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16 novembre 2020

La juge Descôteaux vs la DPJ: «Je voulais éviter que l’on revive le drame de Granby»

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©Photo Archives

Alors que se poursuivait son audience devant le Conseil de la magistrature du Québec, la juge Denise Descôteaux ne démord pas que malgré les plaintes déposées contre elle, notamment par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), sa priorité dans ses dossiers jeunesse demeurera toujours le bien-être des enfants.

La juge de la Cour du Québec basée à Val-d’Or a complété son témoignage, lundi. Lorsqu’interrogée par son avocat, Me Raymond Doray, concernant un dossier touchant un enfant autochtone, Denise Descôteaux assume totalement les propos qu’elle a tenus face aux avocats et aux intervenants de la DPJ, dont elle estime que le travail a été bâclé.

«Ça manquait nettement de préparation, ça n’aurait même pas dû procéder, a soutenu la juge. La rigueur est très importante dans ma vie, et là, je trouvais que ça en manquait.»

L’enfant concerné par ce dossier était aux prises avec des problèmes de consommation de drogue et d’automutilation. Comme des témoins avaient omis d’être d’assignés, la juge Descôteaux craignait que l’enfant ne reçoive pas toutes les ressources nécessaires pour l’aider. «C’est cet enfant qui vivra avec les répercussions, pas les intervenants de la DPJ, a-t-elle signalé. Je voulais éviter que l’on revive le drame de Granby ou pire.»

«Si comme juge je ne dénonce pas ce genre de situation, qui le fera?» - Denise Descôteaux

La magistrate a également cité le rapport de la Commission Viens comme motif pour dénoncer la situation. «Les dossiers touchant les autochtones, c’est un combat de tous les jours en Abitibi-Témiscamingue et je considérais que cet enfant n’avait pas eu droit à la justice qu’il méritait», a-t-elle précisé.

Rappelons que la juge Descôteaux fait l’objet de plaintes en déontologie judiciaire de la part de la Direction de protection de la jeunesse (DPJ) et d’une procureure de la Couronne (Me Annick Murphy), qui lui reprochent notamment un ton agressif, de l’impatience et une attitude partiale en salle d’audience dans certains dossiers.

Encore plus de rigueur

Lors de son contre-interrogatoire par l’avocat du Comité en déontologie judiciaire, Me Gérald Soulières, Denise Descôteaux a souligné que les plaintes formulées contre elle avaient influencé son comportement dans un sens. «J’ai redoublé d’ardeur et de rigueur dans la préparation de mes dossiers, a-t-elle affirmé.

«J’ai perçu ça (les plaintes) comme si mon travail n’était pas toujours bien fait et je n’ai donc jamais rendu une décision sans rédiger une thèse par la suite, même si ça résulte en des jugements plus longs, pour m’assurer de ne plus recevoir un appel de ma juge coordonnatrice, a raconté la magistrate. Oui, j’ai changé et adapté des choses (dans son attitude), j’ai apporté des améliorations, mais j’ai mis encore plus de rigueur.»

Les mêmes services pour toutes les races

La juge Descôteaux a aussi voulu préciser certains de ses commentaires en cour qui auraient été perçus comme étant à connotation raciste. «Elle (une avocate) dit que j’ai tenu des propos racistes, mais ce que je voulais dire, c’est que tous les enfants, qu’ils soient blancs, autochtones ou d’une autre race, ont droit à la justice et aux mêmes services dans la province de Québec. La loi m’oblige à vérifier des choses supplémentaires dans le cas d’un enfant autochtone», a-t-elle expliqué.

Maintenant que l’interrogatoire de la juge est terminé, les avocats des deux parties présenteront leurs plaidoiries mercredi. On en sera alors au jour 7 de ces audiences.

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