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08 janvier 2020

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Une jeune ourse sauvée d’une mort certaine à Barraute

Olaf se refait des forces au Refuge Pageau

Olaf Ourse Barraute Refuge Pageau

©gracieuseté - Marie-Frédérique Frigon

L’ourse d’un an et demi pèse environ 80 livres. On voit bien ici sa blessure sur le nez.

Grâce à la vigilance de citoyens et l’intervention du Refuge Pageau, une jeune ourse noire affamée a pu être sauvée d’une mort certaine, le 18 décembre, à Barraute.

Baptisée Olaf par les gens du Refuge, la jeune femelle aura vécu et fait vivre toute une aventure aux gens qui sont intervenus pour la secourir. Aperçue sur la route 397, près de l’intersection de la route 386, elle a attiré l’attention des passants, qui ont vite fait de contacter le Refuge Pageau.

«Il devait être 14h30 ou 15h quand les appels ont commencé à entrer. Mon assistant Carl Normandin est de Champneuf et il y a des citoyens qui l’appelaient aussi directement. Dans ces cas-là, on s’assure que les gens sur place ne perdent pas l’animal de vue. Mes gars sont partis, puis on a eu un appel disant que l’ours était sur la galerie d’une maison. Puis, Carl s’est fait dire qu'il était entré dans la maison», indique le codirecteur du Refuge, Félix Offroy.

Capturé dans… le lit!

«J’étais au travail et j’ai reçu un appel de ma nièce (qui est aussi la conjointe de Carl) à propos d’un ours dans ma maison. Je n’y croyais pas. Quand je suis arrivée dans la cour, la porte était ouverte. L’ours a dû accrocher la clenche en grattant dans la porte. J’avais peur pour mon chien Jack (un Rottweiler) que j’ai entendu japper. Je l’ai appelé et il est sorti. L’ours l’a suivi pour se cacher dans le portique (voir la vidéo réalisée par Chantal Gélinas au bas de l'article), avant de retourner dans la maison», raconte Chantal Gélinas, qui avait encore du mal à croire qu’elle n’avait pas rêvé cette histoire, le 23 décembre. «Je pense qu’on a plus de chances de gagner à la 6/49 que d’avoir un ours dans son lit», blague-t-elle. Durant l'épisode dans la maison, l’ours n’a brisé qu’un téléphone, tombé par terre.

Olaf Ourse Barraute Refuge Pageau

©gracieuseté - Carl Normandin

Olaf, au Refuge Pageau

«C’est sûr qu’il serait mort à court terme. Il a eu de la chance, des gens ont été vigilants» - Carl Normandin

Carl Normandin

©gracieuseté - Refuge Pageau

Carl Normandin, lors de la remise en liberté d’un jeune faucon émérillon.

«C’était parfait pour moi qu’il soit dans la maison, explique Carl Normandin. J’avais alors 100% des chances de le capturer. J’ai dit aux gens de faire du bruit si jamais il tentait de ressortir. Quand je suis arrivé avec Vincent Levasseur, on avait un filet et une cage de transport. On a fermé la porte et l’ours était assis dans le salon (voir la vidéo réalisée par Chantal Gélinas au bas de l'article). J’ai beaucoup d’expérience avec les ours, ça fait peut-être 40 ou 50 que je sauve en trois ans. Il a senti ma main, puis il est parti vers la chambre. Il grattait dans la fenêtre pour sortir dehors. Je l’ai attrapé par le chignon et je l’ai ramené dans le salon dans la cage. L’intervention a peut-être duré 5 ou 10 minutes.»

«Je suis vraiment fier de ce que Carl a réussi à faire. C’est quand même quelque chose. C’est un ours d’un an et demi, ce n’est plus un bébé. Il faut connaître ça. Carl, ça fait partie de ses passions et je n’aurais pas pu l’empêcher d’y aller. Je lui lève mon chapeau. Ce qu’il a fait demande de l’expérience. C’est ça notre job dans la vie de sauver des animaux, et ce n’est pas toujours facile à réaliser. Mais là, ç’a vraiment bien été», souligne Félix Offroy.

Une blessure nuisible

Mais qu’est-ce qui a bien pu sortir Olaf de son hibernation? Le Refuge Pageau croit qu’il était affamé. Une blessure assez sérieuse au museau l’a possiblement empêché de bien se préparer pour l’hiver. «Il était tellement maigre, il devait lui manquer 40 ou 50 livres. Il était en train de mourir de faim. C’était une belle année pour les petits fruits. Sa blessure a dû l’empêcher d’en manger assez pour se faire une réserve. Puis, la neige est arrivée très tôt», précise Carl Normandin.

Au moment de sa capture, Olaf était trop faible pour subir une anesthésie qui aurait pu lui être fatale. Toutefois, le 30 décembre, après s’être reposé et avoir été nourri, il a pu être endormi et examiné par un vétérinaire. «Il s’agit finalement d’une femelle d’environ 80 livres. Sa blessure au nez est assez importante au niveau de sa respiration. Je n’ai pas de doute qu’elle va survivre. Je veux la garder au moins jusqu’en juillet ici, le temps de laisser passer la chasse à l’ours. Ensuite, si sa blessure au nez guérit bien et ne nuit pas à sa respiration, on pourra la libérer et on va sûrement inviter les gens qui ont participé à son sauvetage. Je pense notamment aux sœurs Bourassa, qui ont été mes yeux pendant que je me rendais à Barraute», souligne Carl Normandin.

Olaf vidéo 1 - crédit Chantal Gélinas

Olaf vidéo 2 - crédit Chantal Gélinas

Commentaires

9 janvier 2020

Darquise

Bravo Chantal, tu as sorti jack, il n avais rien. Et un bravo à Carl aussi d avoir sorti l ours, de ton lit, toute une belle histoire qui fini bien. Bravo Carl et ton coéquipier..

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