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30 novembre 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Nyrstar sous enquête

La propriétaire de la mine Langlois pourrait avoir été soumise à des manipulations financières

Nyrstar_mine_Langlois

©Nyrstar

Les opérations de la mine Langlois sont suspendues pour une durée indéterminée depuis la fin de 2019.

Nyrstar, propriétaire de la mine de zinc Langlois à Lebel-sur-Quévillon, portera en appel la récente décision de la Cour commerciale d’Anvers, qui a ordonné la mise sur pied d’un comité d’experts chargé d’examiner un soi-disant manque de transparence face au processus de restructuration de la multinationale belge.

La saga judiciaire prend sa source en mai 2019. Croulant sous une dette de plus de 1,5 milliard d’euros (2,27 milliards $ canadiens), Nyrstar avait alors annoncé un plan de recapitalisation complexe au terme duquel la société devait être dissoute, tandis que tous ses actifs – incluant la mine Langlois – allaient être regroupés dans une nouvelle société sous le contrôle de la société privée suisse Trafigura, qui devait alors en détenir 98 % des actions. Avant cette annonce, Trafigura détenait déjà près de 25 % des actions de Nyrstar.

Recours en justice en Belgique

En septembre 2019, un groupe d’actionnaires minoritaires a intenté un recours en justice contre Nyrstar. Ce groupe alléguait que, depuis 2016, Trafigura, qui était le principal client de Nyrstar pour l’achat de zinc, aurait utilisé sa position d’actionnaire majeur pour obtenir des contrats désavantageux pour Nyrstar. Cela aurait eu comme effet de drainer les ressources financières de la société minière belge, de fragiliser encore plus sa structure déjà affectée par la faiblesse des prix du zinc et, par conséquent, de paver la voie à un éventuel rachat.

Sans surprise, Nyrstar a immédiatement rejeté ces allégations, les qualifiant de «truffées d’erreurs» et soutenant qu’elles contenaient bon nombre de «simples insinuations» sans la moindre preuve.

Pourtant, le 30 octobre 2020, la Cour commerciale d’Anvers a tranché en faveur des arguments des actionnaires minoritaires. Elle a donc ordonné la mise en place d’un comité d’experts qui, au cours des mois à venir, sera chargé d’examiner les causes de la crise financière qui secoue Nyrstar depuis quelques années et s’il était nécessaire pour la société d’entreprendre son plan de recapitalisation auprès de Trafigura. Les experts devront aussi analyser si les contrats conclus entre Nyrstar et Trafigura l’ont été dans des circonstances commerciales normales. Dans le cas contraire, ils devraient évaluer l’ampleur des dommages subis par Nyrstar.

Le 27 novembre 2020, Nyrstar a annoncé qu’elle porterait en appel la décision et l’ordonnance de la Cour commerciale d’Anvers.

Déboires de longue date

Si les preuves déposées par le Groupe d’actionnaires minoritaires comprennent plusieurs contrats conclus depuis 2016 entre Trafigura et Nyrstar, certains analystes du monde minier ont fait remarquer que les déboires financiers de la société belge remonteraient aux alentours de 2010. À l’époque, la haute direction s’était lancée dans ce qui a été qualifiée de «course aux acquisitions minières» à partir de financements par endettement. En 2011, Ressources Breakwater, qui opérait alors la mine Langlois à Lebel-sur-Quévillon, avait d’ailleurs passé dans le giron de Nyrstar.

Le problème, c’est que lorsque les prix du zinc ont dégringolé de 28 % en 2018, la société s’est mise à perdre des liquidités importantes un peu partout. Il est alors clairement apparu qu’elle ne serait pas en mesure d’effectuer tous ses paiements aux échéances prévues.

Depuis, l’action de Nyrstar a perdu 98 % de sa valeur. Pour leur part, les opérations à la mine Langlois ont été suspendues pour une durée indéterminée à la fin de 2019. Depuis, la mine a même été retirée des actifs miniers de Nyrstar sur le site internet de la société.

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