobre 2014, six transactions frauduleuses avaient été réalisées par le tandem dans le commerce de l’avenue Carter, dans le quartier Noranda. À l’aide d’une carte de crédit falsifiée, le duo avait pu acquérir plusieurs dizaines de cartes de crédit prépayées et de nombreux items divers, le tout pour une valeur de près de 6000 $.

Sa peine dans ce dossier est concurrente à celle dans le dossier d’agression armée. Kevin Deault-Bellerose avait, quant à lui, plaidé coupable le 14 mars 2016. Il avait été condamné à 18 mois de pénitencier.

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