Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Culture

Retour

10 février 2019

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Guy Ritchot, près de ses artistes depuis 15 ans

L’Abitibien a géré les carrières d’Alfa Rococo et Kaïn

Valérie Carpentier Guy Ritchot

©gracieuseté – Sarah Laroche

Guy Ritchot en compagnie de l’une de ses protégées, Valérie Carpentier, gagnante de La Voix en 2013.

ENTREVUE. Guy Ritchot célèbre cette année les 15 ans de sa boîte de gérance d’artistes, R-Management. Si son métier est en constante évolution, ce qui n’a pas changé, c’est sa volonté de demeurer près de ses protégés et de les aider à réussir.

Originaire d’Amos, Guy Ritchot a emprunté un long parcours sinueux avant de gérer les carrières d’Alfa Rococo, Kaïn et Valérie Carpentier. Il a d’abord décroché un baccalauréat en administration de l’UQAT en 1996, puis, musicien dans l’âme, il a étudié en guitare populaire au Cégep de Drummondville.

«J’ai rencontré des gens, des musiciens et des techniciens, puis je suis allé à Montréal où j’ai joué dans des bands. J’ai rencontré les membres des Vulgaires Machins alors que le groupe commençait à peine. On a habité ensemble. J’ai été éclairagiste pour eux», se souvient-il.

D’éducateur… à gérant

Tout en faisant de la sonorisation et de l’éclairage en tournée, il a ajouté différentes cordes à son arc, dont un cours spécialisé en gestion de carrière artistique du Collège Rosemont (1999) et des études… en éducation spécialisée au Cégep du Vieux-Montréal (2001).

«Je travaillais avec des artistes de la relève, souvent autoproduits, qui manquaient juste de structure. Je voulais leur proposer de faire équipe au lieu de juste m’occuper de leurs tournées. J’étais éducateur dans un service de garde et parallèlement, je montais ma compagnie. J’ai parti R-Management sur un coin de table en 2004, comme travailleur autonome, puis l’incorporation est venue à force de grossir», raconte-t-il.

Guy Ritchot équipe

©gracieuseté

Guy Ritchot (2e de la gauche) avec son équipe de R-Management, au Gala de l’ADISQ 2017.

Guy Ritchot Kenny Rogers

©gracieuseté

Guy Ritchot avec Kenny Rogers.

Beaucoup de responsabilités

Guy Ritchot a été le gérant d’une dizaine d’artistes, dont Alfa Rococo pendant 10 ans et Kaïn pendant 7 ans. Son écurie comporte aujourd’hui Valérie Carpentier, Rémi Chassé, Raphaël Dénommé et Fuso. Il a aussi booké plus de 40 tournées et 3000 spectacles au Québec, en Belgique et en France. Il produit aussi des tournées, des vidéoclips et, depuis quelques années, des albums.

«Je me suis calmé un peu il y a deux ou trois ans. Ça fait beaucoup de responsabilités. Techniquement, on se retrouve rapidement avec une soixantaine de personnes qui dépendent du travail qu’on fait. J’ai volontairement choisi de garder ça aussi petit, intime et près des artistes, comme si j’étais un membre du groupe. J’aime aussi que les artistes soient impliqués. On est trois personnes au bureau et j’ai trois employés contractuels pour le graphisme, les relations de presse et le pistage radio», fait-il valoir.

Sur son X

L’Amossois d’origine est fier de ce qu’il a accompli au cours des 15 dernières années et se sent privilégié. «Je suis chanceux de réussir, de faire ce métier-là et de tirer mon épingle du jeu. Ce fut un long processus. Je me suis vraiment trouvé au début de la trentaine. J’ai senti que je pouvais apporter quelque chose à la carrière d’un artiste. J’ai trouvé mon rôle, je suis sur mon X», affirme-t-il.

Et aujourd’hui plus que jamais, il réalise que ses études en administration à l’UQAT n’étaient pas vaines. «Je suis sorti de mon bac avec mon manteau de cuir, mes cheveux longs, mon t-shirt de Megadeth et en me disant, mais pourquoi j’ai fait ça? Finalement, c’est devenu l’un de mes meilleurs outils pour ma carrière. Le milieu de la culture est très subventionné et il y a beaucoup de travail administratif à faire pour justifier chaque dépense», confie-t-il.

Le cœur en Abitibi

S’il fait carrière à Montréal, l’Abitibi n’a jamais été très loin du cœur et du travail de Guy Ritchot. Il a notamment géré les tournées de la Valdorienne Chantal Archambault durant sa carrière solo. Il a aussi amené plusieurs artistes en tournée ou dans des festivals comme le FME et Osisko en lumière, dont Kenny Rogers (!) et Marianas Trench.

«Le plus difficile en Abitibi, c’est de trouver des petites salles pour faire du développement. Il n’y a pas beaucoup d’endroits pour produire de la relève. Depuis cinq ans, c’est vraiment plus difficile», déplore-t-il.

Publicité

Défiler pour continuer

Confiant

Guy Ritchot ne peut prédire l’avenir. Il reconnaît que son industrie vit de grands bouleversements, mais il demeure quand même confiant. Il aime ce qu’il voit dans l’émergence de la scène hip-hop québécoise avec les jeunes qui redécouvrent le plaisir d’assister à un spectacle.

«Je sens aussi un vent de renouveau dans ma boîte, avec des artistes comme Fuso et Raphaël Dénommé. Ils vont faire parler d’eux. Ils sont dans la jeune vingtaine. Ce sont des artistes 2.0 qui maîtrisent les réseaux sociaux. Ils apprennent de moi, et j’apprends d’eux. Ils arrivent avec de nouveaux réseaux. À 47 ans, être en contact avec les jeunes, ça rend la vie moins plate», confie-t-il en riant.

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média