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04 mars 2020

Marc-André Gemme - magemme@lexismedia.ca

Vroom fermera ses portes

Le projet Vroom prendra fin après six ans d’existence

vroom la sarre

©Photo tirée de Facebook

La boutique fermera définitivement ses portes le 30 juin prochain. 

En six ans d’existence, ce sont plus d’une centaine de jeunes qui ont pu bénéficier du projet Vroom pour les aider à réintégrer le marché du travail. La réalité d’aujourd’hui a malheureusement changé et le modèle de la boutique-école n’est plus rentable.

Au départ, l’initiative Vroom avait pour but premier d’aider les jeunes à réintégrer le marché du travail en leur donnant une expérience en vente et en réparation de vélos. De plus, la boutique donnait accès à des produits de niche liés à la mode, aux vélos, à la planche à roulettes et à d’autres sports populaires. 

Avec le taux de chômage à son plus bas depuis des décennies et les achats en ligne de plus en plus populaire, les deux missions de la boutique se retrouvent pratiquement impossibles à atteindre en 2020. 

«Parmi les emplois les plus en demande, on retrouve souvent des postes dans des commerces de détail, a affirmé Sébastien Bélisle, directeur général du Carrefour Jeunesse Emploi d'Abitibi-Ouest (CJEAO), organisme qui chapeautait le projet Vroom. On se disait donc que ça serait intéressant d’offrir de l’expérience à des jeunes dans ce domaine puisque ça ne requiert pas de spécialisation.» 

Difficile de trouver des participants 

Le projet était à l’origine conçu pour accueillir une quinzaine de jeunes chaque année. Depuis quelques années, le nombre avait diminué à 10, mais l’année dernière, le projet n’a eu que sept participants. 

En plus d’avoir de la difficulté à trouver des participants au programme de préparation à l’emploi (PPE), ceux qui s’y inscrivaient encore n’étaient pas nécessairement adaptés pour le commerce de détail. «On était rendu avec des jeunes vraiment loin d’intégrer le marché du travail, a expliqué Sébastien Bélisle. Soit qu’ils avaient des problèmes de santé, des troubles d’apprentissage ou d’autres problématiques qui faisaient en sorte qu’ils avaient de la difficulté à s’occuper des clients ou de l’inventaire.» 

Le modèle du PPE n’est pas fait pour s’occuper d’une telle clientèle. 

Taux de chômage et internet 

«Il y a six ans, le taux de chômage était pas mal plus élevé, les gens se cherchaient des emplois et on pouvait avoir du monde, a relaté Sébastien Bélisle. Aujourd’hui, avec un taux de chômage autour de 4%, les jeunes qui veulent travailler ont juste besoin d’un petit coup de pouce et ils se trouvent un emploi.» 

Le manque d’employés posait un problème important. Pour accueillir les clients, il faut quelqu’un de présent. Mais sans employés, il était difficile de garder la boutique ouverte. «On ouvrait, on ne faisait pas de ventes, mais on ouvrait quand même», a-t-il lancé. 

De plus, la concurrence des boutiques en ligne faisait définitivement mal au commerce. «Les géants comme Amazon sont capables de vendre certains produits moins chers que ce qu'on avait payé, a affirmé M. Bélisle. Les gens nous disaient parfois qu’on était cher, mais on n’a pas le choix. On n’est pas pour vendre moins cher que ce qu’on a payé.» 

Ouvert à transférer 

Dans son modèle actuel, la boutique-école ne fonctionne pas. Mais Sébastien Bélisle croit qu’un privé pourrait certainement trouver un moyen de rentabiliser le tout. «Quelqu’un de passionné qui veut faire rouler la boutique sans l’aspect d’intervention sociale pourrait probablement tirer son épingle du jeu», a-t-il souligné. 

Les gens intéressés par reprendre la boutique ou le fond du commerce sont invités à communiquer avec le CJEAO pour discuter des possibilités. 

Si personne ne se présente pour reprendre l’inventaire, l’équipe fera la liquidation des produits qui sont en boutique avant la fin du bail, soit le 30 juin prochain. 

Une suite pour le PPE 

Bien que la boutique Vroom fermera ses portes, l’idée du PPE demeure au sein de l’équipe du CJEAO. «On veut ajouter un laboratoire de fabrication dans notre incubateur d’entreprise [La Shop], a expliqué Sébastien Bélisle. Ce projet-là ne nécessite pas d’heures d’ouverture, il n’y a pas de pression d’interagir avec des clients. Donc, on pourrait faire des groupes de jeunes qui viendraient quelques jours par semaine pour travailler sur de la fabrication.» 

Depuis sa mise en place il y a six ans, le projet Vroom est venu en aide à plus de 75 jeunes. La boutique a également servi d’outil de persévérance scolaire pour les jeunes de la Polyno qui pouvaient venir donner du temps en échange d’efforts dans leurs cours. 

Une équipe mobile faisait également le tour des écoles et des comités locaux à travers l’Abitibi-Ouest pour montrer et faire essayer divers équipements sportifs. Ce sont donc des centaines de jeunes qui ont pu bénéficier d’un coup de main du projet Vroom. 

 

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