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28 janvier 2020

Il a violé sa victime lors d’un après-bal

Jérôme Inkel coupable d’agression sexuelle et de voies de fait

Jerome Inkel

©Photo tirée de Facebook

Jérôme Inkel, 20 ans, a plaidé coupable à des accusations d’agression sexuelle et de voies de fait. Il connaîtra sa sentence le 8 juin.

Jérôme Inkel, 20 ans, connaîtra, le 8 juin, sa sentence pour l’agression sexuelle qu’il a commise en juin 2017. La Couronne a demandé une peine d’emprisonnement de deux ans moins un jour.

Inkel avait plaidé coupable à des accusations d’agression sexuelle et de voies de fait en octobre 2019 au Palais de justice de Rouyn-Noranda. Les représentations sur sentence ont eu lieu le 27 janvier 2020.

Les faits qui lui étaient reprochés se sont déroulés le 18 juin 2017. Après le bal des finissants, l’accusé et la victime se rendent à un après-bal. Plus tard dans la soirée, Jérôme Inkel aurait agacé la victime à propos de sa virginité. L’accusé et la victime passent la soirée chacun de leur côté. Inkel consomme une bonne quantité d’alcool et se retrouve dans un état d’ivresse très avancé.

À un moment, ce dernier invite la victime à discuter plus loin. Il s’éloigne de l’endroit de l’après-bal pour se rendre dans une cabane à pêche non loin de là. À un certain moment, à la grande surprise de la victime, qui est âgée de 16 ans à cette époque, l’homme, âgé de 18 ans au moment des faits, l’embrasse.

La victime, qui fréquente l’ami de l’accusé, dit qu’elle ne peut pas. L’accusé continue de la déshabiller et poursuit ses avances. Elle tente de se relever, mais l’accusé la repousse. Elle n’arrive pas à se dégager. Une relation sexuelle complète a lieu sans que l’accusé n’enfile un condom.

À la suite de cela, la victime s’habille en pleurs. Inkel lui lance qu’elle aurait dû lui dire qu’elle ne voulait pas. Sur le chemin du retour, il intime à la victime de retourner à la cabane à pêche jusqu’à ce qu’on vienne la chercher. Il la pousse à deux mains, ce qui fait en sorte que la victime retourne à la cabane en attendant le signal pour revenir.

Dans les heures suivantes, une trousse médicolégale est réalisée à l’hôpital.

Jérôme Inkel sera arrêté un peu moins de deux ans après cet événement, le 12 mars 2019. Dans sa déclaration aux policiers, l’accusé affirme que sa consommation d’alcool élevée fait en sorte qu’il n’a conservé aucun souvenir de cette soirée, mais qu’il n’y a aucune raison que la victime ne mente.

Un guet-apens

La procureure de la Couronne, Me Mélissa Plante, a lu la déclaration de la victime. «Elle est courte, mais elle parle beaucoup. Il y a eu de nombreuses conséquences pour la victime», a-t-elle rapporté.

La gravité des gestes est importante, a souligné la procureure.

«C’est une agression sexuelle complète. Monsieur a profité de l’intérêt de la victime pour son ami. Il la ridiculise avant et pendant. L’agression est violente et dénigrante. C’était la première relation sexuelle de sa victime et il le savait. Elle aura toujours le souvenir de cette première relation. Il a attiré la victime dans un guet-apens» - Me Mélissa Plante

«Invincible et supérieur aux autres»

Cette dernière note plusieurs éléments dans l’évaluation psychosexuelle et dans le rapport présentenciel. «Il se sentait invincible et supérieur aux autres, ce qui dénote possiblement un manque d’estime de soi. Il a aussi pu voir la victime comme un défi. Il reconnaît sa responsabilité, mais il minimise les conséquences pour la victime, son degré de responsabilité et l’abus de pouvoir qu’il a exercé», a souligné la procureure de la Couronne.

Comme facteur atténuant, Me Mélissa Plante a noté l’absence d’antécédents, le risque de récidive faible et le fait que Jérôme Inkel est un actif pour la société. «Une peine de détention variant entre 18 mois et deux ans moins un jour prend en considération le profil de l’accusé, les facteurs aggravants et atténuants ainsi que les conséquences pour la victime», a-t-elle fait valoir.

Cette peine serait suivie d’une probation de deux ans avec les conditions usuelles, la prise de l’ADN et une inscription au Registre national des délinquants sexuels pour 20 ans.

De 90 jours à 6 mois de prison?

L’avocat de la défense, Me Pascal Jolicoeur, préférait une peine allant de 90 jours de détention discontinue à 6 mois de prison. «Ce qui est clair, c’est qu’on a un jeune homme de 20 ans qui voit sa vie hypothéquée. Être inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans a un effet dissuasif et handicapant», a-t-il mentionné.

Selon lui, Inkel démontrerait des remords. «Il ne se cache pas derrière la consommation d’alcool. Ce qu’il dit, c’est que s’il n’avait pas consommé, il n’aurait jamais fait cela. Il reconnaît les actes et prend responsabilité», a fait valoir Me Jolicoeur.

L’accusé s’est aussi exprimé devant le Tribunal après la lecture de la déclaration de la victime.

«Je n’ai jamais eu de doutes sur les conséquences. Ça me désole et ça vient me chercher énormément. Je n’aurais jamais souhaité que quelqu’un puisse vivre cela. Ça me touche et je voudrais m’excuser à elle, sa famille et ses proches» - Jérôme Inkel

La prison pas toujours la solution

Pour son avocat, une longue peine de détention n’est pas la solution. «La seule chose qui militerait pour cela serait les principes de dénonciation et de dissuasion générale. Le passage à la Cour et les accusations ont eu un impact important sur Monsieur. Il a été ostracisé par son cercle d’amis et il s’est retrouvé isolé. Il a rencontré un psychothérapeute. Il a réduit sa consommation d’alcool. Il complète présentement ses études et il travaille. L’incarcération n’est pas toujours la solution. On fait face à un évènement isolé. M. Inkel ne sera pas une personne qui sera criminalisée à nouveau», a-t-il exposé.

Me Pascal Jolicoeur croit que sa proposition de peine favoriserait la réinsertion d’Inkel. «Si jamais vous optez pour une peine de prison ferme, il serait approprié qu’elle soit imposée après la fin des études de Monsieur», a-t-il fait valoir au juge Marc E. Grimard.

Ce dernier a pris la cause en délibéré et prononcera la sentence le 8 juin.

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