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11 août 2021

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Un projet de garderie soutenu par Adria

Pour répondre au besoin de leurs employés

Garderie Adria

©Gracieuseté/Adria

Adria a déjà fait l’acquisition du bâtiment où sera implanté son projet de garderie. Il lui manque cependant certaines autorisations du ministère de la Famille pour aller de l’avant.

L’entreprise rouynorandienne Adria Power Systems travaille depuis plusieurs mois sur un projet de garderie de 44 places subventionnées qui permettrait à ses employés d’avoir accès à ce service tant important. Déjà près de 400 000 $ ont été investis dans ce projet par la compagnie. Or, le ministère de la Famille tarde toujours à donner son aval.

La pandémie a été le déclencheur de ce projet pour l’entreprise, surtout en voyant ce que certaines de ses employées pouvaient vivre. «On a une employée qui devait faire 1h30 de route pour aller porter son enfant dans une garderie à McWatters et ensuite revenir au bureau. Puis, elle a perdu sa place. Pendant un mois, elle est allée vivre dans les Laurentides afin de pouvoir faire garder son enfant chez sa famille proche tout en continuant de travailler. Ça n’avait pas de bons sens», a lancé Jean-François Couillard, président et chef de la direction chez Adria. 

«Même quand on regarde avec le télétravail, ce n’est pas plaisant, autant pour l’employée que pour l’enfant, de ne pas avoir de garderie. Le parent doit s’enfermer pour travailler et ça affecte la qualité de vie de l’enfant. Pour tous nos employés parents, on a donc décidé de travailler pour les aider», a-t-il ajouté. 

Revenir à la charge 

Et pourtant, ce n’était pas la première fois que l’entreprise songeait à cette situation. «L’idée avait commencé à germer il y a trois ans. On avait de plus de plus d’employés qui avaient de jeunes enfants et qui éprouvaient des difficultés à se trouver des places en garderie. C’était déjà une chose qui devenait courante, alors que les femmes devaient quasiment s’inscrire sur la liste quand elles prévoyaient tomber enceinte», a raconté M. Couillard. 

L’entreprise avait fait des recherches à l’époque, mais sans succès. «C’était vraiment complexe, alors on avait fini par mettre le projet de côté. Avec la pandémie, on a eu des employées qui ont vu leurs garderies fermer leurs portes et ne plus être capables de venir travailler», a évoqué Jean-François Couillard. 

«On se devait d’agir parce que c’est inconcevable, en 2021, qu’une femme ne puisse pas travailler parce qu’elle a fait le choix d’avoir des enfants» - Jean-François Couillard, président et chef de la direction chez Adria

Des ressources et de l’argent 

L’entreprise rouynorandienne a décidé d’investir dans le projet. Si elle ne pouvait faire la demande pour elle-même, elle a contribué à la création d’un OBNL pour porter le projet. «Il n’y a aucun objectif financier derrière notre intention, a souligné M. Couillard. Pour nous, c’est d’offrir une qualité de vie à tous nos employés.» 

Adria a ainsi investi près de 400 000 $ dans un projet qui comprend l’achat d’une maison pour supporter les installations et le dégagement de ressources humaines pour travailler sur le projet. «Ce fut beaucoup d’investissement, de temps et d’énergie pour monter le dossier», a soutenu le président et chef de la direction de l’entreprise. 

La quarantaine de places ne sera cependant pas nécessairement comblé par tous les employés d’Adria. «La Chambre de commerce et d’industrie est au courant de notre projet et est enchantée par celui-ci. C’est un très beau projet qui va permettre de créer une quarantaine de places. Il va assurément rester des places disponibles. On est ouvert à faire des partenariats avec d’autres entreprises pour les combler», a mentionné Jean-François Couillard. 

La garderie Explorateurs du monde 

Le nom de la garderie est déjà choisi. L’établissement se nommerait Explorateurs du monde. «Comme plusieurs de nos employés chez Adria et les employés de la garderie sont issus de différentes nationalités, on trouvait que c’était une belle image d’intégration culturelle», a fait valoir M. Couillard. 

Il ne faudrait d’ailleurs pas se surprendre que les différentes cultures figurent au menu de cette garderie. «Pour nous, ça fait partie du plan. Il y a des règles éducatives à respecter, mais on veut que ce soit un milieu où l’enfant soit en contact et côtoie différentes cultures. C’est important parce que c’est à cet âge-là qu’on peut combattre ces petits réflexes de discrimination», a signalé le président et chef de la direction d’Adria. 

