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09 septembre 2019

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

«On veut protéger notre garde-manger»

La nation algonquine réclame un moratoire sur la chasse à l’orignal dans la Réserve faunique La Vérendrye

Manif algonquins orignal

©Dominic Chamberland - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Une manifestation a eu lieu lundi à l'entrée Nord du Parc.

Manifestation pacifique d’une douzaine de membres et leaders de la nation algonquine, lundi, à l’entrée Nord de la Réserve faunique La Vérendrye.

L’exercice avait pour but de sensibiliser les chasseurs concernant le déclin de la population d’orignaux dans la Réserve faunique et de mettre de la pression sur le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, afin qu’il impose un moratoire sur la chasse sportive dans ce territoire pour réaliser un décompte complet du cheptel et élaborer un plan de gestion conjoint pour la conservation de cette espèce.

Les dirigeants algonquins se disent très préoccupés par ce qu’ils qualifient de déclin marqué de la population d’orignaux, une source importante, voire vitale, de nourriture pour leurs membres, font-ils valoir. «On veut protéger notre garde-manger, a lancé Jimmy Papatie, directeur des ressources naturelles pour la communauté de Kitcisakik.

«Dans les 30 dernières années, une pression de chasse trop élevée, la coupe forestière et les changements climatiques ont eu un gros impact sur la population d’orignaux, a-t-il ajouté. Si le plan de gestion actuel continue d’être appliqué, il n’y aura plus d’orignaux dans la Réserve faunique d’ici 25 ou 30 ans», a soutenu M. Papatie.

D’autres moyens de pression?

Près de la communauté de Lac-Barrière, dans la partie Sud de la Réserve faunique (du côté outaouais), des chemins d’accès auraient été bloqués aux chasseurs en guise de moyen de pression.

Risque-t-on d’assister à la même chose du côté abitibien éventuellement, si les demandes des Algonquins ne sont pas exaucées? «Nous ne sommes pas nécessairement rendus là, mais cette option pourrait être envisagée dans un avenir pas trop lointain, a répondu Lucien Wabanonik, membre du conseil de bande de Lac-Simon et porte-parole algonquin dans ce dossier.

«La manifestation d’aujourd’hui (lundi), c’est un signal d’alarme. Il s’agit de notre alimentation primaire et il faut s’en occuper maintenant, a-t-il poursuivi. Nous estimons que le cheptel va continuer à baisser et un protocole doit être élaboré entre la nation algonquine et le gouvernement du Québec. Nous avons rencontré des fonctionnaires du ministère dernièrement, mais ça manquait de viande autour de l’os», a affirmé M. Wabanonik, dont le groupe réclame une rencontre avec le ministre Dufour lui-même.

«Ça prend un bon plan et nous voulons en être une partie prenante, a renchéri la cheffe de Lac-Simon, Adrienne Jérôme. Les allochtones croient qu’on dit n’importe quoi, les fonctionnaires mettent en doute nos connaissances ancestrales, mais la situation est pourtant très inquiétante. Nous avons même constaté que l’orignal est moins dodu qu’avant», a-t-elle mentionné.

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