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11 mars 2019

Pleins feux sur Christel Bergeron

Christel_Bergeron

©Gracieuseté

Christel Bergeron devant une de ses œuvres.

Maman, coiffeuse, ultra-marathonienne et touche-à-tout, Tania Rancourt vous fait connaître les gens, événements et endroits qui l'inspirent et qui font rayonner l'Abitibi-Témiscamingue.

Christel Bergeron n’a pas l’habitude de faire les choses comme tout le monde. Elle a donc bâti sa forge avant même de débuter son cours en soudure. «Je cherchais des coins de table en fer mais je n’en trouvais nulle part, mentionne-t-elle. Je me suis dit que c’était si simple de les fabriquer.» C’est ce qui l’a amené à vivre à fond sa passion pour le feu, la chaleur, l’acier et la création d’œuvres aux allures fantastiques qu’elle imagine dans son atelier de Val-Paradis.

La Jamésienne a grandi dans une famille de bricoleurs et n’a pas peur de mettre la main à la pâte pour obtenir ce qu’elle veut. Bien décidée à fabriquer elle-même les fameux coins de table, elle s’affaire SEULE à bâtir sa forge en 2010, sa première expérience en construction. «Quand j’ai une idée, je dois la faire là», lance-t-elle.

Elle débute ensuite son cours de soudure au Centre de formation professionnelle Lac-Abitibi. «J’ai tout fait à l’envers, j’aime me mettre les pieds dans les plats», indique-t-elle. Elle met alors sa carrière de conductrice d’autobus en veille et se consacre à temps plein à devenir forgeronne. Féminine de la tête aux pieds, elle dit avoir donné une drôle d’impression à son arrivée dans le cours, mais qu’elle a su rapidement démontrer le sérieux de sa démarche et a réussi à faire sa place dans cet environnement typiquement masculin. Elle obtient son diplôme en 2013 et ouvre officiellement son entreprise, Les Feux du Paradis.

Prête à prendre les commandes de ses futurs clients, Christel élabore des catalogues pour aider les gens à choisir les pièces métalliques qui orneront leur demeure. L’artiste se rend à l’évidence que suivre un plan précis l’ennuie et que, malheureusement, sa vision et celle de la clientèle diffèrent trop souvent. Après maintes déceptions et beaucoup d’argent perdu, elle croit devoir mettre la clé dans la porte. «J’ai décidé de continuer et de créer pour moi, de faire ce que j’avais vraiment envie de faire», signale-t-elle.

Elle a, entre autres, fabriqué ses rampes et son gazebo et a impressionné le monde des arts par la réalisation de «La Gardienne» et «Incantation», deux pièces monumentales aux airs gothiques. Elle a été invitée par la Triennale en métiers d’arts en 2018 et ses œuvres ont été exposées à La Sarre et Gatineau.

Sa dernière création, «L’épreuve du savoir», est un jeu en bois (pyrogravure) et acier créé pour le programme de cheminement temporaire de la Polyno de La Sarre. L’œuvre, qui regroupe cinq jeux, représente les difficultés, les efforts et les victoires auxquels les jeunes doivent faire face pendant leur parcours scolaire.

«J’ai eu moi-même vécu de grosses difficultés à l’école, évoque-t-elle. J’ai donc décidé de créer ce jeu et de l’offrir comme prix de tirage pour le voyage étudiant de mon fils.» Acheter un billet pour le tirage est probablement la seule façon de mettre la main sur une pièce signée Christel Bergeron puisque l’artiste ne vend aucune de ses créations pour le moment. «J’ai beaucoup de difficulté à mettre un prix sur quelque chose, reconnaît-elle. Je le fais vraiment avec mon cœur. Je devrais donc demander vraiment cher pour que ce soit rentable.»

Notez, à titre informatif, que les fameux coins de table en fer n’avaient toujours pas été conçus au moment d’écrire ces lignes...

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