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21 janvier 2020

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Cinq commissions scolaires victimes d’hameçonnage

Il a fallu attendre plus d’un an avant d’en recevoir la confirmation par le Ministère

AB-HameconnageCS

©Photo Depositphotos/AndreyPopov

Cinq commissions scolaires, dont celle de la Baie-James, ont été victimes d’hameçonnage à l’automne 2018.

Cinq commissions scolaires du Québec ont été victimes d’hameçonnage au cours de l’automne 2018. Si la rédaction n’a pas été en mesure de publier cette information plus rapidement, c’est en raison de l’obstruction effectuée par le ministère de l’Éducation afin de ne pas rendre certaines données publiques. 

À l’automne 2018, les commissions scolaires de la Baie-James (CSBJ), des Chênes, des Hauts-Bois-de-l’Outaouais, du Fleuve-et-des-Lacs ainsi que des Hautes-Rivières ont été victimes d’hameçonnage. 

«La situation a été connue rapidement et , à ce jour, l’ensemble des services information est revenu à la normale. L’impact est variable d’une commission scolaire à l’autre. En aucun cas des données personnelles n’ont été rendues publiques. L’ensemble du réseau n’a pas été atteint, ni d’autres organismes gouvernementaux», pouvait-on lire dans le courriel rédigé le 8 janvier 2019 par la responsable des relations de presse du Ministère, Esther Chouinard. 

Au total, le ministère de l’Éducation a déboursé près de 500 000 $ pour régler la situation. La CSBJ a reçu le montant le plus important, soit 365 000 $. 

Correctifs majeurs à la Baie-James 

Dans la semaine du 21 janvier 2019, le directeur général de la CSBJ, Michel Laplace, avait accordé au Journal une entrevue sur le sujet. 

«C’est arrivé à la fin du mois de septembre 2018. Nous en avons eu conscience rapidement. Après une journée, nous avions environ une centaine de postes infectés. L’hypothèse est qu’un employé de la commission scolaire aurait appuyé sur un message infecté», avait-il expliqué. 

En plus de devoir désinfecter les postes visés par le virus, la CSBJ a dû complètement fermer son réseau pendant deux semaines afin d’éviter la propagation et réimager tous les 1500 postes de travail. «On s’est fait aider par le gouvernement. Dans ces cas-là, il vient en support aux organismes comme nous. Il nous a donné les instructions à suivre pour régler la situation. C’est considéré comme une panne majeure à ce moment-là. Il a fallu déterminer quels étaient les services essentiels», a poursuivi M. Laplace. 

Pour parvenir à régler la situation, la CSBJ a pu compter sur son équipe d’informatique, mais a dû également faire appel à des gens de l’externe, provenant tous de firmes locales. Des mesures de sécurité additionnelles ont été ajoutées à la suite de cet événement. Selon Michel Laplace, il n’y avait pas eu de fuite de données, ce que le Ministère nous a confirmé au début de janvier 2019. 

Bras de fer avec le Ministère 

Le Journal avait appris dès décembre 2018, grâce à une source anonyme, que plusieurs commissions scolaires au Québec avaient été victimes d’hameçonnage au cours de l’automne précédent. Au début de janvier 2019, le ministère de l’Éducation avait confirmé que cinq commissions scolaires avaient été victimes d’attaques informatiques, mais avait refusé de dire lesquelles et de préciser les coûts relatifs à l’opération d’urgence. 

Après plusieurs relances téléphoniques, le Ministère avait finalement expliqué qu’il s’agissait d’un enjeu de sécurité. «Je ne suis pas en mesure de vous transmettre le nom des commissions scolaires», avait indiqué Esther Chouinard, le 21 janvier 2019. 

Face à ce refus, la rédaction a déposé une demande d’accès à l’information auprès du ministère de l’Éducation afin d’obtenir les renseignements demandés. La réponse – négative – de la responsable de l’accès aux documents est parvenue le 18 février 2019. 

«Le Ministère ne peut donner suite à votre demande, puisque les documents visés sont formés, en substance, de renseignements dont la divulgation aurait pour effet de réduire l’efficacité d’un programme ou d’un dispositif de sécurité destiné à la sécurité d’un bien ou d’une personne», avait-on mentionné. 

Comme la requête du Journal ne concernait, a priori, aucune donnée sensible, mais uniquement l’indentification des commissions scolaires ciblées ainsi que les coûts relatifs aux correctifs, une demande de révision a donc été déposée auprès de la Commission d’accès à l’information au mois de mars 2019. 

Silence radio 

Ce n’est qu’à la fin du mois d’octobre 2019 que les choses ont commencé à bouger dans le dossier. Le Journal a d’abord reçu un avis de convocation pour une audience qui devait avoir lieu le 24 janvier 2020 afin de traiter le litige. Cependant, en décembre 2019, la Commission a proposé une médiation, ce que le Journal a accepté. 

À la suite de ce processus, l’avocat représentant le Ministère a finalement donné au Journal les renseignements demandés. Ces informations ont été reçues le 20 décembre 2019, soit exactement un an après le début des démarches du Journal. 

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