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25 juin 2019

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Le bois s’empile dans les écocentres de la région

Bois - MRC

©Photo L'Éclat/Le Citoyen - Dominic Chamberland

Devant un amoncellement de bois de recyclage, Claire Bolduc, préfète de la MRC du Témiscamingue et présidente de la Conférence régionale des préfets (au centre), flanquée de Sébastien D’Astous, maire d’Amos et préfet de la MRC Abitibi, et de Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or et préfet de la MRC Vallée-de-l’Or.

Le bois de recyclage s’accumule dans les écocentres de la région – ça commence même à déborder dans certains cas – et les préfets ne savent plus à quel saint se vouer pour régler le problème.

En désespoir de cause, ils ont organisé un show médiatique, mardi matin à l’écocentre de Val-d’Or, pour interpeller le ministre de l’Environnement, Benoît Charrette, afin de les aider à trouver des solutions. Ou du moins pour l’inciter à donner un coup de pouce financier aux Municipalités régionales de comtés (MRC) afin de défrayer les coûts de transport de ce bois vers des centres de traitement situés à l’extérieur de la région.

Les préfets affirment que l’absence de solutions émanant du ministère de l’Environnement depuis plusieurs années pour disposer de ce bois récupéré par les citoyens a mené à l’accumulation de près de 15 000 tonnes métriques de bois dans les différents écocentres de l’Abitibi-Témiscamingue.

Et l’espace pour en ajouter risque fort de manquer bientôt, l’enfouissement du bois urbain étant interdit. «Ce problème nous préoccupe, tout comme l’absence d’alternatives et la lenteur du Ministère pour trouver des solutions concrètes, a mentionné Claire Bolduc, présidente de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue et préfète de la MRC du Témiscamingue.

«Cette situation engendre des problématiques d’environnement, mais aussi de finances et de sécurité. Voilà à quoi aurait pu servir le Fonds vert. Imaginez si un incendie se déclenchait ici…, a-t-elle lancé, bien plantée devant un gigantesque amoncellement de bois. Pour nous, il est évident que l’absence de décision, de flexibilité et de volonté de la part du ministère de l’Environnement pour traiter cet enjeu ne peut plus durer», a ajouté Mme Bolduc.

«Ça déborde de tous les bords!»

À l’Écocentre de Val-d’Or, par exemple, on estime être rendus à quelque 8000 tonnes métriques de bois accumulé, faute de solutions permanentes. «La situation est devenue criante, ça déborde de tous les bords!, a déclaré Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or et préfet de la MRC Vallée-de-l’Or.

«Le centre de Gatineau étant notre seul acheteur, ça représente plus de 200 voyages de bois en camion lourd (à 44 $ la tonne pour transporter le bois transformé en copeaux). Comme le broyage du bois nous coûte 70 $ par tonne, on a déjà dépassé notre budget de 200 000 $ pour 2019 (en broyant 3000 tonnes), a-t-il indiqué. Les villes et les MRC peinent à liquider leur bois de recyclage. Considérant la capacité de payer des citoyens, le souci de cohérence et les principes du développement durable, l’identification d’une alternative régionale par le Ministère est devenue urgente et nécessaire», a renchéri M. Corbeil.

Aide financière réclamée

Les préfets de la région soulignent qu’en 2014, le ministère de l’Environnement avait manifesté l’intention de déposer un plan visant à bannir l’enfouissement du bois et à déterminer les mesures à déployer.

Mais ce document n’est toujours pas disponible aux municipalités, font remarquer les préfets, ajoutant que cette interdiction qui devait s’appliquer en 2014 a été repoussée à 2015, puis à 2020. À cet égard, les MRC de la région disent avoir mis les efforts pour répondre à ces annonces et avoir régulièrement interpellé le Ministère concernant l’absence de solutions locales ou régionales de traitement.

«Le côté positif là-dedans, c’est que les citoyens ont fait leur travail en acheminant leur bois recyclable aux écocentres, a pour sa part signalé Sébastien D’Astous, maire d’Amos et préfet de la MRC Abitibi. Pour stabiliser la situation (en attendant qu’une solution permanente soit trouvée), on aimerait recevoir une aide financière d’urgence. Ça nous prend une voie de sortie, car le bois va continuer à s’accumuler», a-t-il fait observer.

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