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01 septembre 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Une croix sur les concentrations scolaires

Le CSSRN assure avoir fait tout ce qui était réalisable pour accommoder le plus possible chaque élève

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©Cuivre et Or

La plupart des concentrations en arts et en sports habituellement proposées en secondaire 4 et 5 ne pourront être offertes cette année par le CSSRN.

Après plusieurs changements par le ministre de l’Éducation, une levée de boucliers à l’échelle du Québec, puis une volte-face du premier ministre, les familles devront se faire une raison: la plupart des concentrations en arts et en sports habituellement proposés en secondaire 4 et 5 ne pourront être offertes cette année.

À moins d’une semaine de la rentrée, les parents des élèves des écoles secondaires La Source et D’Iberville ont tous reçu une lettre de la direction générale du Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda (CSSRN) mentionnant que, à travers les ultimes changements apportés au deuxième cycle du secondaire, «cette démarche viendra malheureusement restreindre les options et les concentrations offertes».

Au même moment, des parents avaient été convoqués à des rencontres d’information par les responsables de la concentration à laquelle leur enfant était inscrit, où ils ont appris que celle-ci était annulée pour toute l’année. D’autres n’ont reçu aucune nouvelle. La confusion qui en a résulté, exacerbée par les propos du premier ministre François Legault à propos d’une éventuelle reprise des concentrations dès la mi-septembre, lancés dans l’après-midi du vendredi précédant la rentrée, a alimenté nombre de rumeurs contradictoires dans les jours qui ont suivi.

Dans une entrevue accordée le 1er septembre, le directeur général du CSSRN, Yves Bédard, a tranché la question: à part quelques rares exceptions, les concentrations en secondaire 4 et 5 à La Source et D’Iberville seront bel et bien annulées pour l’année.

Processus d’une grande complexité

«Nous étions prêts, nous avions trouvé des solutions pour offrir les concentrations dans le respect des directives gouvernementales, puis à la dernière minute, les règles ministérielles ont été modifiées. Nous avons eu une semaine pour refaire un travail qui, normalement, prend tout un été. Nous avions réussi ce tour de force grâce à une extraordinaire collaboration des enseignants et du syndicat, puis là, les règles pourraient à nouveau changer», a évoqué M. Bédard.

Selon lui, si Québec devait autoriser la reprise des concentrations à la mi-septembre, le CSSRN en serait tout simplement incapable. L’horaire des élèves de secondaire 1 à 3 est en effet assez linéaire: chacun suit un parcours à peu près identique à celui des autres. Or, en secondaire 4 et 5, chaque élève doit suivre des cours précis en fonction de son cheminement académique et professionnel ultérieur.

«Élaborer l’horaire de base devient très complexe puisque le parcours de chaque élève est unique, a fait valoir Yves Bédard. Ajouter les concentrations dans l’équation complexifie encore plus le processus. Si on devait reprendre l’exercice à la mi-septembre, il faudrait fermer les écoles pendant au moins une semaine, se rassoir avec le syndicat, redéfinir à nouveau les tâches de chaque enseignant… Il faut également s’assurer, à travers tout cela, de pouvoir être en mesure de poursuivre l’enseignement régulier en cas de retour au confinement. Sans compter que tout cela pourrait une fois encore changer quelques semaines plus tard, selon l’évolution de la situation.»

«On sait que bien des familles sont affectées, que c’est une source de motivation qui s’en va pour plusieurs jeunes. Croyez-nous, ça nous brise le cœur» - Yves Bédard

Quelques exceptions

S’il n’a pas précisé lesquelles, le directeur général du CSSRN a indiqué que certaines concentrations pourraient néanmoins être offertes. «Les concentrations sont de deux types: maison, qui sont gérées par des enseignants qui ont un intérêt ou une passion, et civiles, qui sont gérées par des associations et des bénévoles. Quand c’est civil, c’est plus facile pour nous de nous adapter, surtout si c’est un groupe fermé, puisque la gestion de relève pas du CSSRN. Notre rôle se restreint à adapter l’horaire. Quand c’est maison, c’est beaucoup plus compliqué, surtout si les élèves, comme c’est généralement le cas, proviennent de plus d’un groupe», a expliqué M. Bédard.

Quant aux programmes sport-études, il s’agit d’une classe à part. Comme ils sont gérés par des fédérations, en-dehors de l’organisation du CSSRN, ce sont à ces mêmes fédérations de déterminer s’ils seront offerts ou pas et de quelle manière.

Réduire au minimum les inconvénients

Yves Bédard a, par ailleurs, assuré que tous les efforts ont été consentis pour accommoder le plus possible chaque élève. «On sait que bien des familles sont affectées, que c’est une source de motivation qui s’en va pour plusieurs jeunes. Croyez-nous, ça nous brise le cœur. C’est pour ça qu’on a refait les horaires en s’attardant personnellement à chaque dossier afin de s’assurer de réduire au minimum les inconvénients pour chaque élève et lui offrir une année scolaire quand même motivante en fonction de ses intérêts», a-t-il exposé.

«C’est sûr que ce n’est pas parfait, a-t-il enchaîné, mais les familles doivent aussi garder à l’esprit que l’école, telle qu’on l’a connue avant la COVID-19, n’existe plus en ce moment et qu’il n’est même pas certain qu’elle revienne un jour.»

Et le parascolaire?

Dans sa déclaration du 28 août, le premier ministre François Legault avait laissé entendre que les activités parascolaires pourraient être autorisées à reprendre dès la mi-septembre «si tout va bien». À cet égard, Yves Bédard a laissé une porte entrouverte. «On verra à ce moment-là vers quoi on se dirige et comment. Nos enseignants sont déjà à la recherche de solutions pour la fin septembre. Peut-être qu’on pourrait les offrir avec des groupes fermés, mais il y a beaucoup de contraintes», a-t-il signalé.

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