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06 novembre 2019

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Une carrière dévouée au maintien de la paix

Nouvelle décoration pour le major Jean-Guy Plante

Major Jean-Guy Plante

©gracieuseté - Josée Poirier

Le major Jean-Guy Plante, arborant fièrement son uniforme de la Légion canadienne avec ses médailles.

Natif de Saint-Félix-de-Dalquier, le major Jean-Guy Plante a voué l’essentiel de sa carrière de plus de 40 ans au maintien de la paix dans le monde.

Il sera d’ailleurs l’un des dix anciens combattants qui recevront la Médaille de l’Assemblée nationale, sur proposition de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, lors de la commémoration québécoise du jour de l’Armistice, le 11 novembre. Elle s’ajoutera à ses 12 médailles militaires, dont la médaille du Mérite Militaire (1985) et la Médaille du Service Méritoire (1995), toutes deux remises par le gouverneur général du Canada.

«Même si j’ai reçu plusieurs honneurs dans ma vie, c’est la cerise sur le gâteau à la fin de ma carrière. Je ne peux faire autrement qu’être très content et fier. Les médailles et les décorations, je croyais que c’était terminé. C’était totalement inattendu. Jamais je n’aurais pensé recevoir cette médaille-là un jour. Ça me fait chaud au cœur», confie-t-il.

La Police militaire

Jean-Guy Plante a œuvré 33 ans dans les Forces armées canadiennes, puis 8 ans comme haut fonctionnaire dans la division de sécurité internationale de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Il a rejoint l’armée en janvier 1961 à l’âge de 17 ans, après avoir convaincu son père de signer son autorisation. «Je voulais avoir une vie différente et je détestais l’école. Je voulais que ça bouge», se souvient-il.

Major Jean-Guy Plante article Echo

©gracieuseté

Le major Jean-Guy Plante nous avait accordé une entrevue en direct du Rwanda, en 1994.

«Pour quelqu’un qui voulait une vie un peu spéciale et mouvementée, j’ai été exaucé à souhait» - Major Jean-Guy Plante

Major Jean-Guy Plante Roy Dupuis

©gracieuseté

Le major Jean-Guy Plante discute ici avec un autre Abitibien d’origine, Roy Dupuis, qui incarnait le lieutenant-général Roméo Dallaire, lors du tournage du film J’ai serré la main du diable, au Rwanda, à l’été 2006.

Désireux de rejoindre la Police militaire, il a dû patienter six mois dans la division des blindés, parce qu’il ne faisait littéralement pas le poids. «De mémoire, il fallait mesurer 5 pieds 10 pouces et peser 160 livres. J’en ai mangé du beurre de pinotte. C’était emballant de conduire des chars d’assaut, mais je voulais être policier militaire, point», affirme-t-il. Et lui qui voulait vivre des aventures et voyager, il a été servi. Dès 1964, il a participé à sa première mission de maintien de la paix au sein des Casques bleus de l’ONU, au Congo belge. Les missions se sont ensuite multipliées en Allemagne, en Égypte, en Israël, en Syrie et au Liban.

Entre-temps, il est retourné aux études, lui qui n’avait qu’une équivalence de 9e année, dans le but d’obtenir son brevet d’officier. «C’était un rêve pour moi de devenir officier. En 1974, j’ai été accepté, je suis devenu lieutenant. C’était un des plus beaux jours de ma carrière militaire», se remémore-t-il.

Le Rwanda et la chance

L’épisode le plus marquant de sa carrière aura néanmoins été sa mission au Rwanda, où il fut dépêché d’urgence en avril 1994, en plein cœur d’un génocide et d’une guerre civile qui auront fait 800 000 morts en quelques mois. Il arrivait de Somalie, qui se relevait d’une effroyable guerre civile, et le lieutenant-général Roméo Dallaire l’a nommé porte-parole de la mission.

«Je devais être au Rwanda pour deux mois, puis retourner en Somalie. Je suis finalement resté 12 mois. J’étais responsable de la sécurité des journalistes pour les Nations Unies. Je devais les accompagner 7 jours sur 7, matin et soir. Quand on est toujours sur la route et qu’on va dans les endroits où il y a de l’action pour les journalistes, le danger vous suit. J’ai été chanceux, très chanceux, je n’ai jamais rien eu», reconnaît celui qui craignait beaucoup plus d’être blessé gravement que tué.

«Ma grand-mère maternelle m’avait dit que quand elle serait au ciel, elle prendrait soin de moi. Je ne sais pas si c’est ça, mais chose certaine, chaque fois que je retourne à Saint-Félix, je n’ai jamais manqué une seule fois d’aller la voir au cimetière. C’est sacré pour moi», affirme le major Plante, qui revient chaque année visiter les membres de sa famille et celle de son épouse, qui est originaire de Saint-Maurice-de-Dalquier.

Major Jean-Guy Plante Paul Kagamé

©gracieuseté

Le major Jean-Guy Plante avait pu rencontrer le président rwandais Paul Kagamé, qui autographie ici le livre J’ai serré la main du diable du général Dallaire, lors du tournage.

Major Jean-Guy Plante ski alpin

©gracieuseté

Après une carrière dans les Forces armées puis aux Nations Unies, le major Jean-Guy Plante dévale maintenant les pentes en ski alpin.

Avec l’ONU

À son retour au Canada en 1995, il s’est retiré des Forces. Ne pouvant tenir en place à son domicile de Saint-Bruno-de-Montarville, il a offert ses services à l’ONU. «J’étais encore en pleine forme physique; je le suis d’ailleurs encore pour mon âge (76 ans). Tout ce qu’on attend en ce moment, c’est la neige pour aller faire du ski alpin. J’ai donc pu voyager encore dans plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, où j’ai travaillé comme officier de sécurité jusqu’à ce que je sois obligé de me retirer en 2004, sinon je pense que je serais encore là», affirme Jean-Guy Plante.

Jusqu’à l’an dernier, il offert de nombreuses conférences sur son expérience de vie, recruté par la Faculté du 3e âge de l’Université de Sherbrooke. Il le fait maintenant bénévolement dans le cadre du jour du Souvenir dans certaines écoles, en plus de s’impliquer dans la campagne du coquelicot pour la Légion canadienne.

«Autant ma carrière militaire que celle avec les Nations Unies, si c’était à recommencer, c’est sûr qu’il y a eu des hauts et des bas, mais je ne changerais rien du tout. J’en suis très fier. Ce fut un honneur pour moi de servir mon pays et les Forces. Au Rwanda, si mon infime contribution a pu aider à réduire la souffrance ou peut-être même sauver quelques vies, bien mon dieu, je serai fier de ça. Pour moi, ça vaut beaucoup tout ça», conclut le major Plante, père de deux enfants et grand-père de cinq petits-enfants.

 

Conseiller militaire pour un film

En 2006, le major Jean-Guy Plante est retourné au Rwanda à titre de conseiller militaire pour le tournage du film J’ai serré la main du diable, inspiré du livre écrit par le lieutenant-général Roméo Dallaire. Le film mettait en vedette Roy Dupuis. «Ça n’a pas pris deux jours pour me décider, mais deux secondes. Je devais être au Rwanda pour deux semaines afin de les aider pour le début du film, finalement ils m’ont gardé pour tout le tournage, presque trois mois. J’étais très content d’y retourner pour constater les progrès que le Rwanda avait fait depuis la guerre, un progrès énorme. Kigali est maintenant l’un des plus belles capitales d’Afrique», souligne-t-il.

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