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10 juin 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

«Ce serait moins compliqué de retourner les chèques»

Les organismes communautaires dénoncent de nouvelles procédures rattachées au fonds d’urgence COVID-19

CROC-AT

©CROC-AT

La CROC-AT et ses membres demandent au gouvernement Legault de revenir en arrière quant au processus de reddition de comptes rattaché au fonds d’urgence COVID-19 pour les organismes communautaires. Celui-ci a récemment subi une complexification jugée inexplicable et injustifiée.

Après avoir reçu un soutien du gouvernement pour passer à travers les premières semaines de la crise liée à la pandémie de COVID-19, certains organismes communautaires de l’Abitibi-Témiscamingue songent à présent à retourner les chèques au gouvernement.

Le 10 juin, la Coalition des tables régionales d’organismes communautaires (CTROC) a dénoncé haut et fort l’alourdissement bureaucratique qui s’est subitement abattu sur ses membres. C’est qu’après avoir reçu, en avril, de l’argent en provenance d’un fonds d’urgence mis en place pour soutenir les organismes communautaires durant la crise sanitaire, les règles de reddition de comptes ont subitement été modifiées en cours de route, et ce, sans la moindre justification.

Règles incroyablement complexifiées

En Abitibi-Témiscamingue, 46 organismes communautaires ont bénéficié de ce fonds d’urgence. Les montants octroyés varient de 500 $ à 33 000 $ (ce dernier cas est exceptionnel). L’argent a été utilisé pour financer l’achat de matériel sanitaire, le réaménagement des locaux pour respecter la distanciation sociale ou encore l’embauche de personnel supplémentaire pour traiter la hausse des demandes d’aide.

«Au départ, nous avions des règles précises de reddition de comptes. Puis, à la dernière minute, alors que nous avons jusqu’au 30 juin pour dépenser les subventions, les règles ont été incroyablement complexifiées, tout cela sans aucune raison. De plus, on nous demande à présent d’établir des comparatifs avec l’an dernier, alors qu’il n’y avait pas de pandémie», a exposé Marie-Eve Duclos, coordonnatrice de la Concertation régionale des organismes communautaires de l’Abitibi-Témiscamingue (CROC-AT).

Volte-face incompréhensible

Cette dernière comprend mal cette soudaine volte-face du gouvernement Legault, d’autant plus que dans 50 % des cas, dans la région, il s’agit de montants inférieurs à 5000 $.

«Ça nous surprend d’autant plus dans un contexte où la CAQ veut faire adopter son projet de loi 61, qui prévoit justement contourner plein de procédures pour accélérer des projets qui vont coûter des milliards $. Mais pour des montants minimes, pour des organismes communautaires, qui sont déjà assujettis à des redditions de comptes serrées, on complexifie la démarche. On sent que c’est deux poids, deux mesures», a déploré Mme Duclos.

«C’est rendu tellement compliqué et exigeant, en termes de temps et de ressources – dont nous ne disposons déjà pas – que certains organismes communautaires de la région songent à retourner les chèques parce que ce serait moins compliqué ainsi» - Marie-Eve Duclos

«De plus, a-t-elle enchaîné, c’est à des années-lumière de l’engagement que la CAQ avait pris durant la campagne électorale d’alléger les procédures administratives pour les organismes communautaires. Ça avait d’ailleurs été son seul engagement à notre égard.»

Conserver les mesures prévues au départ

Emboîtant le pas à la CTROC, la CROC-AT demande au gouvernement Legault d’inclure la reddition de comptes liée au fonds d’urgence COVID-19 à la procédure habituelle de reddition de comptes annuelle. Si ce n’est pas possible, elle propose de conserver le formulaire qui avait été prévu au départ.

«On ne comprend définitivement pas ce revirement de dernière minute, a lancé Marie-Eve Duclos. C’est vraiment un manque de respect à notre égard et une incompréhension totale du rôle que nous jouons auprès des personnes les plus vulnérables de notre société.»

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