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17 septembre 2021

Jessica Gélinas - jgelinas@lexismedia.ca

«Corps en mutation», la nouvelle exposition de Luc Boyer

La vulnérabilité et la précarité du corps humain

Luc Boyer exposition

©Photo Le Citoyen – Jessica Gélinas

«Pour moi, le côté imaginaire est important. Si je peux donner assez d’éléments à travers mes dessins et mes sculptures pour que les gens s’imaginent un monde et se racontent des histoires, alors là, je trouve que ma job est faite», a confié M. Boyer.

L’exposition «Corps en mutation» fait voyager les spectateurs dans les profondeurs d’un corps en mutation dans lequel se déploie des formes organiques imprévisibles. Les œuvres sculpturales et dessins de Luc Boyer sont exposés à la galerie Rock Lamothe – Art Contemporain jusqu’au 25 septembre prochain. 

Le corps humain est un thème récurrent dans les œuvres de l’artiste rouynorandien. Pour cette exposition, M. Boyer a exploré les formes des organes mous. Pour ce faire, il a choisi le papier comme matière pour ses sculptures.  

«Je n’ai utilisé aucun outil, j’ai déchiré le papier avec mes mains, car je ne voulais pas des coupures nettes. L’une des sculptures compte entre 26 000 et 27 000 morceaux de papier. Pour créer la pâte de papier, j’ai utilisé de la fibre de cellulose que j’ai mélangée avec de l’eau et de la colle. J’ai travaillé par addition pour modeler les formes», a fait valoir M. Boyer.  

Des sacs en papier brun Kraft de l’épicerie IGA ont été utilisés pour la création des sculptures. «Il y a quelques sculptures qui ont un peu de rouge et de noir, et bien, c’est le logo de IGA. C’est de la récupération à 98%», a raconté le sculpteur. 

D’autres matières ont été utilisées. Pour en savoir d’avantage, les gens peuvent prendre rendez-vous avec M. Boyer, qui se fera un plaisir de les accompagner lors de leur passage à la galerie. 

Pour bonifier l’expérience, l’artiste invite les spectateurs à regarder avec leurs mains. «Les gens peuvent toucher la plupart des sculptures, sauf celles accrochées aux murs. Pour moi, le côté tactile c’est aussi une des propriétés de la sculpture», a-t-il expliqué. 

Luc Boyer exposition

©Photo Le Citoyen – Jessica Gélinas

Pour les gens qui n’auront pas la chance de voir l’exposition d’ici le 25 septembre, il sera possible de voir certaines œuvres dans les petites salles d’exposition de la galerie.

Le processus créatif 

L’instinct et l’imagination sont au cœur du processus créatif de Luc Boyer. «Quand je fais une sculpture, je joue avec la matière, l’ombrage, la lumière, la forme et le mouvement. Quand je m’amuse avec le dessin, on dirait que j’essaie d’aller dans le vaporeux, dans l’immatériel, dans l’espace. J’ai toujours aimé tout ce qui est lié à la science-fiction, la bande dessinée et le cinéma. L’imaginaire a toujours été important pour moi, a confié l’artiste visuel. Avec mes dessins on est à mi-chemin entre l’infiniment grand et l’infiniment petit : est-ce des vues microscopiques de virus et de neurones ou c’est des vues de l’espace? Je me promène entre les deux. Je laisse les spectateurs décidés de ce qu’ils veulent voir», a-t-il ajouté. 

M. Boyer construit toujours ses formes libres dans l’espace, puis un moment donné elles trouvent leur sens. Il joue et découvre la forme. L’artiste ne connait jamais le résultat à l’avance. «S’il y a quelque chose que je déteste, c’est de produire avec un délai, je veux être le plus libre possible dans ma création, alors je m’amuse. Je crée instinctivement et un moment donné, il y a un thème qui apparait», a-t-il fait valoir. 

Le corps humain, un moteur créatif 

L’artiste visuel a créé environ 350 œuvres sculpturales dont 90% de celles-ci ont un rapport au corps humain. C’est en numérisant les diapositives de ses œuvres qu’il a constaté que le corps humain était un leitmotiv. Parfois de manière figurative, parfois abstraite, il apparaissait de toute sorte de manières. 

En 1999, Luc Boyer a participé à l’exposition «Le corps dans tous ses états» à la Galerie du Nouvel Ontario, Sudbury.«Je me suis dit que j’allais travailler à partir de mon corps en mauvais état, avec l’idée de la polio, du virus, de la colonne vertébrale, des muscles et du système nerveux. J’étais vraiment conscient que je travaillais à partir du corps, mais pas dans une représentation traditionnelle, a confié Luc Boyer.  À partir de quelque chose de très personnel, un moment donné, je me suis rendu compte que l’homme en général est bien plus fragile qu’on le pense. Ma précarité, la précarité du corps humain et la précarité de la nature», a-t-il conclu. 

M. Boyer a attrapé la poliomyélitique à l’âge d’un an. Aujourd’hui il souffre du syndrome post-poliomyélitique. «Depuis plusieurs années, je sens que j’ai beaucoup moins d’énergie. Ça ne fait pas souffrir comme tel, mais je sens que j’ai beaucoup moins de résistance et je ne suis plus capable de marcher.  Il n’a jamais été question de m’apitoyer sur mon sort. Toute ma vie, j’ai toujours eu à m’adapter à mon handicap et dans ma sculpture aussi, mais, ce ne sont que des limites physiques, je fais travailler mon imagination», a-t-il expliqué. 

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