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07 août 2019

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Une infirmière auxiliaire radiée pour un an

Elle avait volé et consommé de la morphine au CHSLD de Macamic

AB-InfirmiereMorphine

©Photo L’Éclat/Le Citoyen – Marc-André Gemme

L’infirmière auxiliaire Sonia Baribeau a plaidé coupable à trois chefs d’infraction auprès de son ordre professionnel. Les faits s’étaient produits au CHSLD de Macamic.

Sonia Baribeau, infirmière auxiliaire depuis 24 ans au CHSLD de Macamic, a été radiée pour une durée d’un an après avoir reconnu sa culpabilité d’avoir pratiqué ses fonctions après avoir consommé de la morphine, d’avoir dérobé de la morphine et d’avoir tenté de dissimuler le vol. 

Le Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec a statué, le 1er juin 2019, que «les gestes reprochés à l’intimée sont très graves et dénotent un manque d’intégrité. La conduite de l’intimée porte ombrage à l’ensemble de la profession». Il lui a donc imposé une radiation temporaire d’un an. Celle-ci est entrée en vigueur le 4 juillet. Il s’agissait d’une recommandation commune de la poursuite et de la défense. 

Trois chefs d’accusation 

La plainte contre Sonia Baribeau comportait trois chefs d’infraction, soit: s’être appropriée à plusieurs reprises des résidus d’ampoules de morphine appartenant à son employeur; avoir «exercé sa profession, à plusieurs reprises, dans un état susceptible de compromettre la qualité de ses services professionnels, après avoir consommé de la morphine»; et avoir volé une ampoule de morphine appartenant à son employeur pour ensuite avoir tenté de dissimuler ce vol en inscrivant de fausses informations à plusieurs endroits, dont dans le dossier d’un patient. 

Résumé des faits 

Selon le rapport du Conseil de discipline, entre le 1er février et le 31 mai 2017, Sonia Baribeau a consommé de la morphine régulièrement, et ce, plusieurs fois par jour. De plus, elle a volé des résidus d’ampoules de morphine au CHSLD de Macamic et elle en a acheté sur le marché noir. 

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Mme Baribeau a reconnu qu’elle avait travaillé alors qu’elle n’était pas en état de le faire en raison de sa consommation. Même si elle a été hospitalisée en 2017 lors de son sevrage, elle n’a jamais dit à son employeur qu’elle consommait de la morphine ni qu’elle s’en était approprié. 

Le 1er mai 2018, l’infirmière auxiliaire a posé le dernier geste qui figure à son dossier en volant une ampoule de morphine à l’un de ses patients. Elle a ensuite tenté de consommer cette morphine, mais ne l’a finalement pas fait et a jeté le contenu dans la toilette. Questionnée par son employeur, le lendemain, elle a indiqué avoir donné la morphine au patient. Prise de panique, elle ensuite a modifié le rapport quotidien et les notes d’observations dans le dossier du patient, puis a contresigné la feuille d’administration de médicaments. 

On apprend également dans la décision du Conseil de discipline que le 31 mai 2018, Sonia Baribeau «est d’abord suspendue par son employeur à des fins d’enquête, puis suspendue sans solde pour une période de quatre mois, après avoir finalement admis à son employeur s’être appropriée une ampoule de morphine pour des fins personnelles». L’infirmière auxiliaire a pu réintégrer son emploi par la suite. 

Conséquences et facteurs aggravants 

Pour le premier chef d’infraction, soit celui d’avoir volé des narcotiques à son employeur, le Conseil de discipline a souligné l’aspect répétitif des vols dans la période de février à mai 2017. 

Pour ce qui est de la consommation pendant les heures de travail, le Conseil de discipline a indiqué qu’il s’agissait d’un manque de jugement, de rigueur et d’honnêteté puisqu’une infirmière auxiliaire se doit d’être au maximum de ses capacités lorsqu’elle est en exercice. 

Finalement, le Conseil de discipline a jugé que «d’altérer une note au dossier d’un patient non seulement constitue un manque flagrant d’intégrité, mais risque d’entraîner des conséquences graves dans le suivi de ce dernier». 

L’expérience de Mme Baribeau, qui avait 24 ans de carrière, a été considérée comme un facteur aggravant, tout comme le fait qu’elle ait tenté de camoufler à son employeur son vol commis en mai 2018. Le fait qu’elle n’avait pas de dossier disciplinaire auparavant a aussi été pris en compte comme facteur atténuant. 

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