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19 octobre 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Trois lettres qui valent leur pesant d’or

Les ESG, un moyen pour les minières de se distinguer auprès des investisseurs

Agnico_Eagle_Louise_Grondin

©Capture d'écran

Par le biais de la visioconférence, Louise Grondin a décrit le concept d’ESG, présenté son importance et exposé ses limites et les défis qui y sont rattachés.

Avec la disparition des fonds d’investissement spécialisés dans les mines, la recherche de financement pour des projets miniers devient plus compliquée. Difficile d’évaluer le risque pour une mine quand elle côtoie, par exemple, un fabricant de voitures et une pharma. C’est pourquoi on recourt au concept de responsabilité sociale. Mais celui-ci comporte ses limites.

À l’invitation de la section Rouyn-Noranda de l’Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole, Louise Grondin, vice-présidente principale aux ressources humaines et à la culture chez Agnico Eagle, a récemment prononcé une visioconférence visant à éclaircir la question et à inviter les intervenants du monde minier à faire preuve de plus de transparence à l’égard de la divulgation publique de leurs données relatives au respect des volets environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) liés à leurs projets.

Un bon portrait

Le concept d’ESG a été initié en 2005 par Kofi Annan, qui était alors secrétaire général des Nations Unies, afin de définir ce qu’était un investissement responsable. Depuis, plus de 2515 signataires, dont plusieurs sociétés minières, ont adhéré aux principes d’investissement responsable qui en ont résulté.

«On s’intéresse particulièrement aux ESG parce que les fonds spécialisés dans l’investissement minier ont disparu. Les investisseurs n’ont donc plus les connaissances pour évaluer la performance et les risques rattachés aux mines et à leurs défis particuliers. Il y a aussi une multiplication des fonds éthiques et environnementaux, tandis qu’on note un activisme croissant de la part des actionnaires, qui veulent changer les choses», a expliqué Mme Grondin.

Les ESG permettent donc de déterminer, à partir de données publiques et de réponses fournies par les sociétés elles-mêmes, le degré de respect des principes environnementaux, sociaux et de gouvernance de tel projet minier ou de telle entreprise. Ils sont analysés sur une base allant de quotidienne à annuelle par plusieurs agences indépendantes, dont Bloomberg, MSCI, Thomson Reuters ou encore le Carbon Disclosure Project.

Un outil qui a ses limites

«Le problème, c’est que chacune a sa manière de procéder, a indiqué Louise Grondin. C’est aussi tout un défi pour une société minière d’expliquer des opérations complexes à un auditoire non spécialisé. De plus, les évaluations des agences sont très générales. Les chiffres sont analysés par des algorithmes qui ne tiennent pas compte des contextes particuliers à chaque mine, notamment les conditions climatiques et l’éloignement géographique.»

Elle a cité en exemple le cas des opérations d’Agnico Eagle au Nunavut. «Nos chiffres indiquent un fort roulement de personnel. Donc, ça nous donne une mauvaise note. Toutefois, nous sommes arrivés dans un milieu qui n’avait jamais connu d’exploitation industrielle. Les gens locaux n’étaient donc pas habitués à travailler dans les mines. On en a embauché beaucoup, mais ils ont été nombreux à quitter… puis à revenir. Et à quelques reprises. Ça va prendre du temps avant d’obtenir des mineurs de profession, mais on va y arriver. Or, si on avait voulu obtenir un bon résultat dans le roulement de personnel, il aurait suffi d’engager uniquement des gens du Sud, ce qui n’aurait pas eu de sens», a-t-elle exposé.

Plus de transparence et une meilleure communication

À cet égard, Mme Grondin plaide pour plus de transparence et une meilleure communication, et ce, avec un large éventail de plateformes, lesquelles doivent être adaptées à leur milieu.

«Même en Abitibi-Témiscamingue, où l’on pense que les gens connaissent bien le milieu des mines, on se rend compte que plusieurs ont encore des interrogations et qu’ils entretiennent des idées fausses. Il y a donc un besoin important de mieux faire connaître les réalités du secteur minier à un plus large auditoire. Il ne s’agit pas forcément d’inonder la population de données, car les médias n’ont pas la capacité ni le temps de les traiter, mais bien d’en faciliter la compréhension objective.»

Une personne qui assistait à la visioconférence a alors demandé s’il n’y avait pas un risque que les sociétés minières ne dévoilent que ce qu’elles ont envie de dévoiler et qu’elles glissent sous le tapis les éléments plus gênants. «Ça ne serait pas à leur avantage de cacher ou de truquer des données, car on travaille à bâtir une relation de confiance», a insisté Louise Grondin.

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