Loin de la coupe aux lèvres pour Adria 

Si son projet de garderie à Rouyn-Noranda s’est amorcé sur les chapeaux de roue dans la première moitié de 2021, depuis plusieurs mois, l’entreprise Adria Power Systems vit avec les nombreux délais et l’attente. 

Comme rapporté la semaine dernière, le projet de 44 places de l’OBNL soutenu par Adria a été déposé dans l’appel de projets ciblés de 2020 pour la création de 168 places à Rouyn-Noranda. «En mars 2021, on nous a dit que le projet avait été accepté, que tout était correct. On était supposé recevoir la réponse en juillet», a indiqué Cinzia Schiappa, adjointe au président et chef de la direction chez Adria. 

La compagnie se devait de fournir un plan d’aménagement des installations, mais elle est en attente de réponse de la part du ministère de la Famille. «On veut s’assurer que les rénovations que nous allons faire répondent aux attentes du Ministère. Avec les nouvelles garderies, les espaces demandés ne sont pas nécessairement les mêmes que celles déjà existants», a signalé Mme Schiappa. 

«C’est frustrant actuellement parce que personne peut nous dire ce que nous devons faire ou les prochaines étapes. On n’a pas vraiment de contact avec personne au Ministère. Il n’y a personne d’assigné à notre dossier. Tout se passe par boîte courriel. C’est très impersonnel», a ajouté le président et chef de la direction chez Adria, Jean-François Couillard. 

Si le projet de garderie ne pouvait sécuriser des places subventionnées, un plan B est prêt. «On espère vraiment avoir des places subventionnées parce que c’est ce que les parents recherchent», a évoqué Cinzia Schiappa. 

Avancer rapidement 

Pour M. Couillard, les délais s’éternisent. «On est surpris de constater tous les délais, surtout dans une situation où il y a un manque de place. C’est vraiment difficile, surtout avec le temps et l’énergie qu’on met dans ce projet», a-t-il évoqué. 

«C’est assez spécial comme situation parce que tout le monde sait qu’il manque de places en garderie. On parle beaucoup de relancer l’économie et nos employés sont primordiaux pour ça. Mais dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, on a de la difficulté à faire avancer un projet qui nous donnerait de la latitude. Actuellement, on se fait ʺbencherʺ. On est obligés d’attendre», a-t-il ajouté. 

Le projet progresse malgré tout 

Malgré le fait que le projet stagne sur certaines facettes, il avance sur d’autres. «Le conseil d’administration continue de travailler malgré tout. Toutes nos politiques sont en cours de réalisation ou déjà complétées. On a même une échelle salariale déjà montée. On est prêts pour la prochaine étape», a fait valoir Mme Schiappa. 

Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, le projet de garderie aurait même son personnel. «Les astres étaient vraiment bien alignés parce qu’on a réussi à avoir tous les employés pour la garderie. Les gens sont emballés par l’idée et notre vision. On a l’emplacement, le financement et le personnel. On n’a juste pas les permis», a lancé le président et chef de la direction de l’entreprise rouynorandienne. 

La seule facette qui ne peut pas vraiment avancer est la rénovation et l’adaptation de la maison pour le projet de garderie. «Une partie des travaux nécessaires ont été effectués, mais on est en attente de rencontrer une personne ressource du Ministère pour réaliser le plan d’aménagement afin de s’assurer qu’il conviendra aux normes en place», a expliqué Jean-François Couillard. 

«C’est important de rencontrer une personne ressource pour le plan d’aménagement afin qu’on puisse avancer et le soumettre. Il faut savoir que les gens du Ministère ont ensuite 60 jours pour nous dire oui ou non. On n’a pas envie de soumettre quelque chose qui ne serait pas conforme pour recommencer et tomber dans un cycle perpétuel», a fait valoir Mme Schiappa. 

Silence au Ministère 

Le Citoyen a interpellé le ministère de la Famille afin de connaître l’état du dossier du projet d’Adria et pour savoir si une personne ressource avait été affectée à celui-ci et, dans la négative, pourquoi ce n’était pas le cas. Deux semaines plus tard, nos demandes n’avaient toujours reçu aucune réponse. 

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