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Justice

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29 janvier 2020

Marc-André Gemme - magemme@lexismedia.ca

Il a agressé sexuellement son petit cousin de 11 ans dans le bois

Il aura fallu plus de 40 ans à Michel Bruneau pour dénoncer son agresseur

Donat Bruneau

©Photo Le Citoyen – Marc-André Gemme

Donat Bruneau à sa sortie du Palais de justice de La Sarre.

Alors qu’il n’avait que 11 ans, Michel Bruneau a été agressé sexuellement par quelqu’un en qui il aurait dû avoir confiance. Cet homme, c’est Donat Bruneau, le cousin de son père. Il a isolé sa victime en forêt pour l’agresser sexuellement. Plus de 40 ans plus tard, Donat Bruneau sera puni pour son crime. 

Le 29 janvier 2020 au Palais de justice de La Sarre, le juge Thierry Potvin a entendu les représentations sur sentence de la procureure de la Couronne, Me Joannie Marion, et de l’avocat de Donat Bruneau, Me Daniel Brière-Desfossés. 

Donat Bruneau, qui n’habite plus la région depuis de nombreuses années, a été trouvé coupable d’attentat à la pudeur d’une personne mineure de sexe masculin. Il continue cependant de nier les faits. 

Le juge Potvin rendra sa sentence le 23 avril. À la demande de Michel Bruneau, qui souhaitait que toute l’histoire soit rendue publique, il a aussi levé l’ordonnance qui interdisait aux médias de rapporter toute information permettant d’identifier la victime. 

Pas de terrain d’entente 

Les deux avocats n’ont pu réussir à s’entendre sur une peine commune. La Couronne considère que Donat Bruneau mérite une peine d’emprisonnement de neuf mois pour avoir prodigué une fellation à son petit cousin Michel, qui n’était âgé que de 11 ans lors des faits. La défense fait plutôt valoir qu’une peine de prison de 15 mois dans la collectivité servirait amplement à punir l’accusé. 

Une vie brisée 

Avant les représentations des deux avocats, le juge Thierry Potvin a entendu le témoignage de la victime. 

«Au départ, j’étais un petit gars de 10-11 ans qui n’avait pas de problèmes dans la vie, a raconté Michel Bruneau. On n’était pas riches, mais on n’était pas pauvres. Une chose dont je n’avais pas besoin dans ma vie, c’était de Donat Bruneau.» 

Aujourd’hui âgé de 52 ans, Michel Bruneau a raconté au juge que cet événement l’a marqué à jamais. Lui et quelques-uns de ses amis jouaient dans la forêt tout près de leurs domiciles dans le coin d’Authier-Nord en Abitibi-Ouest. Un jour, Donat Bruneau a suivi les jeunes dans la forêt et a trouvé un moyen d’isoler le fils de son cousin afin de l’agresser sexuellement. 

«Cet événement-là a fait sortir de moi un animal dangereux, qui est devenu violent, qui est passé par les écoles de réforme, la prison, la drogue, la boisson et les batailles à ne plus finir, a évoqué Michel Bruneau. Je suis devenu un homme qui n’avait pas de respect envers les gens ou la société.» 

Toute sa vie, sa sexualité a été difficile. Encore aujourd’hui, il est incapable de poser certains gestes avec son amoureuse. 

Une revanche insatisfaisante 

Incapable d’affronter sa rage et de parler à haute voix de ce qui lui était arrivé, Michel Bruneau a laissé ses instincts primaires parler. Au début des années 2000, il a battu Donat Bruneau. 

«J’ai passé pour un sans-dessein parce que j’avais battu une personne respectable. Mais je n’avais pas battu une personne respectable: je me suis fait justice moi-même parce qu’à 12 ans, je n’avais pas été capable de le faire», a-t-il relaté. 

Or, malgré la raclée qu’il a donnée à son agresseur, Michel Bruneau ne se sentait pas en paix. Il lui aura fallu encore plusieurs années – et de la thérapie – pour pouvoir enfin dénoncer Donat Bruneau aux bonnes autorités. 

L’âge en jeux 

Lors des représentations sur sentence, Me Joannie Marion a tenté de convaincre le juge Potvin que contraindre un homme âgé de plus de 80 ans, peu actif, à rester isolé à son domicile n’était pas vraiment une punition puisque le sursis ne changerait pas grand-chose au quotidien de Donat Bruneau. Le juge a émis des réticences face aux arguments de la procureure, mais cette dernière a fait valoir que les sentences de détention rendues dans des dossiers de ce genre encourageaient les victimes à dénoncer. 

Du côté de la défense, Me Brière-Desfossés a plutôt défendu sa proposition en expliquant qu’un emprisonnement par sursis reste une peine sévère et qu’il viendrait restreindre la liberté de Donat Bruneau. 

Bien qu’il n’ait pas utilisé le fait que Michel Bruneau avait battu son agresseur comme facteur atténuant à la peine, Me Brière-Desfossés a soutenu que depuis cette agression physique, son client vit dans la peur d’autres représailles. 

 

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