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29 janvier 2019

Thierry de Noncourt - tdenoncourt@lexismedia.ca

Les gilets jaune-orange débarquent à l’hôtel de ville

Gilets jaune-orange au conseil de Rouyn-Noranda2

©Photo L’Éclat/Le Citoyen –Archives/Thierry de Noncourt

Les chasseurs et leur vestes jaune-orange se sont faits remarquer à l’hôtel de ville.

La tension était palpable dans la salle du conseil municipal de Rouyn-Noranda, le 29 janvier à 20h, où près de 80 personnes vêtues de dossards de chasse orange ont débarqué pour interpeller les élus à propos du Registre québécois des armes à feu.

Les chasseurs voulaient savoir pourquoi la Ville n’avait pas suivi le mouvement auquel ont adhéré une cinquantaine de municipalités, qui se sont opposées au registre ou ont réclamé un moratoire au gouvernement. 

Richard Perreault s’est présenté au micro pour questionner la mairesse, Diane Dallaire, et pour plaider la cause des chasseurs. «On voulait avoir votre avis et savoir pourquoi Rouyn-Noranda ne s’était pas opposée, n’a pas pris position?», a-t-il questionné. 

Dernière minute 

«On a reçu [à peine] une dizaine de courriels demandant si on allait prendre position. Ça fait un an que c’est là et personne ne s’est adressé à nous», a répondu la mairesse. 

M. Perreault a reconnu qu’aucun mémoire n’avait été transmis au gouvernement par les associations de chasseurs locales pour s’opposer au registre. «On est ici ce soir pour ça», a-t-il enchaîné, ce soir étant la veille de la mise en vigueur de la loi et de l’application du registre. 

La mairesse a rappelé que la Ville était l’amie des chasseurs, qu’elle avait agi dans le dossier des abris sommaires et qu’elle avait procédé à l’achat d’équipements de sauvetage en milieu isolé. «C’est un sujet qui divise. Ce n’est pas une responsabilité municipale. On n’invite pas les citoyens à la désobéissance», a indiqué Mme Dallaire. 

La séance du conseil a même été levée et les membres se sont rencontrés dans une autre salle pour éviter de débattre en public. Au retour, ils ont réaffirmé de façon unanime leur position de ne pas s’opposer au registre. Ils ont également refusé de demander un moratoire. 

Diane Dallaire s’est tout de même engagée à demander au gouvernement de mener des consultations plus larges auprès des chasseurs. 

Menace et colère 

M. Perreault a soulevé le risque que les chasseurs se rabattent sur l’Ontario pour leurs achats. Dans la province voisine, il est effectivement possible de faire l’achat d’armes à feu sans inscription au registre. «Il ne faut pas que ça attaque l’économie d’ici», a -t-il plaidé. 

Les chasseurs ont brandi la menace qu’aux prochaines élections municipales, ils allaient se souvenir de l’inaction municipale et voter contre la mairesse. Cette dernière n’a vraiment pas apprécié. «Je suis choquée. On nous fait porter ce soir le blâme. J’ai de la misère avec ça. On nous dit qu’on va nous en tenir rigueur. On vous supporte dans bien des causes. Qu’avez-vous fait la dernière année?», a questionné Mme Dallaire. 

Une question de coûts 

M. Perreault a reconnu que l’enregistrement des armes à feu était gratuit en ligne, qu’il n’entraînait donc aucune dépense supplémentaire pour les chasseurs et que cela ne nuisait pas aux activités des chasseurs d’enregistrer leurs armes. 

Il a dit surtout craindre que le Registre québécois ne soit un échec et que ses coûts explosent comme celui du fédéral, qui a été aboli par les Conservateurs.

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