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13 février 2020

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Yvon Lambert ou l’art de se relever

Président d’honneur du Tournoi midget d’Amos

Yvon Lambert

©gracieuseté - Michel Lepage

Yvon Lambert

Yvon Lambert a connu une superbe carrière professionnelle, avec quatre conquêtes consécutives de la Coupe Stanley au sein des Canadiens de Montréal. Pour y parvenir, il a dû apprendre à se relever, tirer des leçons et saisir les opportunités.

Le président d’honneur du 57e Tournoi national midget d’Amos a livré un témoignage empreint d’authenticité, lors du souper des gouverneurs, le 11 février. Auteur de 206 buts et 479 points dans la Ligue nationale de hockey, l’ancien ailier gauche du tricolore a reçu sa première paire de patins à 13 ans. Et ce n’est qu’à 15 ans qu’il a commencé à jouer au hockey. Ignoré au repêchage junior B, il s’est inscrit à 16 ans dans une ligue intermédiaire pour adultes.

«Il y a trois personnes dans ma vie qui m’ont aidé énormément et pour qui j’aurai toujours un grand respect. Le premier, c’est Réjean Bergeron, qui coachait un club intermédiaire à Drummondville. Il a fait un club étoile et on est allé jouer près de Boston. On a gagné le tournoi et en revenant, j’avais 17 ans, il m’a dit d’aller voir Maurice Filion, qui coachait alors les Rangers de Drummondville. C’est la deuxième personne. Il m’a demandé si je voulais jouer au hockey. C’est sûr que je veux jouer! N’importe où! N’importe quand! Il m’a envoyé junior B à Montréal-Est, dans le club ferme des Rangers», a-t-il ressassé, saisissant une première opportunité.

Le coup d'Henri Richard

Yvon Lambert a ensuite joué deux saisons avec les Rangers. Recrue de l’année, il ne savourera pas de titre en équipe. «Il y a juste dans le junior majeur que je n’ai pas gagné dans ma vie. J’ai eu un trophée individuel, mais ce que je voulais, c’était gagner avec mon équipe», a-t-il indiqué. À l’été 1969, Maurice Filion le convoque pour lui expliquer qu’il sera repêché dans la LNH. «Je travaillais tellement fort, je voulais améliorer mon handicap, mon coup de patin. Il m’a dit qu’il y avait une affaire que je devais améliorer, et c’était ma discipline personnelle. Disons que j’avais de la misère avec les couvre-feux. Je suis sorti de son bureau, je pleurais quasiment. J’ai lâché mes études pour me concentrer sur le hockey. Discipliné, je n’ai plus manqué un couvre-feu», a relaté celui qui a été repêché par les Red Wings de Detroit.

Aline Larochelle Yvon Lambert

©gracieuseté - Michel Lepage

En guise de cadeau, Yvon Lambert a reçu une toile de l’artiste Aline Larochelle. Intitulée «Ça sent la Coupe», l’oeuvre rappelle le passé glorieux de M. Lambert avec Mario Tremblay et Doug Risebrough, avec qui il a longtemps formé un trio.

«Quand tu as gagné, tu veux rester gagnant. C’est une guerre à tous les matchs, tout le monde veut te battre» - Yvon Lambert

Retranché au camp d’entraînement, il est allé remporter la Coupe Turner avec Port Huron dans la Ligue internationale. Alors qu’il devait rejoindre le grand club la saison suivante, il apprend dans le Montréal Matin qu’il est échangé aux Canadiens en août 1971. «J’avais 21 ans et j’étais probablement le gars le plus malheureux. Mon handicap, c’était mon coup de patin. Chez les Canadiens, la priorité, c’était la vitesse», a évoqué celui qui a été retranché à son premier camp. Avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse dans la Ligue américaine, il a dû prendre son mal en patience pendant quatre mois avant d’enfin obtenir la chance de se faire valoir. Le nouvel entraîneur-chef Al MacNeil, qui venait de gagner la Coupe Stanley avec le CH, mise sur sa robustesse. «Deux buts, deux bagarres et la 1re étoile! À partir de ce match, j’ai toujours été joueur régulier jusqu’à ma retraite. On a gagné la Coupe Calder (1972)», a-t-il rappelé.

La saison suivante, il termine en tête des compteurs dans la Ligue américaine et les Canadiens lui offrent un premier contrat. C’est là qu’une troisième personne contribuera à ses succès. «J’arrive magané à une pratique. On fait du 5 contre 5 et je reçois un méchant coup de hockey en arrière de la jambe. Je me retourne pour me battre. Oups, c’est Henri Richard! Je garde mes gants. Henri me regarde en pleine face. Hey Lambert, si t’es capable de sortir, t’es capable de travailler. Ça m’a donné toute une leçon. J’ai réalisé pourquoi il avait gagné 11 coupes Stanley. Pour lui, une pratique, c’était une game. J’ai continué à fêter, mais quand je mettais une paire de patins, je travaillais en ta…», a-t-il assuré.

Superstar de 24 heures

On connaît la suite. Une saison record de seulement 8 défaites et 132 points en 1976-1977, et quatre coupes Stanley de suite, dont la dernière remportée grâce à son fameux but dans la prolongation du 7e match de la série demi-finale contre les Bruins de Boston, le 10 mai 1979. «J’ai vécu pendant 24 heures comme une superstar. Je réalisais ce que vivaient des Guy Lafleur, des Bobby Orr, des Bobby Hull. Ça n’a pas de bon sang. Partout où j’étais au centre-ville, tout le monde voulait me toucher. Mais après 24 heures, c’est revenu à la normale, je suis retombé sur la troisième ligne. Au moins, je l’ai vécu pendant 24 heures!», a-t-il confié en riant.

Yvon Lambert n’aura pas eu la chance de terminer sa carrière à Montréal, alors qu’il n’a pas été protégé en 1981. Un baume: c’est son ancien coach des Canadiens qui l’a réclamé, Scotty Bowman, avec les Sabres de Buffalo. Après une saison, il a été rétrogradé dans la Ligue américaine avec les Americans de Rochester, un autre coup dur, mais il a de nouveau remporté la Coupe Calder, en 1983, avant de se retirer.

Son ancien coéquipier Serge Savard l’a ramené dans l’organisation du CH. Après avoir œuvré en restauration, il a travaillé à temps plein avec les Canadiens de 1994 à 2005, côtoyant son idole Jean Béliveau aux ventes et au marketing. Il a ensuite lancé sa propre entreprise avec sa conjointe Danielle Caron, originaire d’Amos. Il participe à plus de 130 événements par année. «Autant j’étais malheureux en 1971 quand j’ai été échangé aux Canadiens, autant je leur dois tout ce que j’ai aujourd’hui et j’en profite encore énormément. De 1975 à 1980, j’ai vécu les plus belles années de ma vie. Les anciens Canadiens, on est choyés. Il y a eu des problèmes, des hauts et des bas, mais j’ai pu rencontrer des gens extraordinaires et vivre des moments inoubliables», a conclu Yvon Lambert.

 

Le but d'Yvon Lambert - 10 mai 1979

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