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29 août 2019

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Ce texte a été écrit par un journaliste de chez vous

Le Citoyen L'Éclat

©Jean-François Vachon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

L'audience sur l'avenir des médias avait lieu la semaine dernière.

Ne nous cachons pas la tête dans le sable: les journaux et la presse écrite québécoise traversent une crise. Notre journal n’y échappe pas.

Je n’ai pas la prétention de tout connaître. Je côtoie des collègues comme Patrick Rodrigue, qui œuvre dans ce domaine depuis bien plus longtemps de moi. Il reste que les médias traversent une crise.

La réalité est que les journaux régionaux sont une denrée rare au Québec. Soyons francs. Ce ne sont pas La Presse ou le Journal de Montréal qui vont traiter l’actualité locale et régionale. À moins de drames ou de faits un peu sensationnalistes, la place qu’occupe l’Abitibi-Témiscamingue reste très mince au niveau national.

Les journaux régionaux permettent de parler des gens d’ici aux gens d’ici. Ce sont nos journalistes qui assistent aux festivals, aux évènements sportifs et aux conférences de presse d’organismes et de regroupement de citoyens. Ce sont aussi eux qui rapportent ce qui se passe aux conseils municipaux, aux conseils des commissions scolaires et dans les Palais de justice.

Donnons un exemple concret. Dans les deux dernières semaines, votre journal a été le seul à couvrir quotidiennement le camp des Huskies. Votre journal fut aussi le seul média régional à couvrir la finale de la Coupe du Président. Il a aussi été le plus petit média régional à avoir couvert la Coupe Memorial à Halifax. Ce n’est pas Facebook ou Google qui a payé pour ça. C’est votre hebdo. Parce qu’il était important, pour nous, de parler de gens d’ici aux gens d’ici.

Évoluer

La crise que traversent les médias nous affecte grandement. Pourtant, nous n’avons jamais autant rejoint la population régionale. En fait, une personne sur deux de la région consulte nos sites web chaque semaine. De ce nombre, plus de 70 % de nos lecteurs sur le web sont âgés entre 20 et 50 ans.

Tout ça s’ajoute à notre journal papier, qui rejoint les personnes qui, même si certains décrient cette activité comme étant maintenant dépassée, préfèrent encore s’asseoir avec un bon café le matin pour lire notre journal.

Bref, jamais nous n’avons été autant lus. Jamais nos journaux, que le format soit papier ou électronique, n’ont autant rejoint la population régionale.

Un journaliste disparaît, des voix s’éteignent

Cette crise, avec la diminution des revenus qu’elle entraîne, a des conséquences directes dans les salles de rédaction. La nôtre est passée de quatre à trois journalistes à Rouyn-Noranda. Des pertes d’emplois ont aussi lieu à Amos et à Val-d’Or.

Ça peut sembler modeste. Et pourtant. Dans des salles de nouvelles de petite capacité comme les nôtres, ce sont littéralement des milliers de voix qui s’éteignent. Faute de temps et de ressources, ce sont des sujets qui ne sont plus couverts. Des questions qui ne sont plus posées. Des enquêtes qui ne peuvent plus être menées. La réalité, c’est que la perte d’un seul journaliste dans une communauté régionale est immense.

Ce ne sont pas Facebook ou Google qui vont engager des Patrick Rodrigue, des Anne Blondin, des Thierry de Noncourt, des Lucie Charest, des Marc-André Gemme et des Jean-François Vachon pour couvrir l’actualité d’ici pour les gens d’ici. Mes collègues, tout comme moi, sont des passionnés de l’information locale, compétents et professionnels, qui ont à cœur le milieu dans lequel, eux aussi, ils vivent. Ce qu’on ne retrouve pas toujours dans les médias sociaux.

Quoi faire?

Et maintenant, que fait-on? C’est la grande question. Les communautés locales ont besoin de médias locaux forts. Ils ont besoin de journalistes pour s’assurer que les deniers publics sont bien gérés. Ils ont besoin de journalistes pour souligner leurs bons coups et leurs réalisations. Ils ont besoin de journalistes en mesure de soulever les irrégularités. Ils ont besoin de journalistes pour avoir en main toutes les informations pour prendre position sur des sujets régionaux, pour analyser, décortiquer les sujets complexes.

Les communautés régionales ont besoin des médias locaux pour assurer leur vivacité. Et ces mêmes médias locaux ont, en retour, besoin du soutien de leur communauté, de vous-mêmes, de nous tous.

La solution, c’est quoi? Des crédits d’impôt sur la masse salariale? Une fondation pour les Amis de la presse écrite témiscabitibienne? Je ne le sais pas. D’où la nécessité de tenir une réflexion collective sur le sujet. Mais sans aide, la pérennité de nos médias locaux est en danger. Et la voix de milliers de nos concitoyens aussi.

Commentaires

30 août 2019

Maryelle

Justement il y a quelques jours, le Citoyen de Rouyn-Noranda à publier un sondage au moment d'ouvrir un article sur FB. J'en ai profité pour y répondre et bien pris soins de dire que je serais profondément désolée de perdre ce journal.

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