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12 mai 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Un autre pionnier de Rouyn-Noranda s’éteint

Ancien chef pompier de la caserne de Rouyn, Jean Racicot a joué les anges gardiens pendant plusieurs décennies

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©Famille Racicot

Arrivé à Rouyn à l’âge de 17 ans (la Ville n’en avait officiellement que 15), Jean Racicot a joué un rôle de pionnier dans le développement de la municipalité.

Rouyn-Noranda a perdu un autre de ses pionniers. Jean Racicot, qui avait assumé la fonction de chef des pompiers de Rouyn de 1968 jusqu’à la fusion des Villes Sœurs, en 1986, est décédé le 24 avril des suites d’un accident vasculaire cérébral. Il était âgé de 95 ans.

Né en 1924 à Laverlochère au Témiscamingue, M. Racicot a déménagé à Rouyn à l’automne 1941. Il était alors âgé de 17 ans. Durant l’été qui avait précédé son arrivée, il avait travaillé au service des messageries du Canadien National. Son rôle consistait alors à livrer un peu partout en ville l’abondante marchandise qui arrivait par train à la gare du CN, mais aussi aux deux gares de l’ONR.

Au départ, il devait s’agir d’un emploi d’été, mais 15 jours après son retour à la maison, le CN l’a informé par télégramme qu’il lui offrait un poste permanent. Or, en raison de la guerre, Jean Racicot a dû faire son service militaire. Deux ans plus tard, en 1943, il entrait définitivement aux messageries du CN. Il y a travaillé jusqu’en 1957, année où il a fait le saut dans le domaine de l’assurance en association avec Noël Guimond, qui avait déjà une clientèle établie à Rouyn. Il a poursuivi sa carrière de courtier en assurances jusqu’en 1986, où il a pris une retraite bien méritée.

44 ans à jouer les anges gardiens

En parallèle, M. Racicot a poursuivi une carrière de pompier volontaire à la Brigade de Rouyn, de 1942 à 1986. Il avait commencé comme simple sapeur pour ensuite devenir secrétaire à l’administration, puis directeur assistant. Lorsque le chef d’alors a pris sa retraite, Jean Racicot l’a remplacé. C’était en 1968. Il a conservé ce poste jusqu’au 31 décembre 1986, soit six mois après sa retraite de l’assurance. C’était aussi la date de la fusion des villes de Rouyn et Noranda.

«Mon père adorait sa tâche de pompier. Pour lui, c’était comme un club social. Ça lui permettait de rencontrer plein de gens, tout en veillant sur la sécurité de tout le monde. Il a assumé ce rôle pendant 44 ans, dont 18 ans à titre de chef de la brigade. Et toujours sur une base volontaire, car il continuait à travailler dans les assurances pendant ce temps-là», a mentionné un de ses fils, le notaire retraité Jean-Luc Racicot.

Aider un maximum de gens

Jean Racicot était très impliqué dans sa communauté. De 1961 à 1997, il avait ainsi fait partie de la Commission de crédit à la Caisse Desjardins de Rouyn-Noranda (qui portait alors encore le nom de Caisse populaire). «Il faisait partie d’un comité de trois personnes chargées d’approuver les prêts. À tous les lundis, il se rendait sur place pour examiner les demandes. Tout ça, c’était fait de manière bénévole. Pour mon père, c’était important d’aider un maximum de gens», a raconté Jean-Luc Racicot.

À compter de 1990, M. Racicot s’est également impliqué de manière très active au sein de la Société d’histoire de Rouyn-Noranda, où il a signé plusieurs articles.

Un amour inconditionnel pour la chasse

Sa plus grande passion demeurait cependant la chasse. «Il adorait se rendre à ce qu’il appelait son ʺClub Chevreuilʺ, un ancien club privé dans la région de Mattawa maintenant devenu une zec. Encore en octobre 2019, il était allé chasser. Et en février 2020, il nous disait qu’il avait hâte que la saison ouvre parce qu’il avait hâte de retourner dans le bois», a relaté Jean-Luc Racicot.

«Mon père aimait tellement la chasse qu’un jour, ma mère, Marguerite Demers, aujourd’hui décédée, nous avait dit: ʺSi jamais je meure pendant qu’il est dans le bois, congelez-moi parce qu’il ne sortira pas avant que la chasse soit finieʺ» - Jean-Luc Racicot

Une santé de fer

Aux dire des membres de sa famille, Jean Racicot jouissait aussi d’une santé de fer. «Je n’ai jamais vu mon père malade de toute ma vie, a assuré Jean-Luc Racicot. Et il se tenait très actif. Il faisait notamment du ski. Il avait 91 ans lorsqu’il a fait sa dernière descente.»

M. Racicot s’est éteint le 24 avril à la Maison de l’Envol de Rouyn-Noranda après avoir été admis aux soins palliatifs seulement quelques jours plus tôt. «Il venait de subir un AVC qui n’avait pas pardonné», a précisé Jean-Luc Racicot.

Outre toute une population sur laquelle il avait veillé pendant près de la moitié de sa vie comme pompier, Jean Racicot laisse dans le deuil ses quatre enfants, Jean-Luc, feu Denis, Renée et Marie-Josée, ses 12 petits-enfants et ses 15 arrière-petits-enfants. En raison de la pandémie de COVID-19, les funérailles auront lieu à une date ultérieure. L’inhumation aura lieu au Cimetière Notre-Dame.

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©BAnQ - Fonds Ministère de la Culture et des Communications

Jean Racicot a accompli la tâche de pompier de 1942 à 1986 à la Brigade de Rouyn, dont on voit ici un camion pompe de 1000 gallons en 1945.

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