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29 janvier 2019

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Le CISSSAT délaisse les antipsychotiques dans les CHSLD

AB-MoinsPilules

©Photo L’Éclat/Le Citoyen – Archives

Le CISSSAT a modifié sa façon d’intervenir auprès des personnes ayant un trouble neurocognitif. Les antipsychotiques ne sont désormais utilisés que lorsque cela est vraiment nécessaire

Le CISSSAT a mené un projet pilote à Macamic afin de diminuer la prise d’antipsychotiques chez les personnes atteintes de démence. Face à son succès, cette nouvelle approche va être étendue graduellement à l’ensemble des CHSLD de la région.  

Le virage proposé s’appuie sur différentes études menées à l’ensemble du Canada. L’utilisation d’interventions non pharmacologiques a permis de diminuer l’utilisation des antipsychotiques chez les personnes atteintes de démence. 

«Les interventions non pharmacologiques sont nombreuses et sont liées aux stratégies de communication de base. Cela comprend le fait d’être à la hauteur des yeux de la personne avec qui on parle, l’interpeller par son nom, lui parler tranquillement ou encore frapper à sa porte avant d’entrer», a indiqué André Tessier, adjoint à la Direction du soutien à l’autonomie des personnes âgées et chargé de projet. 

Le soutien de la famille et des proches aidants sont également les bienvenus. Ils sont invités à eux-mêmes utiliser les stratégies déployées par le personnel des CHSLD. Les proches peuvent donc aider le personnel soignant à mieux comprendre l’usager et trouver la thérapie occupationnelle qui convient le mieux. 

«Si une personne aimait les chansons et qu’elle est plus nerveuse et agitée, sachant qu’elle aime la musique, le personnel peut chanter pour changer son état d’esprit afin de lui permettre de retrouver sa quiétude. On veut trouver des solutions en lien avec son histoire de vie. Ce qu’elle était reste malgré les troubles neurocognitifs», a poursuivi M. Tessier. 

Projet pilote 

Un projet pilote a été instauré au CHSLD de Macamic entre octobre 2017 et octobre 2018. Bien que cela ait été réalisé sur une très petite échelle, les résultats obtenus dans cette unité ont reflété les résultats des études pancanadiennes. 

«Nous avons fait avec succès de la déprescription chez six des sept résidents et nous avons diminué la prise d’antipsychotiques chez le septième, a fait savoir André Tessier. Entre janvier 2019 et avril 2020, nous allons étendre ces mesures dans 50 % de nos unités en CHSLD.» 

Le plus important pour M. Tessier est l’instauration d’une nouvelle culture au sein de l’organisation. 

«Depuis 2016, nous avons formé plus de 1000 travailleurs en CHSLD et d’aides à domicile, a-t-il souligné. Il s’agit d’une formation du Centre d’excellence du vieillissement du Québec. Elle permet d’adapter notre approche face aux gens ayant des troubles neurocognitifs. On utilise les antipsychotiques seulement lorsque c’est prescrit de les utiliser.» 

Deux projets de recherche 

La décision du gouvernement du Québec de diminuer l’utilisation des antipsychotiques est liée aux résultats de deux recherches pancanadiennes qui ont été menées au cours des dernières années et dont les résultats sont prometteurs. 

«En 2014-2015, 56 établissements ont été étudiés à travers le Canada. Dans 54 % des cas, il y a eu cessation ou de réduction des antipsychotiques. En 2017-2018, la recherche visait 58 établissements au Nouveau-Brunswick. Parmi les cas étudiés, les chercheurs ont obtenu 43 % de cessation ou de réduction des antipsychotiques. Les résultats sur la déprescription étaient très probants et le gouvernement du Québec voulait aller de l’avant», a expliqué André Tessier.

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