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27 mars 2019

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Un an et demi de prison pour s’être battu à coups de marteau et de couteau

Dylan Thériault Mapachee

©Photo - Archives/Marc-André Landry

Dylan Thériault Mapachee a bénéficié d’un rapport Gladue visant à connaître son vécu et son profil en lien avec ses origines autochtones pour aider le juge à déterminer sa sentence.

Un jeune homme de 18 ans, Dylan Thériault Mapachee, a écopé d’un an et demi de prison pour avoir frappé et blessé d’autres individus à coups de marteau, de couteau et de poing américain lors d’une violente bagarre survenue pour une affaire de drogue, le 20 août dernier, dans une maison d’habitation de la rue Allard à Val-d’Or.

Telle est la décision rendue par le juge Jacques Ladouceur, de la Cour du Québec, à la suite de l’audience sur la peine, la semaine dernière au palais de justice de Val-d’Or.

Le magistrat aura trouvé une solution quelque part entre les deux suggestions fort différentes qui lui étaient soumises: la procureure de la Couronne, Me Andrée-Anne Gagnon, réclamait 32 mois de détention (en incluant deux mois dans un dossier de voies de fait, méfait et bris de conditions), tandis que l’avocat de la défense, Me Jean-Francis Bonnette, proposait une sentence de 12 mois.

Détenu depuis son arrestation en août dernier (il lui reste environ sept mois et demi de prison à purger, compte tenu de la détention préventive durant les procédures judiciaires), Dylan Thériault Mapachee devra aussi se soumettre à une probation supervisée de trois ans assortie de plusieurs conditions, notamment de suivre une thérapie de six mois dans un centre spécialisé, de fournir un échantillon d’ADN et d’effectuer 80 heures de travaux communautaires. Il lui sera également interdit de posséder des armes pendant 10 ans, sauf pour pratiquer des activités traditionnelles autochtones.

Voies de fait graves

Rappelons qu’à la suite d’une entente entre la Couronne et la défense, l’automne dernier, le Valdorien a plaidé coupable à des accusations de voies fait armées (d’un marteau) contre une première victime, de voies de fait graves contre une deuxième victime, de voies de fait armées (d’un poing américain et d’un couteau) contre une troisième victime, de possession d’une arme prohibée (le poing américain), d’introduction par effraction et d’avoir comploté avec deux autres personnes pour commettre une introduction par effraction et un vol.

Deux jeunes hommes impliqués dans la bagarre du 20 août 2018 ont été appelés à témoigner durant l’audience sur la peine pour raconter ce qui s’est passé et pour décrire les blessures qu’ils ont subies. L’un d’eux a eu le crâne défoncé, éprouve des problèmes de mémoire et porte des cicatrices au visage et derrière une cuisse dues à des coups de couteau, tandis que l’autre a subi un traumatisme crânien, porte une marque sous un œil et s’est fait lancer un couteau dans le front qui lui a laissé une cicatrice.

Du potentiel et de l’espoir

Question de s’assurer de la sincérité de Dylan Thériault Mapachee pour se réhabiliter et de rendre une sentence appropriée tenant compte des crimes commis et du profil psycho-social du garçon (un métis anishnabe qui a connu une jeunesse trouble), le juge Ladouceur a demandé à son travailleur social de témoigner.

«J’ai toujours vu un grand potentiel en Dylan, il a tout pour réussir, a affirmé le travailleur. Ça peut sembler étrange, mais Dylan ne se sent pas en sécurité dans le positif, il vit de l’anxiété, parce que tout ce qu’il connaît, c’est de vivre des problèmes. Tout n’a pas été tenté avec lui, j’estime qu’une thérapie est nécessaire. Dans son cas, le plus gros problème n’est pas la consommation, mais bien la gestion de ses émotions», a-t-il expliqué.

«On parle d’un jeune homme métis qui a connu le rejet chez les Blancs et chez les Anishnabe; ça l’a suivi, sauf que ça ne justifie pas ses gestes, a réagi le juge Ladouceur. Il y a encore de l’espoir, mais il faut régler le problème à la source.»

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