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14 mars 2019

Marc-André Gemme - magemme@lexismedia.ca

Des propriétaires de chalets à bout de souffle

Des entreprises de location pourraient cesser leurs activités

Chalet lac kanasuta

©Photo Patrick Lacasse

Les Chalets du lac Kanasuta pourraient peut-être devoir cesser leurs activités d’hébergement de courte durée à cause des taxes municipales trop élevées.

L’augmentation constante des taxes commerciales imposées par la Ville de Rouyn-Noranda est en train d’étouffer des propriétaires de chalets qui avaient décidé de choisir la voie légale pour louer leurs installations.

Patrick Lacasse est copropriétaire des Chalets du lac Kanasuta avec sa conjointe. Plutôt que de louer ses chalets illégalement ou sur des sites comme Airbnb, les propriétaires ont décidé d’y aller de la manière légale en s’inscrivant au registre de Tourisme Québec. Or, depuis quatre ans, la Ville de Rouyn-Noranda a décidé de taxer les chalets de location au même titre que les hôtels du centre-ville. 

«On décrie le fait qu’on soit taxés 100 % commercial, alors que d’autres opèrent en toute impunité sans être taxés comme un commerce», a déploré Patrick Lacasse. 

En quatre ans, le compte de taxes pour chacun de ses chalets est passé d’environ 2000 $ à près de 10 000 $ en 2019. «Nous on a deux chalets et un taux d’occupation qui tourne entre 13 et 15 %, a-t-il indiqué. Depuis notre ouverture on cumule les déficits. On fait tout nous-mêmes, on a n’a pas d’employés pour essayer de minimiser les dépenses, mais là, on arrive au bout du rouleau et on risque de devoir mettre fin à nos activités. Les autres qui se retrouvent dans la même situation que nous cette année risquent également d’avoir des problèmes.» 

Coalition 

Alors que les propriétaires des Chalets du lac Kanasuta se battent depuis quelques années pour faire modifier les choses, la situation pourrait changer en 2019, alors que plusieurs autres propriétaires de gîtes similaires viennent d’apprendre qu’ils seront également imposés commercialement à partir de maintenant. 

«Les autres qui, comme nous, ont décidé d’opérer légalement ont vu leur compte de taxes augmenter cette année, a souligné Patrick Lacasse. On parle, entre autres, du Domaine des Pins, du Domaine Opasatica, des Chalets Sérénité, du Gîte du Passant et l’Oasis du Bonheur.» 

La Ville de Rouyn-Noranda a décidé cette année que tous les commerces qui opèrent des sites d’hébergement de courte durée seront taxés au même titre que les grands hôtels. 

«Depuis quatre ans, on soutient que la solution n’est pas de taxer tous les petits hébergements de tourisme qui opèrent essentiellement juste les fins de semaine pour la villégiature, a affirmé M. Lacasse. On a dit à la Ville qu’elle allait tous les faire mourir en augmentant leurs taxes.» 

D’autres solutions 

Patrick Lacasse a fait ses recherches et présenté au conseil municipal des exemples qui ont été appliqués dans d’autres municipalités du Québec et qui permettent à ces aubergistes de rester en vie. 

«Par exemple, Sainte-Adèle a proposé le dégrèvement de la taxe foncière aux entreprises d’hébergement de villégiature, a expliqué Patrick Lacasse. C’est un règlement qui existe dans la loi sur la fiscalité du Québec, que les municipalités ont le loisir d’appliquer ou non, pour justement permettre aux PME d’offrir leurs services afin d’attirer du tourisme.» 

Il a fait valoir, du même souffle, que de nombreux organismes de la région travaillent fort pour attirer des touristes ici et que la villégiature est un moteur économique important. 

«On veut former une coalition afin d’aller chercher une force de frappe et vraiment acculer la Ville au pied du mur pour faire comprendre aux élus qu’on risque d’avoir à fermer, a-t-il déclaré. S’il n’y a pas de solutions offertes à court terme par la Ville, ce n’est pas juste nous, mais toute la région qui va perdre dans ça.» 

La Ville décide de ne pas favoriser certains secteurs 

En réponse aux affirmations des propriétaires des Chalets du lac Kanasuta, le conseil municipal de Rouyn-Noranda a affirmé avoir considéré de nombreux scénarios, dont le dégrèvement, mais avoir finalement décidé de ne pas favoriser un secteur d’activité en particulier. 

«Afin de favoriser nos petites entreprises, qui représentent 39 % de tous les commerces de notre ville et qui ont une évaluation de moins de 300 000 $, le conseil a décidé d’établir un taux de taxes commerciales pour celles-ci et un autre taux pour les entreprises qui sont évaluées à plus de 300 000 $», a expliqué la mairesse suppléante, Sylvie Turgeon. 

Elle a donné en exemple une entreprise dont la valeur est de 450 000 $. Les premiers 300 000 $ seront taxés à un certain taux et les 150 000 $ supplémentaires à un autre taux. 

Le dégrèvement 

Patrick Lacasse a cité en exemple la Ville de Sainte-Adèle, qui a proposé un dégrèvement pour les hébergements de villégiature. 

«Lorsque nous avons travaillé sur le budget, nous nous sommes questionné sur le dégrèvement, mais nous avons décidé de ne pas aller dans ce sens par équité pour les autres commerces, a indiqué Mme Turgeon. Selon nous, ce n’était pas équitable de favoriser un secteur en particulier. C’est triste qu’une entreprise ne réalise pas les profits qu’elle aimerait, mais rendu là, c’est une question de gestion des affaires.» 

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