Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Politique

Retour

08 Août 2018

Lucie Charest - lcharest@lexismedia.ca

Dézonage : Consultation devant une salle pratiquement vide

Culture du cannabis médical à Fugèreville pour récupérer les taxes municipales

©Lucie Charest - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

André Pâquet, avoue ne pas s’être attendu à ce type de culture dans sa municipalité.

Seulement quatre citoyens se sont présentés à la consultation publique sur le dézonage qui autorisera la culture aquaponique du cannabis médical à Fugèreville le 7 août.

Le maire André Pâquet a d’abord fait une mise en contexte de l’atterrissage de ce projet dans sa municipalité. «Nous avions entendu parler d’un intérêt pour développer des serveurs informatiques dans ce bâtiment, ce n’est vraiment pas à de la culture de ce genre qu’on s’attendait quand les promoteurs de Toronto et l’agente immobilier sont venus nous rencontrer le 15 juillet. Mais comme la Commission scolaire nous avait avisés de son intention de démolir l’école en 2019 si elle ne trouvait pas preneur, on a été très attentifs à ce qu’ils avaient à nous dire.»

De fait, la municipalité de 326 habitants n’a pas les moyens de perdre un seul revenu de taxes selon le conseil municipal qui approuve la venue de ce projet. «Quand le bâtiment sera zoné commercial, elles seront beaucoup plus élevées que le petit 5000 $ annuel qu’on recevait comme tenant lieu pour l’école», a poursuivi M. Pâquet. «La culture du cannabis sera légale à partir du mois d’octobre, si ce n’est pas ici qu’il est cultivé, ce sera ailleurs», a renchéri la conseillère Gaétane Cloutier.

Le projet en soi

D’après les informations divulguées par le maire, l’entreprise torontoise cultivera le cannabis médical en serre. Une dizaine d’employés y travailleraient. Les récoltes seront transportées dans des containeurs et les résidus pourraient être rendus disponibles pour la 2e transformation si un autre promoteur s’y intéresse.

«Ils mettront des clôtures tout le tour du bâtiment et les fenêtres seront bloquées pour que les gens ne voient à l’intérieur, a spécifié le maire Pâquet. Aussi, il y aura des gardiens de sécurité 24 heures sur 24.»

«Comme c’est de la culture aquaponique, nous nous inquiétions un peu pour notre traitement des eaux usées, a rajouté Claudette Lachance, directrice générale de la municipalité. Mais ils nous ont rassuré, toutes l'eau qu’ils utilisent est filtrée avec leur propre système et ils la récupèrent.»

Autres étapes

Pour qu’un référendum soit tenu dans la municipalité pour l’acceptation de cette modification de zone, la demande devra avoir été signée par 12 personnes majeures résidant dans le village et être déposée à la municipalité dans les huit jours qui suivent la publication de l’avis au lendemain du conseil municipal.

Les quatre personnes présentes à la consultation ont semblé bien accueillir le projet car celui-ci créerait de l’activité dans le village. Une seule question a été soulevée sur la possibilité d’émanation d’odeurs.

Actuellement, les promoteurs ont déposé une offre d’achat conditionnelle à l’adoption du règlement de modification de zonage par la municipalité. Par la suite, lorsqu’ils seront propriétaires en règle, ils devront obtenir un permis de la municipalité pour effectuer les travaux requis pour rendre le bâtiment et le terrain conforme aux besoins de leur entreprise. «C’est à ce moment que nous connaîtrons exactement tous les détails du projet, a noté Mme Lachance. Et c’est aussi à ce moment que nous pourrons imposer nos propres conditions pour son implantation dans notre municipalité.»

Autorisé par la SQI

La transaction immobilière entre les promoteurs et la Commission scolaire Lac Témiscamingue (CSLT) a été supervisée et approuvée par la Société québécoise des Infrastructures. «Ils ont fait leur propre enquête sur les acheteurs et rien ne les empêche légalement d’acquérir l’école de Fugèreville et celle de Belleterre, a noté le directeur général de la CSLT, Éric Larivière. C’est toujours la SQI qui nous accompagne dans la construction ou dans la vente de bâtiments.»

Lire aussi : Des plants de pot remplaceront les écoliers à Fugèreville

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Réalisé par