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14 novembre 2020

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Geneviève et Matthieu passent le relai à L’Écart

Ils quittent la direction générale du centre d’artistes après 20 ans de dur labeur

L'Écart lieu d'art actuel Geneviève et Matthieu Rouyn-Noranda

©Photo Christian Leduc

Geneviève Crépeau et Matthieu Dumont quittent la direction générale de L’Écart.

Après 20 ans à la tête de L’Écart, Geneviève Crépeau et Matthieu Dumont ont pris la décision de laisser les rênes de la direction générale du centre d’artistes.

«On est contents du travail accompli. On était prêts à partir. On va laisser une nouvelle génération prendre la relève. Je crois aussi que c’était le bon moment», a fait valoir Matthieu Dumont. 

S’il parle du bon moment, ce n’est pas nécessairement en raison de la pandémie, mais plutôt que L’Écart se trouve en bonne posture. «Tout est en ordre. On a du temps pour faire une transition et accompagner la personne qui prendra la relève. Et avec la pandémie, il y a un défi pour repenser les modèles des galeries d’art. En même temps, ça va faire du bien à L’Écart d’avoir une nouvelle énergie, de nouvelles idées», a renchéri Geneviève Crépeau. 

Il y a aussi le fait que le tandem souhaite se concentrer davantage sur son propre art. «On a envie de travailler sur notre duo, de vraiment se concentrer sur la création, de faire des résidences d’artistes, de voyager. On est attachés à L’Écart comme à la prunelle de nos yeux, mais on est rendus au point où on veut se réappartenir», ont-ils souligné. 

On voulait que L’Écart soit un centre d’artistes, capable de leur offrir des services et de les loger. Le bloc a pris de la valeur et ç’a créé de la richesse. Ça assure la pérennité d’un centre d’artistes en région. - Geneviève Crépeau et Matthieu Dumont 

La folie des ambitions 

Un des faits marquants de Matthieu Dumont et Geneviève Crépeau à la tête de L’Écart a été l’achat de l’immeuble où se trouve le centre d’artistes, à Rouyn-Noranda. Contre vents et marées, ils ont persévéré dans une voie que certains jugeaient peut-être un peu folle. 

«Quand on a présenté notre plan d’affaires au ministère de la Culture, tout le monde nous disait que ce n’était pas une bonne idée d’acheter le bloc parce qu’il datait de 1930, qu’il avait besoin de beaucoup de rénovations, qu’il ne faisait pas partie du patrimoine. On a tenu notre bout. On a emprunté à la Caisse populaire, puis on a eu l’aide d’Investissement Québec et du Chantier de l’économie sociale», a raconté Geneviève Crépeau. 

«Les logements ont aidé à payer l’hypothèque. Il y a eu beaucoup de défis, mais on s’est inscrits dans la vie de notre quartier. On a fait des rénovations, mais on a conservé des éléments que nous, on considérait comme du patrimoine», a-t-elle ajouté. 

Un milieu de vie 

L’Écart a ainsi pris sa place dans la vie de quartier du Vieux-Noranda. Mais l’achat du bloc a aussi eu un impact bien plus grand pour les artistes. «On s’est donné les moyens de créer. Souvent, les centres d’artistes sont de petits locaux qui ont peu de moyens. On a mis en place de vraiment de belles conditions d’accueil. En fait, on a créé un milieu de vie au sein de L’Écart», a souligné Geneviève Crépeau. 

Et la réussite de ce projet a aussi changé un peu la perception de la communauté artistique de la région. «Les artistes sont souvent vus comme des peace & love, des gratteux de guitare et des fumeux de pot. Mais on a démontré qu’on était des gens d’affaires», ont évoqué les deux membres du tandem. 

«On a généré de la richesse et on a lancé des projets. Ce ne fut pas toujours évident et on a vécu beaucoup de stress, dont quelques nuits blanches. On a connu des moments plus durs et moins le fun, mais on a toujours réussi à s’en sortir. Quand on fait le bilan, après 20 ans de travail, il y a de quoi d’intéressant à céder à ceux qui vont nous suivre», ont-ils continué. 

«On voulait que L’Écart soit un centre d’artistes, capable de leur offrir des services et de les loger. Le bloc a pris de la valeur et ç’a créé de la richesse. Ça assure la pérennité d’un centre d’artistes en région», ont-ils ajouté. 

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