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03 Août 2018

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Porno juvénile : quelle sentence infliger à Merlin Bérubé 8 ans plus tard?

©Photo - Archives

Merlin Bérubé-Pelletier fait assurément face à de la détention, après avoir été déclaré coupable de possession de pornographie juvénile.

Deux camps, deux visions complètement différentes.

S’il arrive que la Couronne et la défense s’entendent sur une suggestion commune de peine de prison à imposer, c’est loin d’être le cas concernant Merlin Bérubé-Pelletier, cet homme de 37 ans déclaré coupable, en avril dernier, sur deux chefs d’accusation de possession de pornographie juvénile en 2010, l’un à son domicile de Val-d’Or, l’autre dans un camp à Kitcisakik, où l’accusé était à l’époque conseiller en ressources humaines et impliqué dans le mouvement scout.

Lors des représentations sur sentence, le 2 août au palais de justice de Val-d’Or, la procureure de la Couronne, Me Léonie Caron, a réclamé une sentence de 15 à 18 mois d’emprisonnement assortie d’une probation de trois ans avec une thérapie, tandis que l’avocat de la défense, Me Jean Petit, a plutôt suggéré une peine de 90 jours de détention à purger de façon discontinue, avec des travaux communautaires et une thérapie.

Rappelons que selon la loi qui était en vigueur au moment de son arrestation et des infractions reprochées, il y a huit ans, Merlin Bérubé-Pelletier est passible d’un minimum de 45 jours et d’un maximum de cinq ans de prison. Le juge Jean-Pierre Gervais, de la Cour du Québec, prononcera la sentence de l’accusé le 18 septembre.

Description troublante

Après une description aussi détaillée que troublante de photos et de vidéos que possédait l’accusé, description faite par un enquêteur aux crimes technologiques de la Sûreté du Québec (la décence nous incite à vous épargner les détails, sauf pour dire que les enfants impliqués étaient âgés de 2 à 12 ans selon l’enquêteur), la procureure de la Couronne a affirmé au tribunal qu’une peine de 15 à 18 mois de prison serait raisonnable et appropriée, compte tenu des faits.

«Les facteurs de dissuasion et de dénonciation doivent primer, a mentionné Me Caron. Monsieur (Bérubé-Pelletier) n’a pas lui-même agressé d’enfants, mais ces images bien réelles montrent des enfants subissant des agressions sexuelles. Ces enfants ont souffert de ces mauvais traitements. Aussi, la possession de pornographie juvénile est punie de plus en plus sévèrement par les tribunaux», a-t-elle entre autres souligné.

Prêt pour la thérapie

Pour sa part, l’avocat de la défense a fait valoir que Merlin Bérubé-Pelletier, qui vit aujourd’hui chez sa mère à Québec, est devenu un actif pour la société à la suite de son arrestation en retournant aux études pour obtenir un bac en génie minier, tout en soutenant qu’il n’a jamais récidivé, qu’il a toujours respecté ses conditions et qu’il a davantage besoin d’un remède menant vers la réhabilitation et la réinsertion sociale que d’aller en prison.

«Faut-il tuer huit ans plus tard tout ce qu’il a accompli comme efforts de 2011 à 2018 ou faut-il plutôt le stimuler?, a demandé Me Petit au tribunal. Monsieur comprend le caractère inadmissible de ses gestes, il trouve ça épouvantable, il a toujours offert une bonne collaboration en s’ouvrant aux agents, il sait qu’il a besoin d’aide et il est prêt à aller en thérapie. De plus, il y a une nuance importante à faire entre un crime passif, comme celui qu’on reproche à mon client, et commettre des agressions», a-t-il notamment fait observer.

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