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10 juin 2020

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Une réforme qui ne fait pas l’affaire des préfets

Avec la loi 27, la direction régionale du ministère de l'Économie se retrouverait à Gatineau

Martin Ferron

©Photo - Archives - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Martin Ferron, président de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, préfet de la MRC Vallée-de-l'Or et maire de Malartic.

La réorganisation du ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) est loin de faire le bonheur des élus municipaux de la région.

La Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue (CPAT) déplore que l’un des aspects du projet de loi 27, qui doit entrer en vigueur le 18 juin, implique la fusion des directions régionales du MEI en six regroupements à l’échelle du Québec, ce qui entraînerait la délocalisation de la direction régionale de ce ministère à Gatineau.

Pour la CPAT et aussi le Regroupement des MRC de la Gaspésie (l’autre région concernée dans ce dossier), cette réforme «s’inscrit dans une regrettable prédisposition du gouvernement du Québec à centraliser son action au détriment de nos régions», mentionne-t-on dans un communiqué de l’organisme.

«Il est déplorable et évident que ces nouvelles directions n’auront pas une lecture fine de nos réalités territoriales et des acteurs qui composent le tissu entrepreneurial de nos régions», soutient Martin Ferron, président de la CPAT, préfet de la MRC Vallée-de-l’Or et maire de Malartic. «C’est inacceptable; on brise volontairement le lien entre nos régions et les décideurs de Québec en matière de développement économique», ajoute-t-il.

«Ça ne passe pas»

Selon la CPAT, la liste des programmes, règlements et politiques du gouvernement provincial qui ne tiendraient pas compte des réalités régionales est longue, et voilà en plus, avance l’organisme, que le MEI va dorénavant se priver de ses directions régionales chargées d’alimenter Québec dans l’élaboration des programmes.

«Il ne suffit pas de s’autoproclamer gouvernement des régions; il faut l’incarner, le mériter, et ce genre de décision, ce manque de considération, ça ne passe pas chez nous, raconte Martin Ferron. Naturellement, on tentera de nous expliquer que ce n’est pas de la centralisation, mais loin de nous l’idée d’avaler ces propos.»

«Des coquilles vides»

La députée solidaire de Rouyn-Noranda – Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, a emboîté le pas pour déplorer à son tour cette décision du gouvernement. «C’est bien beau de conserver des fonctionnaires en région, mais sans pouvoir décisionnel, on vide ces organisations de leur substance pour nous laisser des coquilles vides, affirme-t-elle. Les directions régionales sont là pour agiter des drapeaux rouges quand les programmes sont mésadaptés à nos réalités régionales. Qui prendra la parole pour nous maintenant?», demande Mme Lessard-Therrien.

Selon elle, cette fusion va à l’encontre de l’engagement de la CAQ de renforcer l’autonomie et le pouvoir des régions. Émilise Lessard-Therrien demande donc à Québec de revenir sur sa décision. «Alors que la CAQ prétend être le parti des régions, elle poursuit le démantèlement tranquille de nos structures régionales, comme son prédécesseur libéral, déclare-t-elle. Le gouvernement caquiste doit donc arrêter de parler des deux côtés de la bouche et faire preuve de cohérence. S’il se réclame autant le parti des régions, il devrait écouter davantage les acteurs régionaux et nous laisser nos pouvoirs.»

Une décision «insensée», selon la CCIRN

(P. Rodrigue) – La Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda n’a pas tardé elle non plus à manifester un vif désaccord face à l’annonce du gouvernement caquiste, la qualifiant d’insensée. «C’est inacceptable, d’autant plus que cette décision va carrément à l’encontre des promesses qui nous avaient été faites de ramener des postes de la fonction publique dans la région, a lancé son président, Me David Lecours. Nous allons à nouveau subir les conséquences d’une décision centralisatrice d’un gouvernement qui se dit pourtant être celui des régions et perdre au change en termes de capacités décisionnelles et de compréhension des réalités qui sont les nôtres.»

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