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21 février 2020

Oxyder: 4 ans de prison pour Naiian Brière-Gauthier

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©Photo - Archives

Un premier accusé du Projet Oxyder – cette opération policière d’envergure visant à contrer le trafic de stupéfiants dans la région – a plaidé coupable et reçu sa peine, vendredi matin. Naiian Brière-Gauthier écope de quatre ans de pénitencier pour avoir comploté de vendre et d’avoir vendu du cannabis et de la cocaïne au profit d’une organisation criminelle.

Plusieurs membres de sa famille ainsi que des amis étaient présents au Palais de justice de Val-d’Or lors du prononcé de la sentence. L’accusé, âgé de 22 ans, a purgé de manière préventive 357 jours, puisqu’il purgeait déjà une peine pour violence et possession d’armes lors des arrestations d’Oxyder, en novembre 2018. Comme ces jours comptent pour 1,5 jour (temps et demi), il lui reste environ deux ans et demi à purger dans un pénitencier fédéral.

Brière-Gauthier devra également fournir son ADN et ne pas communiquer avec les huit autres coaccusés d’Oxyder ainsi que trois autres personnes durant sa période de détention. Son plaidoyer de culpabilité lui a permis d’être acquitté de certaines autres accusations qui pesaient contre lui, dont celle d’avoir été en possession d’une arme prohibée (un poing américain).

Suggestion commune

Cette peine découle d’une suggestion commune de l’avocate de la défense, Me Marlaine Harton, et de la procureure de la Couronne, Me Andrée-Anne Gagnon.

«L’accusé a un bon réseau familial. Il a une petite fille d’un an et n’a pas eu de contacts avec elle en dehors des murs de la prison. Il souhaite assumer son rôle de père et il a suivi des programmes pour la dépendance à l’alcool et au cannabis, sur la violence et sur l’impact de la vente de stupéfiants. Il est conscient qu’il avait un problème et ne consomme plus depuis 16 mois, a fait valoir Me Harton. Il veut poursuivre ce cheminement après sa détention et espère travailler dans les mines à sa sortie», a-t-elle ajouté.

Pour sa part, Me Gagnon a souligné le plaidoyer de culpabilité de l’accusé ainsi que son très jeune âge. «S’il prouve qu’il poursuit son cheminement et qu’il souhaite réellement travailler dans le domaine des mines, je ne pense pas avoir d’objection sur l’article 109», a-t-elle précisé. Cet article est une ordonnance interdisant à l’accusé de posséder des armes à feu ou d’être en contact avec des substances explosives.

Remontrances du juge

Le juge de la Cour du Québec, Jacques Ladouceur, n’a pas mâché ses mots et s’est adressé directement à Naiian Brière-Gauthier. Ce dernier a semblé attentif aux conseils du magistrat.

«Je souhaite que vous puissiez vous réhabiliter et mener une vie honnête. Vous avez la chance d’avoir derrière vous votre famille. Ils ont certainement confiance que vous sortirez du milieu criminalisé, que vous prendrez soin de votre enfant et qu’ils n’auront plus à s’inquiéter de ce que vous ferez de votre avenir. Ils vous tendent la main, mais ce ne sera pas facile, a prévenu le juge Ladouceur.

«Vous allez en prison et vous aurez de la pression des personnes détenues pour préparer votre retour après votre sortie. Vous devrez faire preuve de courage et passer à l’action sur ce que vous dites à votre famille et ce que vous ferez réellement. Vous devrez exprimer le souhait de passer à autre chose et de mener une vie normale», a mentionné le magistrat.

Le juge Ladouceur a également rappelé les dégâts de la drogue sur la société et l’importance pour l’accusé de réfléchir à quelle voie il choisira. «La vie criminelle pouvait sembler apporter certains avantages. Mais comme ancien avocat durant 30 ans et bientôt juge depuis 5 ans, j’ai pu constater que les histoires se finissent toujours mal : emprisonné ou de façon plus dramatique. C’est un milieu de méfiance où l’on ne sait plus qui sont nos amis et on doit souvent dormir avec une arme. Le choix de vie que vous prendrez vous appartient, mais j’espère que vous choisirez une vie libre et productive», a-t-il ajouté en s’adressant toujours à l’accusé.

Retour en cour

Si les procédures sont réglées pour Naiian Brière-Gauthier, le Projet Oxyder est loin d’être terminé. Il reste huit autres personnes accusées de trafic de stupéfiants, de complot pour faire le trafic de drogue et de gangstérisme pour des faits qui seraient survenus entre février et décembre 2017.

Guillaume Langevin, de Malartic, plaiderait coupable le 19 mars, alors que Yannyck Simard, d’Amos, qui plaiderait aussi coupable, devrait recevoir sa sentence le 27 avril. À cette dernière date, des requêtes seront présentées par les avocats de la défense en lien avec la communication de la preuve. Le juge Ladouceur devrait rendre sa décision le 14 mai à ce sujet. D’autres requêtes seront présentées l’automne prochain sur l’exclusion des perquisitions et sur la contestation de mandats.

Jusqu’à nouvel ordre, Gyslain Guay, Denis Savard, Martin Boucher, Éric Robidoux, Guillaume Fillion-Beaumont et Miguel Laliberté se dirigent vers un procès.

Rappelons que les neuf coaccusés du Projet Oxyder ont été épinglés à l’automne et l’hiver 2018-2019 dans le cadre d’une vaste enquête policière dont l’objectif était de démanteler un réseau qui, selon la Sûreté du Québec, contrôlait le trafic de stupéfiants en Abitibi-Témiscamingue et dans le nord-est de l’Ontario.

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