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22 octobre 2021

Lucie Charest - lcharest@lexismedia.ca

Blanche Leblanc : 100 ans et toujours 100 % de son vouloir

Un siècle de détermination, d’audace et de constats

Blanche Leblanc

©Lucie Charest

Du haut de ses 100 ans, Blanche Leblanc a toujours l’œil vif. Elle porte un regard juste et réfléchi sur l’ensemble de sa vie.

Blanche Leblanc est de ces femmes qui ont contribué à construire et améliorer leur communauté. À l’âge vénérable de 100 ans, elle a encore des étoiles dans les yeux quand elle parle de sa vie, de l’évolution de la société.

Intellectuellement et émotivement, Blanche Leblanc se sent comme si elle avait toujours 50 ans. Physiquement, elle ressent le poids des années. Sa capacité physique aurait diminué de beaucoup pendant la pandémie.

«J’ai encore 100 % de mon vouloir, mais moins de 50 % de ma vigueur physique, lance-t-elle d’emblée dès le début de l’entretien. Le fait d’être isolées pendant le confinement, ça a été difficile pour les personnes en hébergement. Quand je regarde ce qui se passe ces temps-ci, j’aurais encore le goût de m’en mêler, de m’impliquer. Mais aujourd’hui, on ne croit plus que les personnes âgées aient des choses importantes à dire.»

Triste constat, car cette dame a pratiquement toujours fait entendre sa voix dans différentes instances, de commissaire d’école dans les années 1970 jusqu’au CA de la Table de concertation des personnes âgées du Témiscamingue de 1982 à 2010 où elle a été présidente pendant 12 ans.

Premier souvenir

Ceux qui connaissent Blanche Leblanc, connaissent et apprécient son franc-parler, son élocution. Élocution qui ne date pas d’hier puisque rattachée à son tout premier souvenir.

«J’avais quatre ans, se remémore-t-elle. C’était la Crise au Québec, notre famille avait quitté la ferme de Saint-Édouard-de-Maskinongé pour s’expatrier aux États-Unis pour de meilleures conditions de vie. Quand nous avons traversé la frontière, je jasais avec les douaniers, j’étais curieuse, je posais plein de questions. Papa a longtemps dit que c’était sans doute ce qui nous avait permis de traverser sans trop de problèmes.»

Travailler dur comme un homme

Une dizaine d’années plus tard, sa famille est rentrée au Québec pour y réintégrer la ferme familiale, car la Crise a, par la suite, frappé aux États-Unis. «Nous avons tellement travaillé, se rappelle-t-elle. Mon frère était parti à Montréal, c’était nous, les filles qui nous occupions de la ferme quand mon père travaillait à l’extérieur.»

Son travail à la ferme ne s’est pas arrêté lorsqu’elle a quitté le nid familial pour se marier à 17 ans et demi. Son conjoint et elle-même ont fait partie de la première vague de colonisation à Laforce, au Témiscamingue, dans les années 1940. Encore une fois, elle a eu la responsabilité de la ferme, son mari travaillant lui aussi à l’extérieur. En plus d’avoir donné naissance à sept enfants, elle s’occupait des vaches, des cochons, du potager.

Comme plusieurs femmes de cette époque qui travaillaient aussi dur que les hommes, elle a fait plusieurs fausses-couches. «Tu sais, dans ce temps-là, quand notre mari était parti travailler, nous n’avions pas le choix, tranche-t-elle. Malade, pas malade, fausse-couche ou pas, il fallait traire les vaches le matin. Leur lait n’attendait pas, fallait que l’ouvrage se fasse.»

«J’ai encore 100 % de mon vouloir, mais j’ai moins de 50 % de ma vigueur physique» - Blanche Leblanc

Le grand éclatement

Quand son expérience de vie s’échelonne sur un siècle, normal d’être témoin de tous les grands changements de société. Par exemple, lorsque sa famille a quitté Laforce pour s’établir à Latulipe en 1972, ce déménagement s’inscrivait dans un changement social des plus significatifs pour la condition des femmes au Québec.

«Ça a été comme une grande explosion, un éclatement de la société, relate Mme Leblanc. Ça a été un des moments les plus déterminants de ma vie. J’ai commencé à travailler à la cafétéria de l’école secondaire à Latulipe. Je gagnais mon propre argent. J’ai pu m’acheter une auto sans que mon mari doive signer pour moi à la Caisse. Je suis devenue présidente du Club de l’Âge d’Or, commissaire scolaire.»

À l’heure des bilans, Mme Leblanc, se demande toutefois si le grand éclatement dont elle a été témoin n’a pas éclaté trop fort. «Ces changements étaient nécessaires, a-t-elle constaté. Les gens aujourd’hui, pensent davantage à eux, à leurs propres besoins et c’est très bien ainsi. Mais on se demande si une partie du sens du devoir n’a pas été perdue au change.»

Tout au long de sa vie Blanche Leblanc n’a cessé de s’impliquer pour l’amélioration de la situation familiale, pour l’amélioration des conditions de vie des membres de sa communauté. Encore aujourd’hui, avec son 100 % de vouloir et malgré qu’elle ressente une diminution de sa capacité physique, n’allez pas croire qu’elle soit du type à se laisser aller et devenir un simple témoin de sa propre vie.

Lorsque nous l’avons jointe pour fixer le moment de l’entrevue, elle a répondu : «Mardi c’est correct, mais pas avant 14 h, à 13 h, j’ai une intervenante qui vient m’aider à faire des étirements et des exercices pour maintenir mes capacités physiques.»

Blanche Leblanc

©Lucie Charest

Du haut de ses 100 ans, Blanche Leblanc a toujours l’œil vif. Elle porte un regard juste et réfléchi sur l’ensemble de sa vie.

Commentaires

22 octobre 2021

Poitras Céline

Bravo et félicitations chère dame! vous êtes une force de la nature et surtout vous avez surmonté maintes difficultés! Vous êtes un modèle à suivre. Vous êtes non seulement belle mais lumineuse! ! Je vous souhaite la santé et de la joie plein votre cœur ♥️ Céline Poitras.

23 octobre 2021

Carole Gosselin

WOW!!! Je ne vous connais pas mais ça m'impressionne toujours des gens comme vous. Je vous souhaite encore plein de p'tits bonheurs au quotidien pendant longtemps, longtemps!

24 octobre 2021

Julien Céline

Mme Leblanc restera graver dans mon coeur ,,,Elle est une femme extraordinaire

9 novembre 2021

Céline Renault

Bonne fête en retard Mme Leblanc, 100 ans WoW, je dirais que sur la photo vous ne les faites. ????

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