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10 mars 2019

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Le défi de gérer son sommeil lorsque l’horaire de travail est atypique

AB-HoraireAtypique

©Photo gracieuseté

Même si une personne travaille régulièrement de nuit, son rythme circadien reste sensiblement le même que celui d’une personne travaillant de jour.

Composer avec des quarts de travail de nuit ou de soir ou encore devoir se lever très tôt pour travailler est la définition d’un horaire de travail atypique. Afin de mieux comprendre ce qu’exige ce mode de vie, la rédaction s’est entretenue avec Dre Diane Boivin, directrice du Centre d’étude et de traitements des rythmes circadiens de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas.

Pour définir ce qu’est un horaire de travail atypique, Dre Boivin a indiqué qu’il s’agit d’un horaire de travail où la personne doit travailler dans des heures qui sont habituellement consacrées au sommeil. En fait, le corps doit composer avec une irrégularité dans ses différentes activités, dont le sommeil et l’alimentation.

«Ça implique des perturbations de l’éveil et du sommeil, a-t-elle signifié. La personne peut vivre des restrictions du sommeil, avoir des périodes prolongées d’éveil et faire des activités d’une manière qui est non conventionnelle. Ça peut prendre toute forme de visages.»

La spécialiste a utilisé le cas d’un parent monoparental travaillant de nuit pour illustrer ses propos. «Lorsque son travail se termine, il doit aussi s’occuper de ses enfants. Quand il revient du travail, il doit les amener à la garderie, faire les repas, faire le ménage, etc.», a-t-elle souligné

«Même si une personne travaille de nuit, l’environnement autour d’elle continue de fonctionner de jour» - Dre Diane Boivin

Horloge biologique

Les horaires atypiques bouleversent le rythme circadien, communément appelé horloge biologique. «Ce rythme nous permet de fonctionner de façon harmonieuse sur 24 heures, a expliqué la Dre Boivin. Dans la très grande majorité des cas, l’horloge biologique va rester ajustée à un horaire de jour. Cela s’explique par le fait que la majorité des travailleurs de nuit vont retourner sur un rythme de jour lors de leur congé pour avoir une certaine vie sociale. Même si une personne travaille de nuit, l’environnement autour d’elle continue de fonctionner de jour. Ce n’est pas comme une personne qui prend l’avion et qui va réussir à surmonter son décalage horaire.»

En ce moment, très peu de données scientifiques sont disponibles sur l’horloge biologique des travailleurs de nuit ou en rotation sur le terrain, a fait savoir Dre Boivin.

Pas de solution miracle

La Dre Diane Boivin admet qu’il est impossible pour le moment de proposer une méthode unique pour réduire les problèmes de sommeil des personnes ayant un horaire de travail atypique. Pour diminuer les différents effets négatifs de ce style de vie, il faut que la personne adopte de très bonnes habitudes de vie dès le départ.

«Il n’y a pas de solution miracle pour tout le monde, a-t-elle spécifié. Les travailleurs doivent apprendre à gérer la situation pour optimiser leur propre adaptation. La meilleure chose est de bien gérer son sommeil», a-t-elle mentionné.

Il faut surtout briser le mythe qu’une seule longue période de sommeil est bénéfique pour tout le monde et qu’il faut adopter les habitudes de sommeil d’un travailleur de jour. «L’important est d’essayer de dormir à chaque fois qu’on le peut, a précisé Dre Boivin. Ça peut dire faire de nombreuses siestes. Il ne faut pas hésiter à faire l’addition de plusieurs périodes de sommeil.»

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