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17 septembre 2019

Les grands utilisateurs d’eau de la région enfin connus

Papetières, mines et municipalités en tête de liste

Tembec Témiscaming Rayonier

©Lucie Charest / archives - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

À elle seule, l’usine de pâte de Tembec (devenue Rayonier) à Témiscaming revendique près de la moitié des volumes d’eau prélevés en 2013 dans la région.

ENVIRONNEMENT. Il lui aura fallu plus de quatre ans de démarches, mais la Société de l’eau souterraine (SESAT) est enfin parvenue à faire de l’Abitibi-Témiscamingue la première région du Québec à identifier ses grands préleveurs d’eau, le 16 septembre.

Serge Bastien

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Serge Bastien, président de la SESAT

La SESAT a initié sa demande d’accès à l’information en novembre 2014 pour obtenir en avril dernier l’ensemble des données compilées depuis dix ans par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques en vertu du règlement sur la déclaration des prélèvements d’eau. La demande pour le registre de 2018 est déjà déposée.

«On trouvait important d’obtenir ces données pour réaliser un portrait global afin de soutenir les orientations en matière de gouvernance de l’eau sur le territoire. Pour bien gouverner, encore faut-il bien connaître. On a donc pu réaliser une compilation des grands préleveurs d’eau de 2013; un portrait qui doit être assez semblable à celui des dernières années», estime le président Serge Bastien, qui déplore qu’il soit été aussi difficile d’obtenir ces informations publiques sur l’eau, un bien commun reconnu, et qui espère ouvrir la voie pour les autres régions du Québec.

Le bon vouloir

Les grands préleveurs d’eau au sens du règlement sont ceux qui puisent plus de 75 000 litres d’eau par jour, soit l’équivalent d’une très grande piscine hors terre, dans une nappe souterraine, un cours d’eau ou un lac. Ils doivent notamment déclarer chaque année chaque prélèvement et son emplacement ainsi que la provenance et les volumes extraits.

Pour mettre la main sur ces données, la SESAT a aussi dû obtenir l’autorisation de chacun des grands préleveurs d’eau inscrits au registre, publics et privés. «On retrouve 86 sites de prélèvement, mais une trentaine de préleveurs dans la région. Si aucune information n’est caviardée dans notre compilation, c’est parce que les préleveurs de la région ont fait preuve de bon vouloir», a insisté le directeur Olivier Pitre.

Papetières, mines et municipalités

Les grands préleveurs inscrits au registre ont puisé pas moins de 93 milliards de litres d’eau en 2013. Environ 83 % des volumes prélevés l’ont été dans le secteur privé et 17 % dans le secteur public.

Les plus grands consommateurs d’eau sont les papetières. Tembec (devenue Rayonier) et Produits forestiers Résolu ont extrait plus de la moitié des volumes de 2013. On parle de 45,9 milliards de litres (49 %) pour Rayonier, qui exploite l’usine de pâte à Témiscaming, et de 6,7 milliards de litres pour Résolu, qui produit du papier journal à Amos.

Omar Daouda

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Omar Daouda, directeur de l’Organisme de bassin versant Abitibi-Jamésie, a témoigné de l’appui des 40 OBV du Québec envers la démarche de la SESAT.

L’industrie minière suit, avec Glencore (8,7 milliards de litres), Canadian Malartic (5,8 milliards), Iamgold (3,8 milliards) et Agnico Eagle (3,4 milliards) parmi les plus grands préleveurs. Suit le secteur municipal, Val-d’Or et Rouyn-Noranda en tête (chacune 4,3 milliards de litres), puis Amos (2,1 milliards) et La Sarre (1,1 milliard). Eska n’a consommé que 253 millions de litres d’eau, soit moins de 1 % du total des préleveurs privés.

Le bassin versant le plus exploité est le Kinojévis, qui s’écoule vers le sud, avec plus de 65 milliards de litres d’eau. On y retrouve l’usine de Témiscaming et des mines. Le bassin Harricana, qui coule vers le nord, suit avec plus de 20 milliards de litres, essentiellement puisés par des mines.

À la disposition de tous

La SESAT rend public le registre intégral sur son site internet ainsi que sur ceux des organismes de bassin versant du Témiscamingue et de l’Abitibi-Jamésie, qui l’appuient dans ses démarches. «C’était l’objectif ultime de notre démarche. D’autres joueurs pourront les utiliser et les analyser», fait valoir Olivier Pitre.

Des absents inquiétants

La SESAT a constaté l’absence de certains grands préleveurs publics d’importance, dont six municipalités opérant un réseau d’aqueduc desservant plus de 500 habitants, ce qui soulève certaines inquiétudes. Barraute, Dupuy, Landrienne, Lorrainville, Malartic et Palmarolle ne figurent pas au registre. «On ne sait pas pourquoi elles n’y sont pas. Or, s’il manque des municipalités de cette envergure-là, manque-t-il aussi certains préleveurs privés?», s’interroge le président Serge Bastien.

SESAT préleveurs eau carte

©gracieuseté

Ce schéma produit par la SESAT illustre les premiers préleveurs d’eau dans la région en 2013.

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