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02 juillet 2020

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Levée de boucliers contre Air Canada: mobilisation souhaitée, gouvernements interpellés

Aéroport de Val-d'Or

©Photo: Aéroport régional de Val-d'Or

L'Aéroport régional de Val-d'Or vit des jours sombres avec la décision d'Air Canada d'y suspendre tous ses vols pour une période indéfinie.

La Vallée-de-l’Or n’a pas l’intention d’en rester là avec la décision d’Air Canada de suspendre pour une période indéfinie ses vols reliant Val-d’Or et Montréal de même que ses escales à Val-d’Or pour les vols Rouyn-Noranda/Montréal.

Ainsi, la MRC, la Ville, la Chambre de commerce, l’Aéroport régional, la Corporation de développement industriel et la SADC (Société d’aide au développement de la collectivité) ont réagi de façon conjointe pour dénoncer fortement cette décision et solliciter une mobilisation de toutes les instances concernées pour assurer la desserte aérienne entre Val-d’Or et les grands centres. Les leaders de ces organisations interpellent du même coup les gouvernements pour les inciter à vite prendre position et à entreprendre une restructuration du transport aérien régional qui, disent-ils, «est d’une importance capitale pour le développement socioéconomique d’une région ressource comme la nôtre».

On souligne notamment qu’entre 2015 à 2019, le nombre de passagers qui ont utilisé Air Canada à Val-d’Or est passé d’un peu plus de 16 500 à près de 21 000 par année (une hausse de 26% en l’espace de 4 ans). Ce qui représente une moyenne de 60 passagers par jour pour 2019, des chiffres qui, selon les organismes cités, prouvent la nécessité de maintenir les services de transport aérien.

«Val-d’Or est le deuxième aéroport régional le plus achalandé au Québec (après Sept-Îles). En temps normal, ses vols sont presque toujours pleins, mentionne Martin Ferron, préfet de la MRCVO et maire de Malartic. Cette décision réduit de manière insoutenable les possibilités de se déplacer tant à l’intérieur qu’à l’extérieur et démontre un flagrant manque de considération de la part du transporteur. Les impacts sur le tourisme et l’économie seront ressentis bien au-delà de Val-d’Or et je m’attends à une mobilisation régionale. Nous ferons les représentations nécessaires pour maintenir nos services», affirme-t-il.

Un service de 65 ans

Selon le maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil, cette décision d’Air Canada de favoriser certains marchés au détriment des régions fait en sorte qu’on laisse tomber un service offert depuis 65 ans dans l’est de l’Abitibi. «Cette situation sera lourde de conséquences et aura des impacts à plusieurs niveaux pour la population : les déplacements pour affaires et les vacances, mais aussi les services, les emplois spécialisés et les travailleurs, signale-t-il.

«De plus, l’Aéroport régional de Val-d’Or devra composer avec une perte de revenu importante, sans oublier les employés d’Air Canada basés à Val-d’Or qui doivent aussi vivre les impacts directs de cette annonce, poursuit M. Corbeil. Devant ce constat déplorable et inquiétant, j’ai confiance que la région va se mobiliser et trouvera des solutions. Je souhaite que les gouvernements du Québec et du Canada saisissent les enjeux et comprennent que la situation nécessite leur implication.»

Un coup dur

De son côté, le président du conseil d’administration de l’Aéroport de Val-d’Or, Claude-Étienne Fournier, ne cache pas que c’est un coup dur. Il déplore aussi qu’Air Canada n’ait pas pris la peine de prévenir les aéroports concernés avant de publier son communiqué. «Nous sommes extrêmement déçus de ne pas avoir été avisés. Nous aurions pu être à l’écoute de leurs besoins et entamer des discussions afin d’éviter l’interruption d’une liaison essentielle entre notre localité et les grands centres, fait-il remarquer.

«Considérant que nous sommes un organisme à but non lucratif qui tire ses revenus seulement de ce type d’activités, la pérennité financière se retrouve en péril, mais nous ne baissons pas les bras : nous travaillons déjà avec le transporteur régional Air Creebec pour maintenir une desserte avec la métropole», indique M. Fournier.

Une opportunité

Pour le président de la Chambre de commerce de Val-d’Or, Jérémi Fournier, l’abandon du territoire par Air Canada est d’autant plus décevant que, selon les statistiques, le taux d’achalandage était nettement suffisant et en constante progression, fait-il valoir. «Mais nous voyons cette décision comme une opportunité de poursuivre l’amélioration de notre desserte régionale, exprime M. Fournier. Le nombre de déplacements effectués par les gens d’affaires est considérable et l’Aéroport de Val-d’Or est un outil précieux pour le développement économique.»

Et d’après le président de la Corporation de développement industriel de Val-d’Or, Étienne Létourneau, Air Canada démontre une méconnaissance des régions et de leurs rapports économiques. «À long terme, l’organisation met en danger les liaisons restantes avec les régions, fait-il observer. Si le transporteur ne se ravise pas, la perte de volume de vente de sièges en région risque de mener à l’abandon pur et simple des liaisons régionales par manque de profitabilité.»

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