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15 septembre 2021

Jessica Gélinas - jgelinas@lexismedia.ca

Richard Dallaire, un homme de cœur

Le Rouynorandien marquera les esprits à tout jamais

Richard Dallaire

©Photo Le Citoyen – Jessica Gélinas

«J’ai très rarement dit non aux gens, parce que j’avais besoin de sentir que je pouvais aider. Ce sont mes parents qui m’ont légué ça. Ils ont semé une petite graine en moi qui a grandi. Je l’ai prise et je l’ai planté ailleurs pour aider les gens autour de moi», a confié Richard Dallaire.

Surnommé par certains «le père du soccer», Richard Dallaire est reconnu pour son incroyable implication bénévole auprès des jeunes dans le monde du loisir et du sport en Abitibi-Témiscamingue. Malgré la maladie qui l’afflige, ce dernier continue à partager sa bonté et sa lumière. 

Le 4 septembre dernier, M. Dallaire a reçu le prix du bénévolat en loisir et en sport Dollard-Morin. Plusieurs personnes ont assisté à cet évènement afin de célébrer et d’honorer l’humble bienfaiteur. 

«C’était très difficile pour moi, car les gens me disent que c’est à mon tour de me faire honorer, mais, dans ma tête, ce que j’ai reçu de chacune des personnes qui ont traversé ma ligne de vie, c’est ça mon prix. C’est ça qui est important pour moi, parce que ça m’a fait devenir une meilleure personne et, sans l’apport des gens qui m’ont entouré, je ne serais pas devenu ce que je suis devenu aujourd’hui, a confié Richard Dallaire. Pour moi, ce sont vraiment les relations humaines qui sont importantes», a-t-il ajouté. 

Fidèle à lui-même et armé de sa générosité, le sexagénaire a remis de petites attentions hautement symboliques à chaque personne qui était présente en prenant soin de passer un moment à discuter avec elles. 

Lors de cette remise de prix, l’entraineur de soccer et auteur, Jose Carlos Rodrigues, a annoncé qu’il travaillait à l’écriture de la biographie de Richard Dallaire afin de faire perdurer sa mémoire. 

Vivre avec la sclérose latérale amyotrophique (SLA) 

En 2019, Richard Dallaire sentait que quelque chose n’allait pas avec son corps ; ses pieds commençaient à engourdir et à enfler. Travaillant à la ressourcerie Bernard-Hamel, le sexagénaire éprouvait de plus en plus de difficultés à déplacer et transporter des meubles. «Je ne savais pas ce que j’avais. Un moment donné, je me suis aperçu que je ne marchais plus très bien, alors j’ai décidé d’aller consulter au mois de septembre 2019. C’est à ce moment que j’ai su que j’avais la sclérose latérale amyotrophique (SLA), on me donnait entre 6 mois et 3 ans à vivre», a raconté M. Dallaire. 

Aussi connue sous le nom de la maladie de Lou Gehrig, la SLA est une maladie neuromusculaire qui s’attaque aux neurones et à la moelle épinière en entrainant progressivement la paralysie du corps.  

Pour M. Dallaire, il était important d’être bien entouré et que les gens soient au courant de son état de santé. 

«Oui, c’est plate d’avoir cette maladie, mais je pense qu’il y en a des pires que moi, comme les personnes atteintes du cancer ou d’autres types de maladies qui les font souffrir. Moi, je ne souffre pas. Je perds ma capacité musculaire et mon gras. J’ai de moins en moins de force dans mes bras et dans mes jambes, mais ce n’est pas grave», a mentionné le sexagénaire.  

Richard Dallaire

©Photo Le Citoyen – Jessica Gélinas

«Depuis deux ans, j’ai appris à être résilient, à accepter ma maladie et faire en sorte qu’elle ne vienne pas m’étouffer et me pourrir la vie. J’essaie d’être positif», a mentionné M. Dallaire.

Une maladie incurable  

Malheureusement, à ce jour, il n’existe aucun traitement pour guérir les personnes atteintes de la SLA. «J’ai une maladie qui ne me permettra pas de vivre encore bien des mois. J’ai de plus en plus de difficulté à rester debout et mes mains commencent à cramper. Quand mes bras et mes jambes vont me lâcher, je vais demander l’aide à mourir, car je veux m’en aller tranquillement et sans souffrir, a-t-il confié. 

«Je serai accompagné des membres de ma famille et certains de mes amis parce que je trouve ça important d’être entouré des gens que j’aime. Je ne veux pas que les gens aient trop de peine, je veux les préparer à ça», a-t-il ajouté. 

Serein face à son destin et tant et aussi longtemps que ce sera possible, «le père du soccer» est bien décidé à profiter de ce que la vie lui offre. «Avoir des projets est ce qui me tient en vie. Mon prochain projet est de me rendre jusqu’à la fin octobre pour aller voir le film «Dune» de Denis Villeneuve. J’espère être capable de le réaliser», a raconté M. Dallaire. 

Exister à travers la musique  

En collaboration avec le chansonnier rouynorandien Gylles Légaré, Richard Dallaire a créé un album musical intitulé «Espoirs». Ce dernier contient 9 morceaux musicaux dont les textes ont été écrits par M. Dallaire. «J’ai appelé Gylles Légaré et je lui ai dit que j’aimerais mettre une de mes chansons en musique et, de fil en aiguille, on en a fait d’autres», a-t-il fait valoir. 

Il a prêté sa voix pour la chanson «J’ai pris le temps d’aimer». De plus, sur cet album, accompagné de la musique de M. Légaré, il a lu des textes, dédiés, à chacun de ses petits neveux et nièces. 

«Depuis deux ans, j’ai écrit 40 textes. C’est Gylles Légaré qui m’a donné le goût d’en écrire d’autres. J’avais besoin d’extérioriser des choses. C’est pour ça qu’il y a des chansons qui parlent un peu de la mort, mais ce n’est pas négatif», a expliqué M. Dallaire. 

«J’ai découvert une chanson de Charles Aznavour avec un très beau texte, mais il n’était pas adapté à moi, alors j’ai changé des choses pour le rendre plus personnel. La chanson dit que si tu prends rendez-vous avec moi quand je serai parti, tu peux être assuré que je serai là. C’est un peu ça mon message, si tu as besoin que je sois là, je serai là», a-t-il ajouté. 

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