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01 mars 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Le «fly-in/fly-out» source de problèmes de santé psychologiques

Cette forme particulière de travail comporterait aussi des aspects positifs

PR-Minesflyinflyout

©Photo Goldcorp

La mine Éléonore de Newmont (anciennement de Goldcorp) figure parmi les rares mines québécoises qui recourent actuellement au navettage aérien.

Le navettage aérien («fly-in/fly-out») mis en place par certaines sociétés minières pour opérer les mines du Nord québécois pourrait contribuer à l’émergence de problèmes de santé psychologique chez plusieurs mineurs.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) s’est récemment penché sur la question. Comme cette pratique est encore relativement peu fréquente au Québec, l’INSPQ a analysé des écrits scientifiques traitant principalement de l’Australie, un pays où ce mode de gestion de la main-d’œuvre minière est présent depuis les années 1970, ainsi qu’une thèse ontarienne. Ces études, au nombre de 13, couvraient la période du 1er janvier 2005 au 20 mars 2017.

Beaucoup de fatigue et d’isolement

Il ressort de cet examen que la fatigue est le plus important thème abordé par les travailleurs. Dans une proportion de 45 %, les répondants auraient déclaré être souvent très fatigués, tandis que 70 % ont mentionné éprouver des problèmes de sommeil.

Cette fatigue est associée aux longues heures de travail quotidiennes et à des cycles où le nombre de jours de travail consécutifs dépasse celui des jours de repos (par exemple, des cycles 21/14 ou 14/7). L’INSPQ a d’ailleurs noté que plus le ratio entre périodes de travail et périodes de congé est élevé, plus les travailleurs sont à risque de développer un trouble de santé psychologique sévère pouvant même aller jusqu’à la dépression et au suicide.

Le style de vie très particulier qui découle du navettage aérien, avec de longues et fréquentes périodes d’éloignement de la famille et des proches, peut également contribuer à un sentiment d’isolement chez les travailleurs miniers.

Parfois, il est aussi source de conflits conjugaux et d’inquiétudes chez les travailleurs. Le fait de se sentir loin de sa famille, surtout lorsqu’une urgence survient, le manque de participation active à la vie familiale et l’incapacité à conserver une routine de vie stable peuvent engendrer de la détresse. Chez les célibataires, certains ont exprimé des difficultés à maintenir des relations personnelles, ce qui dégraderait leur vie sociale.

Des impacts positifs

Tout n’est cependant pas si noir. Selon les études colligées par l’INSPQ, le travail minier qui recourt au navettage aérien ferait aussi apparaître une forme particulière de soutien social entre collègues. En raison de leur proximité durant de longues périodes, il serait ainsi fréquent que des travailleurs veillent les uns sur les autres et se confient sur leurs difficultés personnelles.

De plus, grâce à la disponibilité des technologies de communication, il est plus facile pour les travailleurs loin de leur domicile de contacter plus fréquemment leurs proches, ce qui contribue à briser l’isolement.

Des solutions faciles à reproduire

Afin de réduire l’ampleur des impacts négatifs et maximiser le volet positif, l’INSPQ estime que plusieurs solutions mises de l’avant dans les études australiennes pourraient s’appliquer au contexte minier québécois.

Parmi celles-ci figurent la mise en place de pratiques qui encouragent le soutien social, notamment le parrainage des nouveaux employés par des collègues plus expérimentés. L’ampleur des problèmes de fatigue excessive pourrait quant à elle être réduite par une révision de la durée des cycles et du nombre d’heures de travail consécutives. Enfin, une plus grande autonomie dans la réalisation de leurs tâches pourrait accroître le sentiment de valorisation et de fierté chez les travailleurs.

Commentaires

2 mars 2020

Ross Bouchard

Avant à la baie de James c etait 54 a10

2 mars 2020

Rachel Milne

Ma compagnie a trois sites à navettage aérien. Et les cycles sont 14/14 ou 21/21.

2 mars 2020

Yvon Bourgouin

Ce n'est pas si rare que ça; Canadian Royalties, Raglan, Renard, Éléonore en plus de plusieurs mines à Fermont.

2 mars 2020

Denis Bureau

Cette stratégie du « Fly in Fly out » a toujours été fortement critiquée (avec raison) par les communautés nordiques, et cela depuis des décennies, car elle n’incite pas les travailleurs et leurs familles à vivre et s’établir dans ces communautés. Il faut se demander si l’Abitibi se serait autant développée, si de telles politiques auraient prévalues du temps de la colonisation ? Pourquoi en irait-il autrement pour les communautés plus au nord ? Après plus de 50 ans, on invoque encore les mêmes sempiternels arguments à l’effet que les grandes sociétés ne parviendraient pas à recruter les travailleurs autrement ! Est-ce si vrai ? Et si ces grandes sociétés étaient plutôt incitées par des politiques gouvernementales à investir dans des infrastructures d’accueil, comme l’ont fait à une certaine époque la Noranda, la Siscoe et toutes les autres qui ont donné naissance aux villes abitibiennes ?

3 mars 2020

Alain Legros

Avec des run de 14/14 pour moi c un monde ideal , t’a pas le temps de te brûler et tu est plus souvent a la maison, en tout ca j’ai faite des run de 28/14 aussi mais plus jamais je referais ca a moins d’avoir vraiment besoin de sous

3 mars 2020

William moar

Cela fait 4 ans qie je suis séparé et je suis toujours célibataire... c'eat tres difficile de développer une vie social et relationnelle à la fois sur des horaire de 14/7, 21/7 et en 2017 je suis partie 7 semaines consécutives. Par ailleurs depuis que j'ai fait un retour à la normal du lundi au vendredi ans la construction avec beaucoup plus d'avantages que travailler hors decret sans condition, j'ai réalisé que je n'améliorait pas du tout mon sort d'aller travailler loin de mes enfanrs. L'ex veut plus d'argent et enlever de la garde ... pendant ce temps tu t'isoles de ta famille et tes proches pour une paye pas si incroyable que ca ... tu arrives chez toi, ton ki ge reste dans tes valises, et a long terme vivre ainsi nous désenracine de jotre lien d'appartenance de notre milieu de vie. Tu reviens em vacances 14 jours... tu en perds 2 pour le voyagement, tu reviens et les enfants sont a l'ecole, ta femme au travail, tes amis aussi pendant ce temps la tu es sensé trouvé ca ben cool ton 14/14 Tout ca au nom de "faire de l'argent" .... aussi bien rester sur la construction

5 mars 2020

Benjamin Hernandez

Merci pour cet article qui suscite la réflexion. Je m'avance à dire que "toute situation comporte des pour et de contres", comme le dit le titre. Cependant, les individus doivent se poser la question si cela leur convient, si cela va bien avec leur "étape" de vie. Personnellement, l'opportunité de travailler en "fly-in/fly-out" est arrivé à un bon moment dans ma vie: enfants adultes et autonomes, relation de couple "mature" en plus d'une opportunité de découvrir un autre mode de vie. Depuis, j'invite les gens à se poser les questions sur l'impact possible basé surs des faits, tels les recherches et des articles comme celui-ci, pour évaluer la pertinence d'accepter de travail par rotations. L'impact psychosocial va plus loin que ce qui est partagé ici. Comme le mentionne William moar, il y a des choix à faire en fonction de notre réalité, cela ne fonctionne pas pour tous, mais il y a aussi du bon dans ce mode de vie.

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