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25 novembre 2019

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Un régime forestier à améliorer après 5 ans

Le Congrès de l’AFAT a fait le bilan

Congrès AFAT planification

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Le bloc des conférenciers abordant la question de la planification, avec Jean-Pierre Dansereau de Rexforêt, François Provost du ministère des Forêts et l’ingénieur forestier Claude Lebel (au micro) de Norbord.

L’heure était au bilan après cinq ans de nouveau régime forestier québécois, au 76e Congrès annuel de l’Association forestière de l’Abitibi-Témiscamingue (AFAT), présenté le 22 novembre à Senneterre. Le constat est clair: il y a encore beaucoup de place à l’amélioration.

Et le sujet préoccupe, comme en attestent les quelque 220 participants réunis à cet événement qui a vu défiler une douzaine de conférenciers et panélistes ainsi que le ministre des Forêts Pierre Dufour dans cette ville forestière nouvellement centenaire. «Quand on a commencé à parler de ce thème aux intervenants, on a toujours eu la même réponse: vous êtes courageux. Les conférenciers étaient même réticents. On en a parlé au ministre, qui trouvait que c’était une bonne idée. Pour lui, c’était clair qu’il fallait le faire après cinq ans. Qu’est-ce qui va bien? Qu’est-ce qu’on doit améliorer? Ça devrait être l’objectif pour tout le monde», fait valoir Isabelle Boulianne, directrice générale de l’AFAT.

Ce nouveau régime est une réponse au documentaire-choc L’Erreur boréale (1999) de Richard Desjardins et à la Commission Coulombe (2004) qui en a découlé. Il a provoqué d’importants bouleversements dans le monde forestier. Québec a pris le contrôle de la gestion et de l’aménagement des forêts publiques, alors que l’industrie a conservé la responsabilité de la récolte. La gouvernance a été élargie pour tenir compte de tous les utilisateurs et Québec a implanté un système d’enchères afin de fixer des prix qui reflètent mieux la valeur du bois récolté en forêt via son le Bureau de mise en marché des bois (BMMB), ce qui pourrait aider le Canada dans ses litiges commerciaux avec les États-Unis.

Congrès AFAT Jean-Maurice Matte

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre

Congrès AFAT Luc Bouthillier

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Luc Bouthillier a d’abord présenté l’histoire des régimes forestiers du Québec avant de s’attarder à l’actuel, en plus d’agir comme expert invité lors de la plénière.

Centralisé et complexe

Parmi les choses à améliorer, on retrouve la régionalisation et la complexité de la nouvelle gouvernance élargie. Si la stratégie d’aménagement durable des forêts est entrée en vigueur en 2016, l’appropriation régionale ne s’est pas faite, a souligné Luc Bouthillier, professeur et titulaire au département des sciences du bois et de la forêt à l’Université Laval. Il faudra selon lui relancer les tables locales de gestion intégrée des ressources, mieux intégrer les autochtones et réaffirmer la gouvernance territoriale. «Le seul message à retenir: pas de nouvelles structures! Il faut utiliser les structures actuelles pour se parler sur le terrain et les rendre opérationnelles. La rareté du bois qu’on annonçait en 1982, elle s’en vient, là. Du beau et pas cher, il n’y en a presque plus. Il faudrait être imaginatif. La forêt, c’est plus que du bois», a-t-il notamment affirmé.

François Laliberté, président de l’Ordre des ingénieurs forestiers, a déploré qu’on ait éloigné les ingénieurs du terrain, eux qui sont des passionnés de forêt. Son collègue Claude Lebel s’est quant à lui interrogé sur l’utilité de cette réforme, qui est venue complexifier le processus au détriment de l’efficacité et après cinq ans, selon lui, l’industrie n’y trouve pas son compte et les intervenants ainsi que les influenceurs sont encore insatisfaits. Il souhaite que le gouvernement conserve la planification, mais qu’il puisse la fournir pour cinq ans de prévisibilité à l’industrie, afin qu’elle puisse mieux planifier ses interventions. Québec vise trois ans pour 2022.

 

«Il faut clarifier le terrain de jeu au plus vite. Ça fait 20 ans qu’on parle des aires protégées. On a une cible, on ne l’atteint pas. Dépêchons-nous à les mettre en place pour stabiliser le territoire» - Claude Lebel

L’ingénieur forestier Pierre Cormier, VP Foresterie et Opérations forestières chez Résolu, a abondé dans le même sens et a été encore plus dur envers le nouveau régime lors de la plénière, en faisant allusion à «une forêt de contraintes» en s’exprimant sous la forme d’une publicité avec un humour grinçant. «Une foresterie où il y plus d’ingénieurs au kilomètre carré en ville que dans les régions. Une foresterie où les coûts de livraison du bois aux usines ont explosé de 30 % en cinq ans», a-t-il déclaré.

Une chose à changer?

En fin de plénière, l’animateur Jonathan Gagnon a demandé aux six participants quelle serait la première chose qu’ils modifieraient dans le nouveau régime forestier. Simon Vézeau, du BMMB, a parlé de culture forestière: «On est un peuple forestier, assumons-le». «Décentralisation, remettre la forêt aux forestiers», a affirmé Pierre Cormier. «Meilleure collaboration et complicité à développer», a répondu François Provost, du ministère des Forêts. «Des objectifs clairs. Quand les objectifs sont clairs, on sait sur quoi travailler et ça permet de rallier les gens», a lancé le Forestier en chef Louis Pelletier. «Une plus grande implication des instances régionales», a affirmé le professeur et chercheur Yves Bergeron de l’UQAT. «Une planification opérationnelle stratégique plus prévisible pour donner un sentiment d’appartenance aux industriels du territoire», a indiqué Frédéric Bédard, d’Horizon SF.

 
Congrès AFAT Pierre Cormier

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Pierre Cormier, VP Foresterie et Opérations forestières chez Produits forestiers Résolu.

Le mot de la fin appartient à l’expert invité Luc Bouthillier, qui a conclu en rappelant que tout ne pouvait se régler en cinq ans. «En un mot, ce serait durée. S’inscrire dans la durée. Et vous dire les amis qu’on n’est jamais arrivés. Croire qu’on est arrivés, c’est un rêve de fou», a-t-il fait valoir.

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Michel Vincent, du Conseil de l’industrie forestière du Québec, et Simon Vézeau, du Bureau de mise en marché des bois, ont abordé tout le volet de la mise en marché des bois.

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François Laliberté, président de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec.

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Steeve Mathias, chef de la Première Nation de Long Point, a parlé de l’évolution de l’industrie forestière sur le territoire des Anicinabek de Winneway.

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Yves Bergeron, professeur en écologie foestière à l'UQAM et l'UQAT

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Louis Pelletier, Forestier en chef du Québec.

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François Provost, du ministère des Forêts.

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Frédéric Bédard, d'Horizon SF

©Martin Guindon - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Pierre Dufour, ministre des Forêts.

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