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17 février 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Palmarès des cégeps: un exercice «trompeur et dangereux»

La direction régionale et le syndicat des enseignants dénoncent l’utilisation du taux de diplomation comme unique facteur de calcul

AB-FondsPauvrete

©Photo Karine Aubin/Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue

Aussi bien la direction du Cégep que le syndicat des enseignants ont dénoncé le premier Palmarès des cégeps. Le taux de diplomation utilisé comme unique facteur d’évaluation ne donnerait pas une image juste, soutiennent-ils.

Alors que le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue traîne de la patte dans plusieurs programmes dans le premier Palmarès des cégeps, aussi bien la direction du collège régional que le syndicat des enseignants dénoncent cet exercice, qu’ils qualifient de «trompeur et dangereux pour l’éducation collégiale en région».

Le 15 février, le Journal de Québec a publié la toute première édition du Palmarès des cégeps. Celui compare, à partir du taux de diplomation, les 52 établissements collégiaux publics du Québec. Il s’agit d’un exercice similaire à celui du palmarès des écoles secondaires, un exercice de plus en plus controversé et décrié depuis son apparition, il y a plus de 10 ans.

Le Journal de Québec a d’ailleurs tenu à préciser que le taux de diplomation n’est pas un indicateur absolu de la performance de chaque cégep. «Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une des rares mesures fiables permettant de comparer les collèges», a justifié l’éditeur et rédacteur en chef Sébastien Ménard, responsable du projet.

Résultats en dents de scie

Alors que le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue fait quand même bonne figure dans certains programmes, par exemple en Sciences de la nature et en Techniques policières, avec des taux de diplomation respectifs de 87,1 % et de 82,7 %, cela le place quand même au 20e rang des 52 cégeps du Québec pour le premier programme et au 6e rang des 9 cégeps qui offrent le second.

Pour les neuf autres programmes évalués dans le palmarès, le taux de diplomation du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue varie de 72,0 % (12/44) en Techniques de comptabilité de gestion à 38,8 % (16/19) en Techniques d’éducation à l’enfance.

«Va-t-on nous pousser, comme la tendance semble se dessiner, à faire passer plus d’étudiants pour augmenter notre classement?» - Philippe Marquis

Pas de mise en contexte

Comme le faisaient depuis plusieurs années les directions des défuntes commissions scolaires, la direction du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue a refusé de commenter le palmarès. «Ce classement ne tient compte que d’un seul élément lié à la réussite au collégial, alors que celle-ci dépend d’une multitude de facteurs propres à chaque étudiant, chaque établissement et chaque région du Québec», a-t-elle fait valoir, par voie de communiqué.

Le Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue (SEECAT) a été plus virulent, dénonçant un exercice qualifié de «trompeur et dangereux» et faisant appel à des données exposées sans mises en contexte, notamment les milieux où sont localisés les institutions et les particularités des effectifs étudiants. «Va-t-on nous pousser, comme la tendance semble se dessiner, à faire passer plus d’étudiants pour augmenter notre classement?», s’est interrogé Philippe Marquis, porte-parole du syndicat.

Le SEECAT s’interroge aussi sur le moment choisi pour la publication du palmarès, soit juste avant la valse des inscriptions au cégep. «Nous y voyons un réel danger, a signalé M. Marquis. Certains étudiants de la région risquent de choisir de s’inscrire à l’extérieur de ne pas revenir. Avec la pénurie de main-d’œuvre que nous connaissons, nous ne pouvons nous le permettre.»

Une meilleure solution

À l’aube des négociations des conditions de travail des employés de l’État, le SEECAT a invité le gouvernement Legault à plutôt réinvestir en éducation s’il veut hausser le taux de diplomation. «Cela veut dire diminuer le nombre d’étudiants par classe, augmenter l’embauche de personnel de soutien et valoriser la profession enseignante. Bref, il faut faire tout le contraire des 30 dernières années», a fait valoir Philippe Marquis.

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