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11 août 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Agnico Eagle assurera l’avenir de ses mines dans la région

De nombreux projets figurent dans les cartons de la société minière

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©Agnico Eagle

Même si leurs réserves minérales actuelles doivent s’épuiser en 2027, les mines LaRonde (photo) et Goldex devraient voir leur durée de vie être prolongée bien au-delà de cette limite.

Alors que c’est l’Abitibi-Témiscamingue qui lui a permis de devenir la multinationale qu’elle est aujourd’hui, Agnico Eagle a l’intention de demeurer active dans la région pendant encore longtemps, et ce, même si ses mines n’en ont théoriquement plus que pour quelques années avant d’épuiser leurs réserves.

Selon les données fournies par la société, les réserves minérales actuelles des mines LaRonde et Goldex devraient être respectivement épuisées en 2025 et en 2027. C’est pourquoi la société a entrepris d’importantes campagnes d’exploration et plusieurs projets de développement afin de dépasser ces limites.

Toujours plus loin à LaRonde

«À LaRonde, le gisement principal nous mène présentement à 3 km sous terre. Cependant, la minéralisation s’étire jusqu’à 3,4 km. C’est le projet LaRonde 3. Et on n’a pas encore touché le fond», a indiqué Daniel Paré, vice-président aux opérations pour l’Est du Canada chez Agnico Eagle. D’ailleurs, les travaux se poursuivent pour améliorer l’accès à LaRonde 3. La construction d’une unité de refroidissement des galeries, à plus de 3 km de profondeur, devrait être complétée à la fin de 2020.

Le développement de la zone LR11-3, située sous l’ancienne mine Bousquet 2, se poursuit lui aussi avec comme objectif d’ajouter du minerai à l’usine LaRonde. Le dénoyage des secteurs qui avaient déjà été exploités devait débuter en août. Agnico Eagle prévoit accéder à cette zone à partir d’une galerie souterraine creusée à près de 1,5 km sous terre. «Si tout se déroule bien, on devrait démarrer la production en 2022», a indiqué M. Paré. À l’heure actuelle, LR11-3 contiendrait 140 000 onces d’or en réserves minérales et le gisement demeure ouvert en profondeur.

La société mise aussi sur 20N Sud Zinc, une nouvelle zone découverte à l’extension ouest de LaRonde à plus de 3 km de profondeur. Celle-ci a récemment rapporté des teneurs élevées en zinc et en argent. «Nous allons évaluer de manière plus précise son potentiel, a fait savoir Daniel Paré. Son développement assurerait un plus grand approvisionnement en minerai à l’usine LaRonde. Nous devrions être en mesure de produire un premier calcul de ressources minérales à la fin de l’année.»

Un beau terrain de jeu en profondeur

À cela vient s’ajouter le gisement satellite LZ5, en production depuis juin 2018. «C’est un très beau terrain de jeu en profondeur. Nous avions d’abord miné de la surface jusqu’à 330 mètres, puis jusqu’à 480 mètres depuis le début de 2020. Au printemps, nous avons décidé d’ajouter deux zones adjacentes, Z1 et Z3, au plan de mine. De plus, nous analysons le potentiel de développer plus en profondeur LZ5, jusqu’à 700 mètres environ, et peut-être des portions de la propriété voisine Ellison à partir des infrastructures souterraines de LZ5», a expliqué M. Paré.

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©Patrick Rodrigue

De l’or de tous les côtés

Du côté de Goldex, Agnico Eagle évalue la continuité en profondeur de la zone Deep 2, située sous Deep 1, le principal secteur en exploitation. «Nous analysons aussi l’étendue de deux zones à haute teneur en or qui longent en parallèle le gisement principal, a fait savoir Daniel Paré. Celles-ci présentent un bon potentiel pour ajouter du minerai à l’usine Goldex.»

Quant au gisement satellite Akasaba Ouest, situé à une quinzaine de kilomètres à l’est de Val-d’Or, son développement est suspendu jusqu’à nouvel ordre. Agnico Eagle planifiait en tirer environ 115 000 onces d’or et 21 000 tonnes de cuivre, lesquelles auraient été produites à l’usine Goldex. «Lorsque nous avons obtenu toutes les autorisations pour aller de l’avant, nous avions des projets qui étaient plus prioritaires à ce moment-là. Les investissements sont donc allés ailleurs. Mais si le projet est actuellement sur la glace, il n’est pas abandonné pour autant», a signalé M. Paré.

Place à l’automatisation

Que ce soit à LZ5 avec des camions et des chargeuses-navettes (scoops) autonomes ou à Goldex avec les convoyeurs souterrains Rail-Veyor, Agnico Eagle mise beaucoup sur l’automatisation et l’opération à distance pour assurer l’avenir à long terme de ses mines en Abitibi-Témiscamingue.

«L’automatisation présente un très bel avenir pour la production, a souligné Daniel Paré. En ce moment, à LZ5, plus de 15 % du minerai est extrait à distance ou par des équipements autonomes. De plus, pendant les quarts de nuit durant la fin de semaine, nous n’avons personne sous terre: tout est opéré à partir de la surface. Et au cours du deuxième trimestre cette année, environ 10 % du minerai à LaRonde a été extrait avec de l’équipement automatisé.»

Si elle est efficace pour la production, l’automatisation ne constitue toutefois pas une panacée pour le développement souterrain. «On vise éventuellement cet objectif, mais à plus long terme, a indiqué M. Paré. C’est plus complexe de creuser une galerie que de simplement ramasser et transporter le minerai. Ça demande donc plus de recherche et développement.»

Le défi de la sismicité

Et il y a aussi le défi de la sismicité. Plus les galeries s’étendent en profondeur, plus la roche est flexible et plus les risques sismiques sont élevés. Il faut donc adapter les travaux en conséquence et solidifier les infrastructures, ce qui entraîne des coûts supplémentaires.

À cet égard, Daniel Paré manifeste beaucoup de confiance. «À LaRonde, en particulier, on s’est posé des questions lorsqu’on a franchi la barre du 1,5 km de profondeur. Puis, on s’est interrogé à nouveau rendu à 2 km. Puis, à 2,5 km et à 3 km. Là, on parle de 3,8 km. C’est la mine la plus profonde des deux Amériques. Et le gisement reste ouvert en profondeur. Chaque fois, de nouveaux défis se sont présentés. Chaque fois, notre équipe technique les a relevés. Nous minons dans une zone sismique depuis un long moment, alors ce n’est pas une nouveauté pour nous. Au fur et à mesure qu’on descend, on peaufine nos connaissances. Oui, ça demande des investissements, mais on a des gisements de valeur robuste qui le justifient», a-t-il exposé.

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©Patrick Rodrigue

Agnico Eagle recourt de plus en plus à des équipements automatisés ou opérés à partir de la surface pour réaliser certaines étapes de la production souterraine.

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